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às pâturages dans tous les environs , quelques jardins,& point de terres labourées. On monte la montagne fortrapide, au pied de laquelle est situé Schwitz (i ) ; dans lcbas du sentier il y a beaucoup d’escaliers en pierres , afinde faciliter les piétons ; parvenu k une certaine hauteur, onvoít dans le fond , à gauche, le petit lac de INertç, qui estséparé du lac de Lucerne par des montagnes. On passe aupied des deux montages calcaires en pointe, qui dominentSchwitç & tous les environs la plus élevée est remarqua-ble j en ce qu’elle est d’un beau marbre rouge a son som-n ìft, avec une grande partie de marbre gris dans sonmilieu, qui s’y trouve placé comme un noyau. Après avoirmonté une heure & demie on arrive tout-à-fait fur la hau-teur; on y jouit d’une belle vue, toute composée de som-mets de montagnes & de lacs ; des bois & des pâturagescouvrent tous les terreins qui ne font pas des rochers. Lamontagne qu’on vient de monter n’est composée que dedécombres ; quoique toute couverte de pâturages , on apper-çoit cependant de temps à autre des schistes feuilletés, d’autresfois des pierres calcaires qui saillent du terrein ; il ne s’estpas trouvé d’endroit propre â s’assurer s’il y avoit des rochesde schistes continues fous cette montagne. Sur le revers dela même montagne, on en voit d’autres qui sont auffi denouvelle formation, dans la composition defquelles il entrebeaucoup d’argille jaunâtre : elles sont couvertes de bois desapins, ôc dans le lointain il y a quelques neiges. On descendpendant une heure & demie par des chemins qu’on a cherchéa rendre pratiquables, en plaçant des rondins ou des arbresen travers du chemin , pour éviter les argilîes ou terreinsmarécageux , occasionnés par les eaux qui descendent de
Route de Notre-Dame des Hermi
On chemine une bonne demi-lieue sur le plateau d’Ein-sidelen , où il y a des pâturages & quelque peu d’orge ; furla droite dans le fond, des prés marécageux qui paroissentavoir remplacé un terrein anciennement couvert d’eau.Après avoir passé un bois de sapins on descend & on arrivea la rivière de Si/Z qui, dans les fontes des neiges, est untorrent impétueux qui fait de grands ravages. On la passefur un pont couvert, auquel on a donné le nom de pontdu Diable , quoiqu’il n’y ait rien d’extraordinaire dans faconstruction, ni dans le local où il est bâti ; les collines envi-ronnantes qui font fort élevées ne font composées que degalets ou pierres calcaires roulées ; ce terrein en généralest argilleux. De la hauteur, k côté de la Chapelle de Saint-■Mainard , on apperçoit tout-k-coup la plus belle & la plussuperbe vûe qu’on puisse imaginer. On voit fur le premierplan une belle forêt de sapins , des terres & puis toutedétendue du lac de Zurich, qui a plus de sept lieues de lon-gueur : ce lac est bordé de villes & de villages ; puis unimmense pays composé de monts & de collines qui fe dégra-dent & vont fe perdre dans l’horizon. Les différentes cou-leurs propre a chaque objet font distinguer les forêts, lesprairies & les champs, parmi lesquels des églises , desvillages & des habitations, s’élèvent de tous cotés.
Ce n’est qu’après avoir beaucoup descendu qu’on s’apper-Çoit combien le plateau àdEinsiddcn étoit élevé ; ces terreinsue sont auílì que de pierres roulées. Dans le fond il y a unequantité de granites très-beaux , dont la plupart sont rou-ges, & des cailloux ou galets jafpeux, colorés diversement,
( 1 ) U y a un chemin plus commode pour ceux qui vont à cheval, ou qui craigi
Tome I ,
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tous côtés. On ne voit que des ravins, des fondrières & destorrens qui ne châtient absolument que des pierres calcaires,presque toutes grises, avec des veines de spath blanc. Levallon s’élargit en approchant d ’Einfide/en. On avoit seméquelques poignées d’orge dans diffèrens endroits, il n’étoitpas encore mûr le 15 Septembre ; le reste est tout couvertde pâturages & de bois.
Le plateau où est situé Einjìdehn ou Notre-Dame desHermites , est fort élevé , ce climat est froid & rude. Adeux portées de fusil du bourg, il y a une carrière de grèsou pierre sablonneuse par couches, d’un tissu solide & bienlié ; l’Abbaye & l’Eglife en font bâties. Ces bâtimens sonttrès-considerables ; l’Eglife est vaste & grande, les marbres,les stucs, les dorures, les peintures, tout y est prodigué& entassé fans goût; le tout ensemble est somptueux & d’unegrande magnificence : on y a rassemblé tout ce qui peutexciter la dévotion ; il y a six jeux d’orgues, & on y faitbeaucoup de musique; ce pèlerinage est fort fréquenté. Detout ce qui compose le riche trésor de cette Eglise, nousne ferons mention que d’une tête antique , qui représenteAlexandre, gravée sur une calcédoine, & d’une autre têtegravée sur une onyx, où l’on a profité de quelques filets blancsde la pierre pour en composer la coëffure & l’habillement ;il n’y a rien de si beau que l’expreífion de cette tête, & lamanière hardie & franche avec laquelle elle est travaillée.II faut demander k voir ces morceaux, on n’en fait pasassez de cas pour les montrer k ceux qui vont visiter ce trésor ;de préférence on sait voir beaucoup de perles & des dia-mans qui ne font pas beaux.
TES PAR RAPERSCHWEIL A GláRIS. '
mêlés de quelques blocs de pierres sablonneuses ; quelqueslits de la même pierre traversent de temps k autre ces amasde.pierres roulées ; le tout annonce que ce terrein est undépôt des eaux. Pour aller k RaperJ'chweiZ , on quitte legrand chemin qui conduit k un espèce de château ou maisonde campagne appartenante k l’Abbé d ’Einjidelen , pourprendre un sentier k droite, qui traverse un bois de hêtres
6 puis de sapins, qui descend jufqu’au bas de la collinequi est de pierre sablonneuse par lits, déposée par les eaux,& qui, selon toute apparence, continue k une même hau-teur fur tous les bords de ce lac , comme nous savonsremarqué aux environs de plusieurs autres lacs de la Suisse.Avant d’arriver au lac, il y a une petite demi-lieue de plainek passer, dans laquelle il y a beaucoup d’arbres fruitiers &quelques vignes : on y jouit d’une vue charmante ; ce fontdes fabriques & des pêcheries fur le devant; un immensepont qui est en arc de cercle , à l’extrémité duquel uneville surmontée de tours & d’un château, qui fe voie dou-blement par fa réflexion dans les eaux tranquilles du lac.On est plus d’un quart-d’heure k passer ce pont, qui a plusde six cents toises de long: il est construit de longs pilotisou d’arbres enfoncés dans le lac, fur lesquels on a placédes poutres & des planches qui ne font pas attachées, onprétend qu’il en est plus solide & résiste mieux aux vents.Le lac est peu profond dans cet endroit, on a même étéobligé d’y creuser un passage pour les barques. On a établiaux environs du pont des espèces de bourdigues pour pren-dre le poisson, qui est fort abondant dans ce lac. Raperf-
de monter; mais ce chemin est plus long.
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