Xl8o INFLUENCE DES AGENS EXTÉRIEURS.
opinion a pris d’autant plus de force, qu’elle semblaitpropre à expliquer beaucoup de laits populaires , etqu’elle a été soumise pour la première fois à un exa-men rigoureux à l’occasion des pays équinoxiaux , où elleest plus soutenable que dans les nôtres. Mais quand on aétudié en détail les élémens divers qui influent sur la dif-férence des végétaux des plaines et des montagnes , ons’est aperçu que le phénomène est beaucoup plus com-pliqué qu’il ne semble, et que la hauteur absolue d’unlieu agit sur la végétation sous plusieurs rapports in-directs.
Ainsi, par exemple, 1° la température moyenne va endiminuant d’une manière sensible, et en suivant unemarche graduée à mesure qu’on s’élève, de sorte qu’in-dépendamment de toute autre cause, les plantes du hautdes montagnes ont des rapports marqués avec celles despays beaucoup plus septentrionaux qu’elles. Dans nosclimats, cent toises d’élévation absolue équivalent h peuprès à un degré de latitude.
2°. La rareté de l’air des montagnes et la moindreépaisseur de l’atmosphère font que l’action de la lumièresolaire est beaucoup plus intense dans les sommités quedans les plaines, et que , sous ce rapport, l’apparence dela végétation montagnarde est analogue avec celle des paystrès-découverts, et où l’action de la lumière est vive. Delà viennent les belles couleurs, les odeurs vives et les sa-veurs exaltées de plusieurs végétaux montagnards.
3 °. L’humidité atmosphérique va en diminuant à me-sure qu’on s’élève; de sorte que les plantes des nionlu -gnes , soumises à un air plus sec que celles des plaines,prennent un aspect particulier.