»e Télémaque . Liv . IX . 4U.3sés des ennemis» Il rencontra d abord Périandre ,Locrien , couvert de la peau d'un lion qu’il avoittue' dans la Cilicie , pendant qu’il y avoit voyage'»
U e'toit armé , comme Hercule , d’une massueénorme ; sa taille et sa force le rendoient sem-blable aux Géans. Dès qu’il vit Télémaque , ilméprisa sa jeunesse et la beauté de son visage.C’est bien à toi, dit-il , jeune efféminé, à nousdisputer la gloire des combats. Va, enfant, vaparmi les ombres chercher ton père. En disant ces:paroles , il leva sa massue noueuse , pesante , ar-mée de pointes, de fer : elle paroît comme un mâtde navire ; chacun craint le coup de sa chute , ellemenace la tête du fils d’Ulysse ; mais il se détournedu coup , et s’élance sur Périandre avec la rapi-dité d un aigle qui fend les airs. La massue , entombant, brise la roue d’un char auprès de celui; \de Télémaque . Cependant le jeune Grec perce d untrait Périandre à la gorge. Le sang, qui coule àgros bouillon de sa large plaie , étouffa sa voix.Ses chevaux fougueux ne sentant plus, sa main dé-faillante , et lès rênes flottant sur leur cou , l’em-portent ça et là. Il tombe de dessus son char r _les yeux fermés à la lumière , et la pâle mort étantdéjà peinte sur son visage défiguré. Télémaque eut pitié de lui : il donna aussi-tôt son corps à ses.domestiques , et garda , comme une marque de savictoire , la peau du lion avec sa massue.
Ensuite il cherche Adraste dans la mêlée ; maisen le cherchant il précipite dans les enfers unefoule de combattans-: Hylée , qui avoit attelé àson char deux coursiers semblables à ceux du so-leil , et nourris dans les vastes prairies qu’arrosel’Auside ( d ) ■> Démoléon , qui , dans la Sicile ,
(d) L’Auside , aujourd'hui OJfando , est une rivièredu Royaume de Naples , qui nait aux montagnes del'Apennin dans la principauté ultérieure , sépare laCapitanate de la Basdicate , et va se décharger dansle golfe de Venise . Ce fut près de celte rivière quese donna la fameuse bataille de Cannes .