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Tome premier.
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TABLEAUX TOP O GRAPHIQUES,

3 °

Sc de glace : c’est de ce lac (3) que fort la première source dela Russe. Elle groííìt dans son cours par plusieurs petitstorrens, paíïe au pied des monts Platta , Corpis Sc du Blau-•berg , ( le mont Bleu ), qui sont des branches du Saint-Gothard , Sc elle se joint a la seconde source de la Russe prèsdu Pont du Diable. Celle.ci se forme dans le petit lac Ober-alp-sée j ( le lac supérieur des Alpes ), qui est enclavé dans un_haut Sc étroit vallon de montagnes, au nord ouest d’Ur-seren. De ce petit lac provenant de plusieurs amas de glaces, ilsert un ruisseau, qui dans son cours reçoit plusieurs autresruisseaux & s’unit à la première source près du bourg Ur-scren. La troisième Sc la plus abondante source de la Russese trouve au nord ouest de la Fourke, qui sépare le Cantond’Uri, dupays du Vallais, Sc au pied de cette montagne, oùse rendent beaucoup de ruisseaux serrans de glaciers, tels quele Sidelenbach , le Niedererbách , le Muttenbach , 1 cZw'mggen-waJser,le Fuchseggerbach 3 le Lochbergerbach , le Lippenjleinbach , SCC. TouSces ruisseaux se joignent ensemble au-dessus de l’hospice duSaint-Gothard, Sc coulent avec la première source- La Russeforme plusieurs chûtes considérables. Après avoir traversé leVal d’Urseren, elle tombe jusqu’à Silenen , par-dessus desrochers escarpés Sc élevés, avec un bruit continuel, Sc en necessant d’écumer. Ses chûtes les plus remarquables sont lesdeux qu’elle fait depuis le haut du mont Saint-Gothard, jus-qu a ce qu’elle atteigne le village Hospital , d’où elle serpented’une manière singulièrement agréable jusqu’à l’extrémité duVal d’Urseren. A trois cents pas au-dessous de cette vallée ellefait encore une chûtetrès-considérable près du pont du Diable (*).Le bruit qu elle fait en tombant par un lit très-étroit Sc par-dessus les rochers, n’augmente pas peu l’horreur naturelle dece district. On observe en outre une quatrième chûteprès duvillage Gejlinen , une cinquième entre le pont de Wyler ScWattwgen , Sc enfin une sixième entre GurtneLlen Sc Wylerou Weyler. En descendant le mont Saint-Gothard jusqu’àStaeg , la Russe est en été augmentée visiblement de centà cent pas par les ruisseaux qui tombent des amas de glacé.Je décrirai dans la Topographie les différens ponts qu’ontrouve fur la Russe, en descendant le mont Saint-Gothard.

La Russe reçoit près du village Wasen le ruisseau dit Meyen-bach , qui vient du Val sauvage de Meyenthal ; au hameau ditStaeg ou Am -ftacg , le gl'OS ruisseau Kerjlellenibach ou Kers-tenenbach, dont les eaux sont réputées salutaires, se jette dansla Russe après être sorti du Val de Kerstenen. qui a deux lieuesde long. La Russe passe à la gauche du village Aettinghausen ,Sc reçoit au-dessous de ce village la petite, rivière de Schae-chen , qui a fa source 'a l’extrémité du Val de Schaechenthal : laRusse se jette dans le lac des quatre Cantons, au-dessous dubourg d’Altorss, capitale du canton d’Uri, Sc de l’Abbaye desBénédictines de Séedorss, auprès du village deFluelen. UnVoyageur Allemand ( M. (4) Andreae) a écrit qu’Altorssest pro-prement le fauxbourg du mont Saint-Gothard , qui élève fatête par-dessus celles de toutes les autres montagnes de l’Eu-

