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Tome troisieme.
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gará de componction qu’il portoit vers le ciel. Tou-chés de cet exemple, les assistants commençoient à sejetter la face contre terre, & à se meurtrir le visage,poussant des cris lamentables, détestant leurs péchés,& implorant la miséricorde de Tescalipuca, avec cetteénergie que donne la crainte mélée d’un peu d’espé-rance. On faisoit ensuite une procession, qui avoir quel-que rapport avec celles des pénitents d’Espagne & d’I-talie. Plusieurs prêtres , le visage peint en noir & lescheveux tressés avec un cordon blanc, portoient au-tour du temple une espece de litiere dans laquelle étoitenfermée la statue de Tescalipuca. Devant la litiere ,deux prêtres marchoient l’encensoir à la main, avec le-quel ils encensoient souvent la sainte voiture. Les péni-tents imitoient le mouvement de l’encensoir; &, lors-qu’il s’élevoit en l’air , ils élevoient aussi leurs bras versle ciel. Lorsquel’encensoir retomboit, ils laissoienttom-ber leurs bras. Cet exercice, quoique fatiguant, étoitcependant moins rude que celui de quelques autres pé-nitents qui se flagelloient cruellement avec des cordesgarnies d’épines. Les moins fervents & les plus raison-nables se contentoient de répandre des fleurs sur le che-min , en l’honneur du dieu. La procession étant finie,le dieu , ou plutôt son ministre, recueillent les gages sen-sibles de la piété des dévots , c’est-à-dire les offrandes.Cette fête étoit terminée, comme toutes les autres fêtespayennes, par un grand festin où les convives étoientd’autant plus joyeux, qu’ils s’imaginoient avoir reçu lepardon de tous leurs péchés. Le dieu Tescalipuca étoitde la partie ; mais , pour conserver toujours le déco-rum , il avoir son couvert à part. De jeunes Vestales,conduites par un vieux prêtre, apportoient les viandessacrées fur la table du dieu. Pour son dessert, on le ré-galoit du sang d’un homme que l’on égorgeoit devantlui, & qui fans doute étoit regardé comme une victimed’expiation pour les péchés de tout le peuple.

TOIA. C’est sous ce nom que les habitants de !aFloride adorent le diable, c’est-à-dire fauteur du mal.On assure que cet être, quel qu’il soit, tourmente beau-coup ses adorateurs, &. que, pour satisfaire son incii-