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par corruption Zwetsch.cn ou Zwetschgen ; quelquefois on endétache le noyau : on prétend que le pruneau est alors plusdélicat. Une petite - Maîtresse de Paris qui en goûtoit à latable d’un Colonel Suisse, Sc qui les trouvoit délicieux, eutla bonté de croire que les pruneaux de la Suisse croissoientfans noyaux. On n’eut garde de la détromper , elle endemanda même des plants pour fa campagne. On fit sem-blant de satisfaire a son désir.
Un secours considérable que la Suisse a éprouvé, fur-toutdans la disette, est l'usage des pommes de terre. On fait ladate de leur première culture en Europe ; si elle y avoir étéplutôt connue, elle auroit conservé une multitude de mal-heureux dans les temps de famine. On a même défriché biendes terreins incultes Sc sauvages pour y semer des pommesde terre, Sc Inexpérience journalière bénit celui qui le premierles a transportés de l’Amérique dans notre Continent ; onen peut faire même du pain, & il y a des boulangers assezfrauduleux pour les mêler avec la pâte du froment.
Je finirai ce long article par les réflexions de P Auteur du Dic-tionnaire Géographique , Hisorique & Politique de la Suijse (iój •' tOUtpays inculte ne produit ordinairement qu’un nombre bornéd’efpèces d’arbres, d’arbustes & de plantes habituées au climat ;le travail de l’homme corrige considérablement l’excès ouïevice du climat même, & le commerce entre les peuples étendprodigieusement ce premier fond de la production spontanéedu fol. Un pays froid comme le nôtre, ( la Suijse ), dans sonpremier état sauvage, nc pouvoit produire que des forêts,
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Plantes. Simples.
On entend par le mot Plante , un corps mixte, vivant,qui tient un milieu entre ranimai Sc le minéral, ayant sucSc racine, à la faveur defquelles il fe nourrit. On comprendfous la dénomination de simples , diverses fortes d’herbesmédicinales, Sc l’adjectif vulnéraire dénote tout ce qui est pro-pre pour la guérison des plaies Sc des ulcères. On dit com-munément Veau vulnéraire , les herbes vulnéraires. Le sage Auteur dela Nature a répandu fur les montagnes de la Suisse une infi-nité de remèdes pour le rétablissement Sc la conservation de lasanté, dans les simples dont elles font parsemées. C’est de-làque l'on tire ces excelleras composés d’herbes vulnéraires ,nommés vulgairement Faltrank , qui font d’un si grand usagepour la guérison de divers maux, Sc qui, a cause de leur utilité,font si estimés en plusieurs pays étrangers. Ecoutons quelques-uns des airs mélodieux du chantre (i) des Alpes.
-, Dans un de ces momens, où les brouillards dispersés» ouvrent un passage aux rayons brillans du soleil qui vont,, essuyer des campagnes humides les larmes qu’un nuage y» avoir répandues, tout brille d’un nouvel éclat, on volt la» lumière réfléchie fur chaque feuille ; une fraîcheur char-» mante règne fur toute la nature ; l’air est rempli de doux« parfums que les zéphirs légers enlèvent fur les fleurs émail--- lées : des tousses de plantes diversement colorées semblent53 se disputer la préférence ; on volt l’azur céleste briller sur» l’or pur ; le penchant d’une colline , vernissée par la pluie ,
O G R A P H I Q V E S ,
des arbres aquatiques, quelques arbustes, des bruyères , Scdu pâturage pour les animaux ; toutes les espèces de bleds,presque tous les fruits des arbres Sc les plantes potagères, fontpour nous des dons d’un fol Sc d’un climat étranger. Cepen-dant de quelle variété de plantes nos campagnes ne sont-ellespas ornées aujourd’hui > Ils ne font plus heureusement cestemps , où l’ignorance étoussoit encore la curiosité Sc l’in-dustrie, où l’oppreísion d’un gouvernement barbare enchaînoitle commerce Sc le repoussoir même ; mais il a fallu une longuefuite de siècles pour faire succéder des récoltes aussi variéesk la ressource précaire de la chasse , ou au seul produit destroupeaux. Un objet bien intéressant pour l’Histoire, seroitde chercher k découvrir les traces de l’accroissement de laculture & la marche de l’industrie, depuis le premier étatsauvage d’une Nation, Sc ses premiers défrichemens jusqu’kl’époque d’une agriculture Sc d’un commerce florissant ; d’in-diquer les circonstances politiques, les époques de la cons-titution , Sc les évènemens accidentels qui ont hâté ou retardéles progrès de la Nation. Le développement exact de cettepartie préfenteroit des leçons bien utiles a ceux qui gouver-nent , ils y verroient les longs Sc malheureux esters de l’am-bitiòn imprudente, ou d’une oppression avide, Sc la nécessitéd’éclairer les peuples Sc de les affranchir des entraves nuisi-bles , pour avancer vers ce haut degré de force Sc de félicitépublique, qui doit être le but invariable de tout gouver-nement.
V I.
Herbes vulnéraires.
» présente un tapis d’un verd éclatant, bordé des couleurs33 de l’arc-en-ciel.
'3 La noble Gentiane éleve fa tête superbe au-dessus de la» foule vulgaire des plantés communes ; toute une cohorte33 fleurie fe range fous son drapeau, Sc son frère même, dis-» tingué par sa livrée d’un bleu céleste , s’incline pour l’ho-» norer : autour de fa tige grisâtre, ses fleurs d’un or éclatant» fe replient Sc forment une couronne : fur le satin des feuil-» les, panachées d’un verd sombre, des diamans fluides jettent» leurs feux variés. Tar la loi la plus juste la beauté s’unit ici33 a la vertu ; c’est une belle amc revêtue d’une forme char-» mante.
» Près de-lk les feuilles étroites Sc croisées d’une plante» modeste étendent leur réseau de couleur cendrée ; la fleur>3 offre la figure agréable d’un oiseau d’Améthiste, dont lc» bec est couvert d’une lame d or ; un feuillage dentelé Sc33 reluisant s’incline au-dessus de la surface d’un ruisseau qui» reproduit son image : une neige légère couvre les pétales» veloutés de ses fleurs, un calice teint d’un pourpre délicat» les environne de ses rayons ; l’émeraude Sc la rose parent« le gazon foulé par les troupeaux ; Sc les rochers même font» revêtus d’un manteau de pourpre c«.
A cette riche peinture faisons succéder quelques remarquestirées de l’Histoire (2.) naturelle de la Suisse, par Scheuch^er. Ona observé qu’en général les herbes qui croissent fur la cime
(i6 ) f. II P- 156-157. ( î ) T. I. p. 92-95, le même Itinera Alpina , T. I. p. 31 & 3j.
( 1 ) Poésies de M. de Haller, trad. par M. de Tscharner, pag. 43-46,
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