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PITTORESQUES,#:* DE LA SUISSE.
XVII I.
Haras.
La Suisse ( i) produit abondamment des bêtes de labou-rage , de bons bœufs, Se des chevaux excellais, Se en même-temps elle contient des prés en très-grande quantité pour lesnourrir ; on ne doute pas que íì l’économic rurale y étoitplus sagement administrée , les habitans ne pussent à leurgrand profit , augmenter considérablement les fourrages ,tant en arrachant des vignes , Se en défrichant des terresincultes, qu’en établissant des sainfoins, des Infirmes , destrèfles, en un mot, diverses sortes de prés artificiels, qui,bien ménagés, donneroient aux bêtes d’attelage une nour-riture qui leur tiendroit lieu d’avoine que plusieurs leurépargnent à leur grand dommage.
Les paysans du pays de Vaud n’ont communément quede petits chevaux, mai pansés Se mal nourris ; ils ne les aiment,ni ne les ménagent, ils les tiennent dans des écuries mal-propres, & les traitent avec une impatience révoltante. Com-ment ne comprennent-ils qu’un bon cheval en vaut quatremauvais , Se qu’il ne mange ni ne coûte quatre fois plus ;que des animaux si utiles doivent être aimés Se caressés Seque ce n’est pas même envain qu’on les siffle pour leur 'amusement, puifqu’ils répondent par leur docilité à toutesces attentions. Les Souverains de Berne cherchent à renou-veller dans leur Canton une bonne race de chevaux , enoffrant des étalons Danois, fous des conditions qui paraissenttrès - avantageuses : il ferait bien à désirer que les ProvincesAllemandes Se Françoises de ce Canton concourussent ades vues si sages.
II y a quelques haras en Suisse, dans les Cantons de Berne,
X I
Forêts, Bois, Mines de Charbon ,
A u premier ( i ) coup-d’œil, on penserait que tous lesendroits de la Suisse ont une fuperfluité en bois Se autresmatières combustibles. Par-tout où. l’on promène fa vue, on ydécouvre les grandes «Scies petites montagnes, ainsi que les col-lines, Se très-souvent même les plaines, presque généralementcouvertes de bois. On y trouve de longues forêts plantées dechênes, de hêtres, d’ormes, de lapins blancs Sc rouges, de me-lèfies, de bouleau Lc d’autres sortes de bois. Quelques Cantons,entre autres la plus grande partie de ceuxd’Uri, Schweitz ,Undcrwalden , Zoug, Claris , le Comté de Sargans, le Val-sais & une partie dupays des Grisons, ont trop de bois a brûlerde toute espèce ; ruais dans les autres Cantons il devient plusrare d année en année. On y trouve , il est vrai, quelquesforêts considérables remplies de toutes les espèces de bois, maisdans d autres endroits il n’y en a pas assez pour la consomma-tion journalière. M. Faejí^ de Zurich, quoique fort zélé pourtoutes les branches du commerce, a la générosité d’avouerque les principales causes de la disette presqu’incroyablc de
Lucerne, Sclweitz, Soleure, Se dans l’Evêché de Bile ; maiscombien ils font éloignés de leur perfection ! Les (z) Glaro-nois amènent tous les ans vendre à la foire de Lugano cent,jufqu’à deux «S c même trois cent chevaux : il y a chaque annéeen Août un marché considérable de chevaux à Malters , Cantonde Lucerne ; un autre le zz Septembre, jour de Saint-Maurice,à Steinen , Canton de Schweitz. Les deux foires de Zurich ,dans le Comté de Bade en Argeu, fournissent auísi beaucoupde chevaux.
La Suisse produit d’cxccllcns chevaux de trait, Se on lesestime autant que ceux de la Franche-Comté ; on s’en sertmême avec empressement, dans les temps de guerre, enFrance, pour l’artillerie.
Le fourrage de Suisse étant entremêlé d’herbes succulentes,les chevaux deviennent quelquefois aveugles quand ils lemangent tout pur, on en modère la force avec de la hachurede paille.
On fe sert ( 3 ) plus volontiers en Suisse de bœufs que dechevaux pour la charrue ; il y a de l'économie dans cet usage, lanourriture du bœuf n’étant pas auffi chère que celle du cheval.L’avoine qui est nécessaire au cheval, Se qui occupe beaucoupde terrein, enlève un grand nombre de champs à la culture dufroment. Un bœuf de quatre, cinq ou six années, après avoirrendu des services tels qu’on ne pourrait les attendre d’aucuncheval, excepté pour des courses lointaines Se pour la célé-rité j est encore utile, puifiqu’il sert à la nourriture del’homme.
La plupart (4) des chevaux tirés des haras du Canton deSoleure, fe vendent en Italie Se en France.
X.
Marnieres , Carrières d'ardoise.
bois qui fe fait sentir dans la Suisse, font les manufacturesqui depuis cent ans y ont été établies Se dont le nombres’accroît de plus en plus , l’augmentation de la popula-tion que ces établissemens occasionnent , la bâtisse de nou-velles maisons dans des endroits où il n’y en a volt pasauparavant, Fexportation actuelle Se considérable du char-bon de terre dans les pays étrangers Se le peu d’attcntionque le paysim apporte a la culture des bois, ainsi que l’abusqu’on fait dans quelques districts de cette substance dontl’usage est indispensable chaque jour pour la vie de l’homme.Rarement laisse-t-on aux bois assez de temps pour arriverau même degré de croissance qu’ils avoient avant leur coupe.On abat souvent le bois bien long - temps avant qu’il aitatteint fa parfaite grandeur ; le jeune bois est brouté par lesbêtes â corne Se le petit bétail ; dc-la le prix du bois à brûlerqui augmente de plus en plus ; Se les mandemens les plussévères du Souverain ne peuvent pas- toujours remédier àces abus, ni s’oppofer au profit usuraire que les particuliers
{ i ) Essai de M. Jean Bertrand , Pasteur à Orbe, fur les questions propo-sées Tannée 1759, par la Société Economique de Berne , pag. 151-151. T. I.Partie I. du Recueil des Mémoires de cette Société, Zurich 17S0, w-8. 6g.( 2 ) Trumpi, Chr. du Canton de Claris, p. ij.
Tome I.
( 5 ) M. Andrttt, Lettres fur la Suisse, p. 5 tr *
(4 ) Faesi , Descript. Topog. de la Suisse, T. II. p. 66l.( 1 ) Faesi, Desc. Topog. de la Suisse. T. I. p. 28-52.
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