DE TÉIÉMA.QUE. Liv. IX. 449cune joie , ni de l’avoir prévue, ni d’être déli-vré de ce tyran ; il gémit seulement par la crain-te de voir les Dauniens dans la servitude.
Voilà l’homme que Télémaque proposa pourle Faire régner : il y avoit déjà quelque temps qu’ilconnoissoit son courage et sa vertu ; car Téléma que , selon les conseils de Mentor , ne cessoitde s'informer par-tout des qualités bonnes et mau-vaises de toutes les personnes qui étoient dansquelqu’emploi considérable , non-seulement dansles nations alliées qui servoient en cette guerre,mais encore chez les ennemis. Son principal soinétoit de découvrir et d’examiner par-tout tes hom-mes qui avoient quelque talent ou une vertu par-ticulière.
Les Princes alliés eurent d’abord quelque ré-pugnance ^ mettre Polydamas dans la royauté.Nous avonà éprouvé, disoient-ils , combien unRoi des Dauniens, quand il aime la guerre, etqu’il sait la faire , est redoutable à ses voisins.Polydamas est un grand capitaine , et il peutnous jeter dans de grands périls. Mais Téléma que lui répondit : (ia) Polydamas , il est vrai ,fait la guerre , mais il aime la paix, et voilà lesdeux choses qu'il faut souhaiter. Un homme quiconnoît les malheurs , les dangers et les difficul-tés de la guerre , est bien plus capable de l'é-viter , qu'un autre qui n’en a aucune expérience :il a appris à goûter le bonheur d'une vie tran-quille ; il a condamné les entreprises d’Adras.te ;il en a prévu les suites funestes. Un Prince foi-ble et ignorant est plus à craindre pour vous ,
(11) Polydamas fait la guerre , mais il aime lapaix , etc. C’est le Prince de Conti , é'u Roi de Po logne en 1697 j Louis XIV l’tfoigna de toutes les char-ges , et le laissa languir dans la solitude , comme-il estdit plus haut de Polydamas , parce qu’il avoit refuséd’épouser une fil e naturelle du Roi, et qu’il avoit faitdes railleries de ce Monarque pendant le voyage qu’ilfit en Hongrie , n’étant encore que Prince d.e la Roche-sur-Yon.