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Les aventures de Télémaque, fils d'Ulysse / par F. Salignac de la Mothe Fénélon
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de Télémaque . Liv . X . 461les frappe trop , elle rétrécit leur esprit ; caroh ne juge sainement des affaires , que quand onles compare tontes ensemble et quon les place tou-tes dans un certain ordre , afin quelles aient dela suite et de la proportion. Manquer à suivrecette règle dans un gouvernement, cest ressem-bler à un musicien qui se contenteroit de trou-ver des sons harmonieux , et qui ne se mettroitpoint en peine de les unir et de les accorder ,pour en composer une musique douce et tou-chante. Cest ressembler aussi à un Architectequi croit avoir tout fait, pourvu quil assemhlede grandes colonnes et beaucoup de pierres bientailiées, sans penser à l'ordre et à la proportiondes ornemens de son édifice. Dans le temps quilfait un salon, il 11e prévoit pas quil faudra faireun escalier convenable ; quand il travaille au corpsdu bâtiment, il ne songe ni à la cour , ni auportail : son ouvrage nest quun assemblage con-fus de parties magnifiques , qui ne sont pointfaites les unes pour les autres -, cèt ouvrage , loinde lui faire honneur, est un monument qui éter-' nisera sa honte ; car il fait voir que louvrier na! pas su penser avec assez détendue , pour conce-voir à la fois le dessein général de tout son ou-vrage. Cest un caractère desprit court et subal-terne. (4) Quand on est avec ce ge'nie bornéau détail, on nest propre quà exécuter sous au-trui, Nen doutez- pas , ô mon cher Télémaque lle gouvernement dun Royaume demande une cer-taine harmonie comme la musique, et de justesproportions comme larchitecture.

! ?4) Quand on est avec un génie borné au-

I ,a, l\ on nest propre quà exécuter sous autrui. Cest1 la raison pour laquelle Louis XIV na jamais rien faitPar lui-même ; tour son bonheur est venu davoir eu, e bons Miuistrts ; non quil ne fût peut-être avece meilleures dispositions , mais parce quelles furent| ornées par léducation , qui est une seconde naissance.1 ne fut jamais que subalterne.

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