Band 
Tome troisieme.
Seite
808
JPEG-Download
 

8o8 *^[Z O R]^

dirent quel’enfant qui devoit naître seroit un jour lalumière du monde ; qu’il seroit exposé à des persécu-tions violentes ; mais qu’avec le secours de Dieu , iltriompheroit de tous ses ennems. L’empereur de laChine fut informé de toutes ces particularités; 8c , lorssque l’enfant vint au monde, il dépêcha des gens pourle tuer, craignant qu’il ne lui ravît un jour la cou-ronne ; mais Zoroaltre échappa heureusement aux re-cherches des assassins. Lorsqu’il fut devenu grand , l’em-pereur essaya encore de le faire périr par le poison ;mais Dieu, qui veilloit furies jours de celui qu’il desti-noit à de fi grands desseins, sçut le dérober à la cruautédu monarque Chinois. Zoroastre , voyant les dangersauxquels il éto t exposé à la Chine, se réfugia dans laPerse avec ses parents. Plusieurs miracles signalèrentfa fuite. Lorsque quelque riviere s’opposoit à son pas-sage , il la faisoit se glacer sur le champ , & la passoitainsi à pied sec. Retiré dans la Perse, il y employa toutson temps à la contemplation & à la priere. Lorsqu’ilprioit, ií avoir coutume de se tenir debout sur un pied.C’étoit dans cette posture qu’il gémissait, en présencede l'Etre suprême, sur les vices & les désordres deshommes , 6c le conjurait de lui apprendre par quel art)1 pourroit ramener la vertu fur la terre.

Un jour que ce prophète étroit dans un vallon soli-taire, absorbé dans ses méditations profondes , un anges’offrit tout-à coup à ses yeux ; s’inclina devant lui,en lui donnant le ti re d’ami de Dieu, 6c s’informa dusujet de fa méditation. «Je rêve, répondit Zoroastre,aux moyens de réformer les hommes; 6c je pense qu’iln’y a que Dieu lui-même qui puisse me les enseigner itnais qui pourra me conduire vers le trône de ce sou-verain Etre ? »*—»« Moi-même, repartit lange : voilàde quoi purifier votre corps mortel; servez-vous-en ^fermez les yeux, & sutvez-moi. « Zoroastre obéit àl’ange ; Sc , dans un instant, il se trouva dans les cieux,en présence de l’Eternel, qu’il vit au milieu d’un tour-billon de flammes. Ce Dieu ne dédaigna pas de luiparler; 6c, dans cet eurasien, il lui découvrit les p'usimportants secrets, & lui donna le fameux livre connu