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Tome premier.
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2.8

TABLEAUX TOPO GRAPHIQUES,

moutons fassent plusieurs lieues fur la glace pour y parvenir.Au sud, elle est séparée du vallon, de glace supérieur ou amasdu Fìnjler-Âar , par les montagnes du Vorder smk , le zink anté-rieur , Ober smk ( le zink d’en-haut ), Lauter- Aar-horn ( la Cornedu Clair-Aar ) Finster-Aar-horn ( la Corne de Y Aar obscur ) & plu-sieurs autres qui n’ont pas de nom. Son commencement ducôté du nord, est a f extrémité du Brufiberg , qui a deux lieuesde longueur ; elle fuit le grand Brander-Lammer-horn , 8 c vaderrière le Rshhorn 8 c le Gaulihom , ou la Corne du Gauli, lelong de quelques cimes inconnues, jusqu’au wetter-horn 3 laCorne de Vorage : on lui a donné le nom de Grindclv ald , m ark 3parce qu’elle est semblable à un coffre. Personne ne passeau-delà, si ce n’est ceux qui cherchent du gibier ou du crystal,au péril de leur vie. M. Gruncr a fait destiner (4) la vue decette vallée, autant que sa courbure a pu le permettre ; il estdangereux d’y marcher, parce qu’on ne peut pas appercevoirles fentes de la glace, cachées par les pierres & par la neige;mais l’aspect en est curieux : on y est comme dans une espècede caisse profonde & obscure, sur un fond de glace rude 8 cscabreux j on n’y peut voir le Ciel qu’en levant beaucoup latête. Le bruit sourd du torrent qui coule au-dessous, se jointà celui des eaux qui tombent du haut du rocher, & l’un &l’autre augmentés par les échos, font dans leur espèce & ma-jestueux & horribles. L’oeil n’est trompé nulle part, commeil l’est en cette vallée, fur l’estimation de la distance : on croità chaque quart de lieue toucher à l’extrémité : cependant onn’y arrive qu’après avoir fait environ sept lieues. Elle se ter-mine près du Zink-stok 3 à l’amas de glaçons qui commenceau mont Grindelwald.

Scheuchzer s’est trompé, lorsqu’ìl a placé au pied duSchrekhorn la première source de l’Are. II paroît que cetteerreur , &: celle des Ecrivains qui ont parlé des sources decette rivière , viennent de ce qu’ils n’ont connu que le der-nier des vallons de glace que j’ai décrits, & qui finit en effetau pied du Schrekhorn. Ils lui ont attribué ce qui n’appartientqu’à l’amas de Y Ober Aar oû Are d’en-haut J qui leur étoitinconnu.

L’Are sortant d’une crevasse énorme de ce vallon de glacesb précipite par une chute horrible, auprès d’un. rocher très-élevé. Lorfqu’on veut suivre son cours depuis l’Hospice (*)du Grimsel, ( en Allemand Hospital \ , jusqu’à cet endroit,il faut se tenir à des crampons de fer plantés dans un rocherescarpé , pour ne pas tomber dans l’abîme qui est à ses pieds.Ce voyage dure une heure entière par un désert effroyable.O11 volt auprès de l’Hospice le premier pont de bois construitfur l’Are. En-deçà de la maison, ce torrent coule én écumantdans une vallée étroite, sauvage,, d’une profondeur effrayante,au pied d’un roc très-élevé ; on le passe çà & là fur des pontsde bois, & les déserts qu’on traverse sont de plus en plusaffreux : l’Are s’y précipite avec fracas. Lorsque les neigesfondent, il roule les plus grosses pierres, qui étant de naturecalcaire, 8 c heurtées avec force l’une contre l’autre, répan-dent une odeur de chaux. Après avoir formé plusieurs chûtesvers Handeck & Raeterichsboden , il perd peu-à-peu de sa rapidité,Le coule vers Guttannen un peu plus lentement. Guttannenou Guthdanneiiy est le premier village qu’on trouve en descen-

