sur le Poe me épique. 2.3semble , dans le caractère de son héros , lecourage d’Achille , la prudence d’Ulysse etle naturel tendre d’Enée . Télémaque estcolere comme le premier, sans être brutal ;politique comme le second , sans être fourbe ;sensible comme le troisième , sans être vo-luptueux.
J’avoue qu’on trouve une grande variétédans les caractères d’Homere . Le couraged’Achille et celui d’Hector , la valeur deDiomede et celle d’Ajax, la prudence déNestor et celle d’Ulysse , l’amour d’Héleneet.celui de Briséis , la fidélité d’Andromaque et celle de Pénélope , ne se ressemblent point.On trouve un jugement ou une finesse admi-rable dans les caractères du Poëte grec ;mais que ne trouve-t-on pas en ce genredans le Télémaque , dans les caractères sivariés et toujours si bien soutenus de Sésostris et de Pigmalion , d’Idoménée et d’Adraste,de Protésilas et de Philoclès , de Calypso etd’Antiope , de Télémaque et de Boccoris !J’ose dire même qu’il se trouve dans ce Poëmesalutaire , non - seulement une vivacité denuances des mêmes vertus et des mêmes pas-sions, mais une telle diversité de caractèresopposés , qu’on rencontre dans cet ouvragel’anatomie entière de l’esprit et du cœur hu-main : c’est que l’auteur connoissoit l’hommeet. les hommes. Il avoit étudié l’un au dedansde lui-même , et les autres au milieu d’uneflorissante Cour ; il partageoit sa vie entrela solitude et la société ; il vivoit dans uneattention continuelle à la vérité qui nousinstruit au dedans , et ne sortoit de là quepour étudier les caractères, afin de guérir