Band 
Tome premier.
Seite
36
JPEG-Download
 

\

z-6 T A B L E A U JO TOP O C R A P H I Q U E S ,

La Linth entre clans le lac de Zurich un peu au-dessous deGrynau ; cette/rivière a fur fa droite , depuis le pont de laTaillerie où finit le Canton de Glatis, a f endroit de la jonc-tion de la Mag, le bailliage 'de Gaster, en latin Castra Rhatica,&: celui d’Utznach, ils appartiennent tous deux aux Cantonsde Schveitz & de Glatis. On trouve fur la droite de la Linthle chapitre des Chanoinesses de Schennis & Bénken ; cedernier village est entre la Linth & la petite ville d’Utznachdont la position fur une espèce de hauteur est à une demi-lieue au-dessus du lac-de Zurich. La Linth à la sortie de celac, entre la grande & la petite ville de Zurich, porte lenom d’^aíjufqu’à Tendroit où elle reçoit tout près & au-def-fous de Zurich la rivière de Sìl-qyâ a fa source dans le Cantonde Schveitz , dans levaldeAiMa/&ducôtédelavalléeA/«ota-tkal. La Linth-, appellée Aa depuis fa sortie du lac de Zurichj n fou'a fa jonction avec la SU ou Syl, prend alors le nom (8 )de Limât ou Lìmmat qu’elle retient jufqu’a son embouchuredans l’Are. Elle traverse le Canton de Zurich &: le Comté deLaden qui appartient aux trois Cantons de Zurich, Berne &Claris. On trouve fur la droite de la Limât depuis Zurich,la prévôté & le couvent des Bénédictines du Fahr qui estdans le Comté de Bade. II y a en cet endroit un bac pouxpasser la rivière qui coule dans un lit ferré par des rochersau-dessous de Glanzenberg, ancienne ville dont on ne voltplus que des ruines; mais malgré le danger de la navigation

les bateaux descendent jusqu’à l’embouchure de la Limât.On a bâti depuis peu d’années un pont de bois, ingénieuse-ment construit vis-à-vis de T Abbaye de Wcttingcn (*),f ordre de Cîteaux ) qui est fur la gauche de la rivière. DeWettingen à Baden , il y a une demi-lieue de chemin, cetteville (**) avec son pont de pierre est située fur la Limât. Lescélèbres bains de Baden font placés fur les deux rives à unquart de lieue au-dessous de la ville. La Limât continue detraverser le Comté de Baden jusqu’à son confluent avec l’Areprès du hameau Fogdstang , un peu au-dessus du village deSúlh qui est fut la gauche de T Are dans le bailliage de Schen-kenberg, Canton de Berne. La Limât en traversant le Comtéde Baden, reçoit plusieurs gros ruisseaux, entre autres leFurfbach qui vient de Wurenlos, même Comté de Baden.

II y a encore quelques rivières considérables dans la Suisse,comme la Thour, la Sitter, les deux Emme, la Sarine,l’Orbe, la Tiiicle, la Birfe, &c. Nous parlerons de chacunedans son lieu. On fe contentera de dire ici qu’on n’a (9)jamais vu de pays éloigné de la mer qui abonde tant eneaux que celui-ci. L’on trouve par-tout un nombre infinide sources d’eaux les plus pures Se les plus douces, & il n’ya presque point de champ, ni de pré, qu’on ne puisse arroserpar quelque ruisseau ou quelque fontaine, toutes les fois quele paysan le juge nécessaire.

(8) Oiton, Evêque-deFrisingen/qui écrivoit aprèsle milieu du douzièmesiècle, [ de GeftisFrid. L Imp. Lìb. 1 . Cap. FUI. p. 4.11, apud Urstisium interGermanU Historicos illustres T. I. Francofurti ad M&num 167c in-fol.] donneune étymologie singulière du nom des Allemans, Alemanni , & de la pro-vince particulière qu’ils habitèrent, ì’Allemannie , en latin Alemannia, quicomprenoit la Souabe & la Suisse Orientale jusqu’à la Russe, il le fait dériverde la rivière Lemannus qui sort du lac de Zurich, & il prétend que c’est decette rivière que Lucain a dit dans la Pkarsale, ( Lil. i.)

Deseruere cavo tentoriastxa Lemanno.

Quoique les Interprètes entendent ici le lac Leman ou de Genève, peut-êtreque la Limât que Walafride Strabon, Auteur du neuvième .siècle, nommoitFlavius Lindimacus , & qu’il plaçoit dans 1‘Alamannie , ( Vita Beati Galli,Lìb. I. Cap. IF. p. 145 , apud Goldastum , T. I. part. I. Alamannicar. Rer.Francofurti itíûi s in-fol. ) fe .nommoit primitivement en langue vulgaire laLernat ou le Lemann. Quoi qu’il en soit, la conjecture d’Otton de Frisingenest-elle plus admissible à cause du local des Alemanni , que celle de Servius (a)qui appeîloit Alemanni les peuples qui habitoient fur les bords du lac Leman ?Un Moderne, le Philosophe Frey {b), prétendoit même que les Allemans,Alemanni, doivent leur nom aulac Leman ou de Genève. Walafride Strabon,que fai cité, serioit [ibid. Prolog.p. 144-145.] de l’opinion de ses contempo-rains qui appelloien tAltimania, à causé de la hauteur de la situation, ab altofi tu provìncìs. , le pays que les Alamanniou les Souabes, Suevì , habitoient

