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DISCOURS SUR L’HISTOIRE NATURELLE
Route d e Meiringen a
A l’orient da vallon , on monte, Sc on passe la croupeda Balmberg , qui ferme la vallée de Haílí; l’Aar s’y estouvert un passage , où il n’y a de place que pour fes eauxqui y font fort resserrées entre deux rochers calcaires, furlesquels seau a tracé, du haut en bas, les différens pointsoù elle a passé. On descend tout-k-coup dans un petitvallon parfaitement rond, entouré de rochers k pic Sc forthauts, dont les couches font inclinées de 6 k 7 degrés. IIy a quinze ans , qu’a la fuite de grandes pluies Sc de fontede neiges, ì’Aar y ayant entraîné une quantité de bois Scd’arbres f le passage dont on vient de parler , fe trouvaobstrué, innonda tout le vallon k une grande hauteur,& y forma un lac. Ce terrein est de niveau comme celuide Meiringen ; il y a beaucoup de pâturages & d’arbresfruitiers , quelques champs & un hameau. A droite fur lehaut d’un petit vallon, est le glacier d’Urbach , c’est lerevers de celui de Rofenlavi; il descend comme lui du
Haut F o
On travailloit 'a la reconstruction du haut Fourneau deMuli-Thal, dont l’ouverture est ronde , l’intérieur quarré,Sc le bas en forme de creuset , avec des cheminées ouévents aux quatre coins , suivant le système de Mr. Jars :un gros marteau, deux martinets Sc une affinerie, font àcôté de ce fourneau. O11 y fond une mine en roche noire,grenue. Sc attirable k l’aimant, Sc une mine bleuâtre , quia pour gangue un spath calcaire ; cette dernière est de meil-leure qualité que la premiere , mais moins abondante. Ontire la mine de la montagne de Blamplate , fort élevée& au-dessus des ufines. La mine est dans une roche schis-teuse toute revêtue extérieurement de roche calcaire; c’estencore une preuve de ce qu’on a dit st souvent, queles roches calcaires font formées postérieurement auxroches schisteuses , fur lesquelles elles posent, Sc les en-veloppent souvent de toutes parts La grande pente du ter-rein facilite Ion transport , qui se fait sur des espèces detraîneaux; un homme vigoureux peut en conduire au four-neau sept à huit quintaux par jour. Ces mines rendentvingt-huit livres de fer en barres, qui est aigre Sc cassantà froid : les scories n’en font pas bonnes, il faut qu’il yait quelque vice dans la fonte. Cette forge est régie pourle compte de l’état de Berne , Sc la seule , k ce qu’ondit, qui soit dans l’intérieur du pays. La Suisse tire son ferde l’étranger : l’Alsace lui en fournit beaucoup.
Au sortir de Muli - Thaï , on monte par des cheminsextraordinairement escarpés , Sc dans des bois, pour ar-river au sommet du Gentel , où l’on apperçoit, sur ladroite , le glacier de Tris t , sur la montagne de mêmenom. En passant le Gentel , on observe sous ce ruisseauun large banc d’argille bleue, au-dessus duquel fuintoiten différens endroits un guhr ferrugineux, provenant del’intérieur de la montagne, au haut de laquelle est lamine de fer. Le haut du Gentel est un vallon qui est enpâturages d’été ou hautes Alpes, il est bordé de rochescalcaires Sc k pic. La direction de ce petit vallon se trou-vant au midi, Sc abritée contre les vents du nord , il y
l Abbaye d’Engeeberg.
Wetter-Horn. A gauche font les ruines d’un haut fourneauqui a été transporté k Muli-Thal. On passe l’Aar sur unpont de bois couvert ; cette rivière entre également dansce vallon par une gorge fort étroite, qu’elle s’est creuséedans un rocher calcaire ; elle charie des granits & despierres schisteuses, mêlées de quartz Sc de mica. On quittela vallon de Hasti qui conduit par la droite k Goultanen ,pour monter par la gauche au Muli-Thal ; ce vallon estfort étroit, boisé des deux côtés, il a des pâturages &beaucoup d’arbres fruitiers dans son fond. Le Gentel ,torrent, y passe avec grand bruit, profondément encaisséentre des rochers: on le traverse fur un pont de pierre,qui est k une íì grande hauteur au-dessus de l’eau qu’on nepeut la voir sans frémir. Les roches schisteuses , qui serventde fondement aux calcaires , y font très-distinctes , Sc mé-ritent d’être observées : ces dernieres font fort hautes ,couronnées de pics Sc d’aiguilles.
U R N E A U.
faisoit excessivement chaud : on ne peut s’empêcher d’êtresurpris de trouver k de pareilles hauteurs Sc entre les neiges,les plus beaux & les plus grands arbres, d’efpèces qu’onn’a pas vu depuis long-tems, & qu’on ne pense pas trou-ver dans un pareil climat ; car, depuis que nous avonsquitté les lacs , les bois & les forêts n’étoient que dessapins ; ici ce font des chênes, des hêtres Sc des érablesde la plus belle venue. De droite & de gauche il tdm-boit de’petites cascades, provenantes de la fonte des nei-ges , qui font fur les rochers. Une espèce de fontaine fortsingulière Sc peu commune dans son espèce , attire l’at-tention k droite ; ce sont neuf jets ou écoulemens d’eauassez gros, qui s’élancent k-peu-près a même hauteur d’un.rocher calcaire k pic Sc fort sec ; on la nomme Jungi -Brunen. Les roches calcaires , composées de couches, per-mettent aux eaux de s’infiltrer dans leur intérieur ; ellesen absorbent beaucoup , qui s’y amassent ; la pente d’unede ces couches conduit les eaux k l’extérieur où des ou-vertures proportionnées au poids ou k la quantité d’eauqui est au-dessus, les font jaillir en avant du rocher,comme s’il y avoit des goulots. On remarque souvent aupied de monts calcaires qui ont un niveau, & qui fontcouverts de neige, de grandes sources d’eau, ou des ruis-seaux tout formés qui sortent de terre ; ces roches se fen-dent , se détruisent, se remplissent de cavités Sc de trousqui font autant de passages pour les eaux, qui, gagnantde couche en couche , vont jusqu’au centre de la mon-tagne ( comme nous l’avons remarqué k la Gemmi ) , Scremplissent des réservoirs ou des cavités intérieures , quifournissent long-tems de l’eau ou continuellement quandil y a des amas de neiges permanentes fur les sommets ;aussi voit-on communément les escarpemens des rocherscalcaires secs, au lieu que les autres espèces de rochers ,qui n’absorbent pas les eaux , font humides par-dessus ,& que les eaux en dégouttent de tous côtés, parce que rienne s’y infiltre. /
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