SUH LE PoEME EPIQUE . 31n’éleve pas trop l’esprit au-dessus de son sujetpar des métaphores outrées ; il ne l’embarrassepas non plus par une trop grande foule d’ima-ges ; il a imité tout ce qu’il y a de grand etde beau dans les descriptions des anciens ,les combats , les jeux , les naufrages , lessacrifices , etc. sans s’étendre sur des minutiesqui font languir la narration , sans rabaisserla majesté du Poëme épique par la descrip-tion des choses basses et au-dessous de ladignité de l’ouvrage. Il descend quelquefoisdans le détail ; mais il ne dit rien qui nemérite attention , et qui ne contribue à l’idéequ’il veut donner. Il suit la nature dans toutesses variétés. Il savoit bien que tout discoursdoit avoir ses inégalités , tantôt sublimesans être guindé, tantôt naïf sans être bas.C’est un faux goût de vouloir toujours em-bellir. Ses descriptions sont magnifiquesmais naturelles , simples , et cependant agréa-bles. Il peint non-seulement d’après nature;mais ses tableaux sont toujours aimables. IIunit ensemble la. variété du dessein et labeauté du coloris , la vivacité d’Homere et lanoblesse de Virgile . Ce n’est pas tout : les des-criptions de ce Poëme sont non - seulementdestinées à plaire , mais elles sont toutes ins-tructives. Si l’auteur parle de la vie pasto-rale, c’est pour recommander l’aimable sim-plicité des mœurs ; s’il décrit des jeux etdes combats , ce n’est pas seulement pourcélébrer les funérailles d’un ami ou d’un pere ,c'est pour choisir un Roi qui surpasse tous lesautres par la force de l’esprit et du corps , etqui soit également capable de soutenir lesfatigues de l’un et de l’autre; s’il nous présente
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