Band 
Tome premier.
Seite
26
JPEG-Download
 

2.6

TABLEAUX TOPOGRAP H IQUES,

à la droite du Rhône, le bourg de Saillon ou Schellon, où seprésentent les ruines d’un château. Après Saillon on découvre levillage de Fouilliés ou Fulliés, près de la rive droite du Rhône ;on trouve dans la paroisse de Fouilliés le village de Branson,far le Rhône & à la gauche de. ce fleuve, entre Saint-Picrrc& Martigni fur la grande route de Syon, le village de Saisonou Saxon : il y a un pont de bois fur le Rhône que l’on passeà Branson pour aller k Martigni.

Le Rhône coule depuis fa source d’Orient en Occident,jusqu’a Martigni, & depuis ce bourg jusqu’a son embou-chure dans le lac de Genève , il dirige son cours vers lenord.

Martigni, ( * ) en Allemand Marùnaçh , l’ancien Octodurusdes Romains, est partagé en deux parties, la ville & le bourgou le château , toutes deux éloignées d’un quart de lieuel’une de l’autre ; elles font situées dans une plaine fertile,entre Syon & Saint-Maurice. La rivière de Dranse qui vientdu Grand-Saint-Bernard, se jette dans le Rhône k une petitelieue au-dessous de Martigni, entre le château & la ville. Elidescendant le Rhône sur sa gauche, on découvre sur la granderoute de Syon la petite rivière de (**) Trient qui se jette dans cefleuve k une lieue au-dessous de Martigni. Entre le Trient &Eviena, dont je vais parler, on trouve Pisse-vache, hameaufameux par fa cascade (*** ). Ce petit village est a moitié che-min , entre Martigni & Saint-Maurice ou Saint-Mauris.

On voit ensuite sur le Rhône le hameau Eviena ou Yenna.La ville de Saint-Maurice, célèbre par son ancienne Abbaye,qui existoit dé j a dans le cinquième siècle, est fur le Rhône,on y passe ce fleuve impétueux fur un pont de pierre d’unefeule arche, ce pont va d’une montagne a l’autre z le châteauoù réside le Baillis de Saint-Maurice , au nom de la Républi-que du Yallais, ferme l’entrée du pont du côté du Yallais,& une tour, celle du Canton de Berne.

La rive droite du Rhône , depuis Branson jusqu’au pontde Saint-Maurice , s’étend le long de montagnes très - escar-pées , on découvre dans cette espace le lit de la Luzerne, quiest a sec depuis 1714 j cette petite rivière descendoit du montCheville. Le Bas-Vallais finit dccecôtévis-a-vis le village Evie-na , entre le mont Outre-Rhône & la dent Morcla ou Mordes,qui est du Canton de Berne. Le Rhône paroît si haut dans cedistrict, qu’il semble devoir submerger l’Abbaye de Saint-Maurice. Tout le territoire adjacent a la rive droite du Rhône,depuis les confins du Bas-Vallais jusqu’a l’embouchure dufleuve, dans le lac de Genève, est fous la souveraineté duCanton de Berne. Après le pont de Saint-Maurice, on trouveles villages de Lavay ou Lavey, & de Fosse, qui font dumandement de Bex, dans le gouvernement d’Aigle, Cantonde Berne. La petite rivière de l’Avançonou Avanson, aprèsavoir reçu le torrent de Grionne, se jette dans l'e Rhône.On voit ensuite sur une élévation, vis-k-vis le Rhône,le village & la tour de Saint -Tryphon. Le Rhône forme

( 5 ) Lib. II. Cap. CIII.

(6) Lib. III. Cap. V. Rhodanus Lemano lacu acceptus tenet impetum , sequepermedium integer agens quantus venit , egreditur ,

( 7 ) Lib. XV. Cap. XI. Voyez ci-devant ia note 2.

