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PONTS ET CHAUSSÉES.
solut même de lui donner toute l’ampleur que réclamait l’avenirespéré, et le Canal dut être un Bosphore artificiel entre les deuxAmériques.
Si c’était un rêve, c’était un beau rêve et l’on conçoit qu’on sesoit laissé aller à le prendre pour une réalité. Le crédit public, moinsfacile à s’illusionner, hésita un instant, mais subit lui-même, au boutde peu de temps, l’influence de l’opinion publique surexcitée, et lescapitaux affluèrent. Un certain nombre d’ingénieurs des Ponts clChaussées, confiants dans l’étoile de l’homme qui avait fait Suez ,désireux d’acquérir renom et fortune à sa suite, se lancèrent dansl’entreprise avec une foi plus audacieuse que motivée, et partirentétudier les moyens de faire passer, de la conception à l’exécution,une idée, dont les grandes lignes étaient à peine arrêtées et dont Uréalisation possible était loin d’être établie, au moins dans la limitedes ressources qu’on avait le droit de prévoir.
Une fois dans l’istlime, en présence d’une nature sauvage, dansun pays à peine habité, où tout est à créer, sous un climat énervantet malsain, ayant, pour champ de travail, un terrain jadis convulsépar les éruptions volcaniques, en face de torrents d’une puissanceinconnue, les difficultés apparurent, mais il n’était plus temps dereculer. On croit, d’ailleurs, facilement ce qu’on désire, et les Ingé 'nieurs, qui se sont succédé à Panama , ont tous espéré de l’étude etdu temps, une solution qui sauverait l’œuvre. Ils ont lutté jusqu 1 »fa fin, avec plus de courage que de succès; ils n’ont pas désespéré,ce sera leur excuse.
IX.
Si 1 on jette un coup d œil d’ensemble sur l’histoire des Travauxpublics pendant le siècle qui vient de s’écouler, on est amené »reconnaître que le rôle du Corps des Ponts et Chaussées devient deplus en plus important à mesure que se développent les tendancesdu pays vers le progrès, en matière de commerce, d’industrie,d’agriculture, d’hygiène et de bien-être, en un mot vers tout cequi constitue un état de civilisation avancée.