86 Histoire
les gens d’esprit sont épris de l’amour de lagloire, ainsi que les âmes baises le font de l'in-térêt , leur imagination s’allume à la vue deslouanges, & ils font alors capables des plusgrandes choses.
Les Allemands ayant presque fous les yeuxcette forte de monument qu on avoir élevé àVanceulen , cultivèrent avec ardeur la Géomé-trie. D’abord Jean Werner donna la solution duproblème proposé par Archìmede , & sur lequelplusieurs Géomètres s’étoient exercés. II s’agis-soit de diviser une sphere par un plan en raisondonnée. II voulut ensuite rétablir l’ou vrage d 'A-pollonius , intitulé : Deseclione rationis. 11 com-posa à cet effet un livre savant , qu’il publiasous ce titre : Tractatus Analytìcus , Euclidisdatorum pedisequus ; parceque l’ouvrage d’A~pollonius vient immédiatement après Tes don-nées d ’Euclide) 8 c après avoir écrit fur la Tri-gonométrie, il mouruten 1518 , âgé de 60 ans.
Rheticus , successeur de Werner , s’attacha àperfectionner aussi cette partie des Mathéma-tiques. A cette fin il découvrit futilité des sé-cantes pour le calcul des triangles & fit des ta-bles de (inus ( * ) , plus exactes que celles qu’onavoir. II exprima le sinus total par le nombre 1suivi de quinze zeros , & calcula fur ce fonde-ment les sinus , tangentes 8 c sécantes pour tous
( * ) On appelle sinus la ligne droite tirée des extré-mités d’un are perpendiculaire furie diamètre. On fe sertde ces lignes en Trigonométrie, pour connoître dans untriangle le rapport des angles à ses côtés, & celui deses côtés aux angles ; parceque dans tout triangle recti-lignc, les côtés font entr’eux comme les sinus des anglesopposés.