rope. On fera une plus ample mention de la Russe dansla description du Canton d’Uri. En entrant dans le lac desquatre Cantons , elle perd son nom, Sc à fa sortie à Lucerneelle le reprend. Ce lac est ainsi appellé, parce qu’il baigne aulevant le Canton d’Uri, au couchant la ville & le Canton deLucerne, au midi celui d’Underwalden, Sc au nord celui deSchweitz. La Russe commence à porter bateau en sortant dece lac à Lucerne. Elle reçoit d’abord à Lucerne le ruisseaude Krienjf, Sc ensuite près du château ruiné de Stollberg , à unedemi-lieue de Lucerne , la rivière dite la petite Emme , ainsiappellée pour la distinguer de la grande Emme, qui se jette dansl’Are., dans la proximité de Soleure. La petite Emme sortd’un petit lac de montagne que l’on appelle Wald-Emmen ,YEmme du Bois , qui est dans le Canton de Lucerne, fur lesconfins de celui d’Underwalden ; elle traverse le pays d’Ent-libuch, elle charie des grains de fable d’or , Sc la Russe quila reçoit, hérite de son trésor ; on a souvent frappé à Lu-cerne des ducats, d’un or très-fin, faits de celui qu’on extraitdu fable des rivières de l’Emme Sc de la Russe. On passel’Emmesur un long pont de bois, couvert, un peu au-dessousde l’endroit où elle se jette dans la Russe , on appelle cepont ï'Emmen-Brugg • la Russe passe ensuite en face de l’Abbayedes Religieuses Bernardines de Rathausen qu’elle a sur ladroite. Elle reçoit sur sa gauche au coin du bois dit Schilt-wald, le gros ruisseau de Rotbach , qui traverse les bailliages deRufVeil Sc de Rotenbourg. La Russe forme ensuite quel-ques istes entre le confluent du Rotbach Sc celui de la petiterivière d 'Eschenbach , qui vient du lac de Baldegg, passe sousl’Abbaye d’Eschenbach, Religieuses de l’Ordre de Cîteaux ,Sc se dégorge dans la Russe , au-dessous des ruines de l’an-cienne ville d’Eschenbach , auprès du village â'Inweil. Onpasse la Russe fur un pont â Gisiigen ; un peu au-dessus de cepont, elle reçoit fur fa droite le ruisseau de Rot , qui vientdu petit lac de Rotsée, à une demi-lieue de Lucerne, Sc quipasse par le village de Rot.

La Russe ne quitte le territoire de Lucerne qu’au-dessousdu hameau de Honau , qui est fur fa droite, fur la frontièredu Canton de Zoug. Depuis Honau jusqu’au-dessous de l’Ab-baye àcFrauenthal (3), toute cette partie de la rivière appartientà la ville de Zoug ; il y a quelques petites isles dans cet inter-valle. La partie gauche de la Russe jusqu’à Reufsegg, châteauruiné, qui donne son nom à une terre seigneuriale de laVille de Lucerne, est enclavée dans le haut bailliage de ÏArgeu-libre , qui reconnoît pour souverains les huit premiers Cantons;On passe la Russe fur un pont de bois, à Sinjs; ce pont cou-vert appartient à la ville de Zoug. La rivière de lorey ., quivient du lac d’Egeri, entre dans celui de Zoug, en ressort àCam , passe à l’Abbaye des Religieuses de Frauenthal Sc sejette dans la Russe au-dessous de Maschwanden , dans le terri-toire de la ville de Zurich, bailliage de Knonau. La Russecontinue à baigner fur fa droite le territoire de Zurich, jus-qu’à son entrée clans le district , qui porte le nom de Keller-

( j ) Scheuch^eri itinera Alpina T. II. pag. 171-17 j.

Grimer, Glacières de la Suilîê, pag. 184.

Leu, Dictionnaire Historique de la Suisse, T. XV. pag. 172.17},

Faesi, Descript. Topog. de la Suisse. T. I. p. 44 Lc suiv.

Voyages dans les contrées les plus remarquables de la Suisse. T. II. p. 240& suiv. Lee.

(*)PlastcHES ;4, ,6;.

( 4 ) Lettres fur la Suijfe, en Allemand, âz-4 fìg. elles font pleines d’excel-

lentes remarques. Le grand objet de M. Andrés, est l’Histoire Naturelle Scdes Cabinets en ce genre : son style est vif, on. y trouve du sel & même dela bonne critique. On peut voir l’éloge qn’en a fait le Journal Allemand ditle Magasin cTHanovre , années 1764 & r/6y. Voyez aussi les Conseils deM. de Hallerpour former une Bibliothèque Historique de Ja Suisse , pag. 31.Berne 1771, in- ia.

(. y ) Religieuses de l’Ordre de Citeaux.