Band 
Tome troisieme.
Seite
737
JPEG-Download
 

^[VAL]4V 737

sauver les hommes spirituels ; mais il niait qu’il eût réel-lement souffert : je dis les hommes spirituels , car il endistinguoit de deux tortes, les spirituels & les charnels ;fans doute qu’il entendait, par cette dissnétion, ad-mettre différents genres de prédestinés. II disoit descharnels que , quelque choie qu’ils fissent, ils ne pour-raient jamais se lauver ; & des spirituels, qu’en vainlutteroient-ils , pour ainsi dire, contre leur propre sa-lut, en s'abandonnant, même à dessein, aux actionsles plus honteuses, jamais ils ne pourraient se perdre ;qù’il en étoit d’e-x comme de l’or, que la boue nefçauroit gâter. Sa morale n’étoit gueres moins impie& moins ridicule que fa croyance : u Rendez , disoit—il» à les sectateurs, à la chair ce qui appartient à la chair,d ôí à f esprit ce qui appartient à l’esprit. » Aussi fu-rent-ils très dissolus dans leurs moeurs. Ils regardoienrcomme des extravagants les Chrétiens qui couroient aumartyre. I s soutenaient qu’ils ne vouvoient être agréa-bles à Dieu , qui étoit fans doute bien éloigné d vou-loir le sang des hommes , lui qui refuse le sang desboucs & des taureaux. I.a secte des Valentiniens sedivisa, dans la fuite , en plusieurs autres sectes , toutesaussi ridicules.

VALÉS1ENS : hérétiques ainsi nommés, parce qu’ilsavaient pour chef un certain Valésius. On leur donnaaussi le nom à!Eunuques , parce qu’en effet ils se muti-laient , & enseignaient que , sans cette opération , iiétoit impossible de faire son salut. Voici quelle fut í’o-rigine de cette secte extravagante. Le célébré Origenetenoit une école , & avoir, parmi ses disciples , de jeu-nes filles. Des gens mal intentionnés en prirent occasiond’attaquer ses moeurs & de noircir fa réputation. Origenefut si sensiblement piqué de cet affront tait à son honneur,que , pour fermer la bouche aux calomniateurs , il semit dans un état à ne jamais exciter de pareils soup-çons. Plusieurs blâmèrent cette action , comme lesterd’un zele indiscret : d’autres la regardèrent comme l’hé-roïsine de la vertu. Le patriarche de Jérusalem , admi-rateur du mérite d’Origene , ne jugea pas que 1 état oùìl s’étoit réduit fût une raison suffisante pour l’exclureC. R, Tome III ^ Aaa