( 4 ) Planche premiere , dans la traduction de M. de Keralio. Voyez aussi lesplanches IV 8c V. pag. 247 8c 25'0,'dans le premier volume des Voyagesdans les contrées les plus remarquables de la Suisse, Londres 1778, in-iz avecles figures d’Adrien Ziagg.

dant le Grimsel ,• il est dans le pays de Hasti, Canton deBerne. On y passe l’Are fur un pont de bois. II n’y a duGrimsel jusqu’à Guttannen, pendant près de quatre lieues,aucune maison , excepté la vacherie de Handeck ; cette,vacherie est entre l’Hospice du Grimsel & Guttannen, àdeux lieues de chacun de ces endroits. Le ruisseau de Handeckqui en vient se jette dans l’Are. Je parlerai ailleurs de l’Hos-pice du Grimsel, lorsque je ferai la description de cettemontagne, l’une des plus remarquables de la Suisse.

L’Are reçoit dans son cours plusieurs autres ruisseaux con-sidérables, tels que le Sassbach , qui fort des lacs voisins del’Hospice, un autre ruisseau près de Raeterichsboden, les eauxdu GelmerSC de YAuerbach , un ruisseau qui vient de Guttannen,le Gentelbach , qui reçoit le Tristbach ce dernier ruisseau estgrossi par le Reuschbach, près Reusch.

Après Guttannen, l’Are passe au village Im-Boden , où elleest grossie par le torrent du Val de Gadmen, & que l’onappelle aussi Y Engfilerbach ; elle reçoit au village Im-Grund 3 \cGentcl-bach , qui vient du val EngjUentha !, 8c passe àMullibach.Le torrent Gelmer , qui a fa source au mont Schreckhorn ,dans la paroisse de Grindelwald , Bailliage d’Interlachen,Canton de Berne , se jette dans l’Are, au-dessous du villagede Vyler ou 'Weiler. L’Are reçoit encore depuis Aepingen &Willingen plusieurs autres ruisseaux, en traversant le pays deHasti, & va se jetter dans le lac de Brientz; jusque-là seseaux font troubles. Le lac de Brientz tire son nom d’unvillage situé sur sa rive droite, dans le Bailliage d’Interlachen,Canton de Berne , il a environ trois lieues de long fur unede large j l’Are s’y jette, 8c en fort ensuite pour entrer dansle lac de Thoun, après avoir coulé par une langue de terred’une petite lieue. La ville Unterséen est placée fur cettelangue ; l’Are la divise en deux parties, dont la plus petite ,dite Spillmatten 3 est renfermée entre l’Are & un bras de cetterivière , qui la sépare du village Armulli , ce qui forme uneisle. Le lac de Brientz est entouré de hautes montagnes ,l’Are lui sert ainsi de canal de communication avec le lacde Thoun. On estime que ce dernier lac a cinq lieues de lon-gueur fur une lieue de largeur. II est aussi environné des deuxcôtés d’une chaîne de montagnes ; on en donnera la descrip-tion dans une autre Section de cette Introduction prélimi-naire. La ville de Thoun, en Allemand Thun 3 Bailliage consi-dérable du Canton de Berne, avec titre de Comté, est bâtieà i’endroit où l’Are fort du lac. Cette rivière commence alorsà être navigable. Elle divise dans son cours l’Argeu , del’Uchtland , continue de traverser le Canton de Berne j 8cavant que d’arriver à Berne, elle reçoit entre plusieurs torrenscelui qui passe à Stesisburg , & ceux qui font la décharge despetits lacs d’Amsoltingen & de Gerzensée. II y a un pont surl’Are, à Hcimberg, au-dessous de Thun. Cette rivière formeune péninsule dans laquelle est la ville (**) de Berne , elle dirigeensuite son cours vers Soleure, (***; mais elle fait beaucoup dezig-zags, d’abord vas le couchant & puis âu nord ; elle reçoità Wyler-Oltìgen , Canton de Berne, la Sarine, en AllemandSanen , qui vient de Eribourg, & dans laquelle la Singinè, enAllemand Sensen y qui fort du même Canton de Eribourg,se jette près de Laupen , Canton de Berne. L’Are enferme

(*) Planche 14p.

(**) Planches 4, 17 , 56 .

(***) Planche 2;.

dans