dans le neuvième siècle, & qui comprenoit une partie de la Germanie au-delàdu Danube, une autre de la Rkétie (ou du pays des Grisons) entre les Alpes &le Danube, & une partie de la Gaule autour de l’Are partemque GallU cire aA rarim ; dans le onzième siècle on appeîloit ( c) encore Araris fluvîus , larivière de l’Are qui étoit proprement la séparation entre le royaume deBourgogne - Transjurane & le Duché d’Allemannie ou de Souabe ; au reste,plusieurs cantons, plusieurs peuples ont dû leur premier nom aux rivières dulocal. L ’Argeu doit le sien à l’Are „ laTurgovie (a?) en Allemand Turgeu , à larivière de Thour , & si nous en croyons Godefroi de Viterbe ( e ), Chroni-queur fameux de la fin du douzième siècle, les Allobroges étoient ainsiappelles de la rivière de lu Broyé , du pays de Vaud, voisine d’Avenche, quele même Chroniqueur nomme Aven\a , & qui fe jette dans le lac de Morat.Voici ses vers, bien dignes du siècle où il vivoit.

Cum loquor Allobrogos, fluvium perpendo Labroiam ,

Qua fuit Vrbs quondam grandis, velut altéra Troia,

TSSomen Auen\a fuit , qus. peritura ruit.

Illa fuperborum viguit feritatevirorum ,

Marte Suevorum perilt primatus eorum ,

Decidit armorum cultus , & omne forum.

:( 9 ) L’Etat & les Délices de la Suisse. T. I, p/ 71. Bâle 1764 in -11, fig.

(*) Planche 136.

(-**) Planches j 8, i;6.

{a) In notis ad 4. Géorgie. Virgìlii.Vo\cì !ej termes de ce'Grammaìrienqni vivoit vers

4îi. PopulihabitantesjuxtaZemanumlacum , Alemanni dicuntur,

(b) De admirandis Gallia Cap, IX. apud Plantin, Helvetia Antiqua & nova Pag. toi ,

AZZE, sonat totum. M. A N jvir •' fi Teuthona linguaILsc duoeonjungat , totum vir , litera signât ,

L. geminata, satis nomina clara facit.

eiit. Berna. 1656 iti-tz.

\{c) In pago qui -Erigowenunaipatur , quem Araris fluvius ex vno latere prtzterfluit &sltero Renus , ce font les termes de Hepidann, moine de Saint-Gall, dans son livre desMiracles de Sainte-F/iborade , : €ap. iX- pag. 1 2s apuí-Goldastum, T. I parte<secunda Ala-mannicar. Rer .IHepidann écrivoit en ^ Q 7 r * _ ,

( d ) p anem pagi qui ab interfluente fluvio Turgowe nominatur ; ainsi s’exprime WalattldeStrabon [ de Miraculis B. Galli Lib. IL Cap. J- p. t 63. apud Goldastum ibidem. ]

( e ) Chronìc. Parte IX. pag- 198- apud Pisiorìum inter G’ermanices Scriptores , Francofurti1584 in-fol. le même Godefroi de Viterbe , íibiâ. p. i 9 i ]. dit que le Rhin étoit appeííéparles anciens Lemannus , & que des Ecrivains en font dériver le nom des Allemans Alemanni ,tnaisque pour lui ïf aime mieux l’opinion qui lui donne pour racines deux mûts Tudes-qu€S, aile L tous ] & man [homme LAlemanni unde diSi.

Rhenus ab antiquis deferibitur este Lemannus -Indeque nùnnulli référant diâos Alemannos , ^

Sed vox aequivoca nomina falfaparat.

llludego nomen alla vidto ratione ,tQuicquid prisca, jouent , quvd jentio > litcrd prometsLeclor ab tac capiat , qucn mugis apta jonenu

Suivant Agathias qui vivoit fous l’Empereur Justinien [ lib. I. p. ty.I Aíìnius Quadta-tus avoir rapporte dans son Histoire des Germains, ouvrage écrit avec exactitude 3 que lesAlamani étoient un mélange de divers étrangers, ainsi que ce nom le signifioit dans leurlangue. Alamani autem,fi Afinium Quadratum fequi licet , hominem Italnm } & qui res Ger-manicas accuratì confcripsit , convenae funt, £r mifcellanei homines ; quod & appellatio , eorumlinguâ indicat. Cluviet fait dériver ce nom purement Germanique, des deux mots Aile,íomnes, tousì ôímannen , [ virí , hommes} , comme qui diroit une multitude d’hommes ramaíîesdeltoutes patts. [ Germain antiq. Lib. 1 . Cap. VIII, & lib. III. Cap. IV.} Allmaenner, Aller-ley Mann ; Aus allen landen Mann , c’étoit aussi le sentiment de Henri-Glaréan, duCanton de Glatis, dans ses Commentaires fur la Germanie de Tacite,[ Apud SchardiumT. I. Rer. German. pag. y o.] On a une dissertation curieuse fur la nation des Alemanni ,par Jean-Nicolas Hert ; elle est écrite en latin Sc fe trouve dans le Trésor des Historiens deSouabe,par Wegelin[X. I. Líndau 1736 in-fol.pag. 31-37.} Cette note que je dois àM. le Baron de Zur-lauben , n’eít pas étrangère à la Suisse, une grande partie de ses habi-tans descend de ces Alamanni , si célèbres dans l’Histoìre de la décadence de l’EmpireRomain , elle en a même conservé le nom dans ses -traités avec les autres Puiílànces det’Europe, où le Corps Helvétique est désigné sous le titre de Liguas des Routes Allema-gnes.

Les