(8) Je ne m’appésantirai pas fur l’étymologie du nom du Rhône, mais jerapporterai seulement le passage suivant, pour faire voir la facilité des con-jectures , il est tiré du Jardin des Racines Grecques, par Messieurs du Port-Royal ,pag. 57 6 Paris 1664 in-n.fig ' 33 Rofne ou Rhosne , pièasm , Rhodanus ,

de > agita. ( Euftat. JL. 6. ) a cause de la rapidité de ses eaux. Cette

» allusion paroît assez naturelle : on fait encore que la côte de Provence a été

ici une longue iíle, puis on trouve le torrent de Grandeau,qui descend du château d’Aigle, on découvre les villagesde Chessel & de Crebeli ou Crebelley , & plus bas seprésente l’embouchure du Rhône dans le lac de Genève ;elle est dans le voisinage de la petite rivière du Bey quitraverse le village de Novìlle ou Neuville , & qui entre demême dans le lac.

Nous allons nommer les principaux endroits de la rivegauche du Rhône depuis Saint-Maurice. On va k Massonger,de-lk k Choix, &: après avoir passé la petite rivière de Viege,qui se jette dans le Rhône a une demi-lieue du bourg de Mon-they, & qui a fa source au-dessus de Champeri dans le Vaì-dilliés, on trouve les villages de Colombey-le-grand, Mura,Illarse, Yiona ou Vionna, & Vouvries ou Vouvry. Entre cedernier village & Colombey-le-grand est le canal de Stoc-kalper 3 dans lequel entrent quatre ruisseaux, le premier venantde Mura, le second dit le Grepas , venant d’auprès de Yiona,le troisième dit May en , & le quatrième dit Furgon ; ce canalse termine au Rhône , a Vouvries : il n’a pas été achevé.

Après Vouvries , on trouve un passage étroit, avec unchâteau ou maison forte, dans laquelle réside le Châtelain deBouveret, au nom de la République du Yallais. La Paroisse deFor t-Valais ( ****), Port-Vallay, ouPrevalley, ouProvalley,en latin P omis Valefiœ ., est ainsi appellée, parce qu’autrefoisle lac de Genève s’avançoit jusqu’a ce village ; le Rhône &:les vents ensablèrent depuis ce port , & aujourd’hui il estéloigné du lac de près d’une demi-lieue. De la paroisse dePort-Vallay dépendent les villages E sue t tes & Bouveret ouBoveret. Ce dernier village est placé fur le lac de Genève, al’embouchure du Rhône qui s’y précipite avec une granderapidité. Le cours de ce fleuve depuis fa source est entravé parune quantité de rochers ; il cause souvent par ses déborde-ments des dommages considérables aux habitations limitro-phes. On peut distinguer ses eaux de celles du lac de Genève,pendant près d’une demi-lieue. Celles du lac font limpides,claires & bleuâtres , au lieu que celles du Rhône ont lacouleur grisâtre & cendrée. Les anciens Géographes &: His-toriens , Pline , (;) Pomponius Mêla , (6) & Ammien-Marcellin , (7) ont débité que le Rhône (8) traversoit lelac de Genève, fans que leurs eaux se confondissent : cetteerreur (9’ a subsisté pendant de longs siècles, presque jusqu’aunôtre. 11 est bon d’observer qu’a l’embouchure du Rhône,dans le lac, souvent en hiver l’eau se glace au fond, tandisque celle d’en-haut:'ne se gèle pas. On explique cette dis-parité physique , en disant que l’eau étant plus tranquille aufond est plus sujette a la gelée, au lieu que celle d’en-haut, con-tinuellement en mouvement, y résiste sans cesse. A l’articledu lac de Genève, nous parlerons de la sortie du Rhône àGenève, en même-temps que nous décrirons les bornes decette petite République , qui s’étend fur les deux bords dulac & fur la rive droite du Rhône.

m habitée par les Grecs qui y bâtirent Marseille, & qui y ont pu donnerm quelques noms «. >>

( 9) Strabo Lib. IV. pag. ;tz. Merula Géog. Part. II. Lib. III. Cap. IX.Cafaubon. in notis ad Strabon. Lib. IF. Cap. 186. Patio de Duillier, remarquesfur l’Histoire Naturelle des environs du lac de Genève. Mercure Suisse,Avril 1741.

(*) Planches iy, 39.

(**) Planches 5, 15, 147.

( 4 ** ) PLANCHE 129.

(****) Planche iy§.