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Histoire des progrès de l'esprit humain dans les sciences exactes / par Monsieur Savérien
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$Ó4 Histoire de t’A coustiquec’est une confusion de tons différents, qui doit ìnécessairement fatiguer. >

3°. Les cadences doublées & redoublées , ;

dont les Italiens font de fréquents usages , &tous ces ornements étrangers qu’ils hasardentavec tant de hardieíïe, sont des choses forcées& trcs dissìcilcs à soutenir. II saut en être so- 'bre, pour ne pas fatiguer. » Lapremiere fois»> qu’on les entend , elles enchantent ; la se- j» conde,elles font soussrir j la troisième , elles j» choquent; la quatrième elles révoltent fr).

4°. Les Italiehs savent, dit-on, unir la ten-dresse á la vivacité , ce qu’aucune autre Nationne peut faire. Cela est merveilleux , car la vi-vacité & la tendresse sont deux sentiments pres-que opposés. On doit dire qu’ils passent aisé-ment du tendre au vif, parcequ’ils repèrent lesparoles tant de fois , qu’avec quatre petits versils font une longue chanson. Sur la derniere jsyllabe du dernier mot ,ils mettent un roule- -ment de cinq ou six mesures. Tout le monde jn’aime pas cela. Auíli les Musiciens François ;ne se piquent pas d’exprimer les mêmes pas-sions dans le même air. Ils font des airs ren-dres & des airs vifs séparément, & croient quec’est assez de répéter trois fois ce qu’on veut lemieux exprimer.

11 y auroit bien des choses à dire en faveurde la Musique Françoise ; mais ce ne seroitnoint au préjudice des belles symphonies & desveaux airs que nous devons aux Italiens. IIsaur aussi qu’on convienne qu’on ne connoîtles chœurs qu’en France , & qu’ils font hora

{a) Histoire de la Musique , Tome II. pag 43,