484 Les Aventurespirs ; allez , vivez , soyez heureux ensemble. Ilne me reste plus au monde que le souvenir de t<vous avoir possédés ici. O beaux jours ! trop heu- p
reux jours, jours dont je n’ai pas connu assez le si
prix ! jours trop rapidement écoulés ! vous ne n
reviendrez jamais ; jamais mes yeux ne reverront h
ce qu ils voient ! a
Mentor prit ce moment pour le départ. U em- p (
brassa Philoclès , qu il arrosa de ses larmes , sans et
pouvoir parler. Télémaque voulut prendre Men- cl
tor par la main , pour se retirer de celles d’I- n;
doménée ; mais Idoménée , prenant le chemin ei
du port, se mit entre Mentor et Télémaque :il les regardoit, il gémissoit, il commençoit des hparoles entre-coupées, et n’en pouvoit achever tr
aucune. vi
Cependant on entend des cris confus sur le le
rivage couvert de Matelots ; on tend des cor- dt
dages ; on lève les voiles ; le vent favorable se sc
lève. Télémaque et Mentor , les larmes aux yeux, es
prennent congé du Roi, qui les tient long-temps , àserrés entre ses bras , et qui les suit des yeux aussi f 0loin qu il le peut. et
Déjà les voiles s'enflent, on lève les ancres, h Tterre semble s enfuir, et le Pilote expérimenté ap- ; mperçoit de loin les montagnes de Leucate ( b ), dont i mla tète se cache dans un tourbillon de frimats gla- !’ dicés , et les monts Acrocéronniens (c) , qui montrent , si]encore un front orgueilleux au ciel, après avoir été j> esi souvent écrasés par la foudre. a
Pendant cette navigation , Télémaque disoit 1 laMentor : Je crois maintenant concevoir les maxi- qumes du gouvernement que vous m'avez explf ; voquées. D abord elles me paroissent comme un c’esonge ; mais peu-à peu edes se démêlent dans sicmon esprit, et s'y présentent clairement, com® 6 Ve
Et
• ay
(6) Leucate est un promontoire de l’Fpire. ^
(c) Les monts Acrocéronniens sont ceux de la CU‘mère , dont on a déjà parlé , aussi dans l'Epire . S 11