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Bourgeoisie, ni les C-òmrannes de la campagne n eussentrappelle -l’-usage des assemblées générales, 8 c qu’au milieu detant de Démocraties le souvenir s’en fût entièrement perdu , sijamais cet usage avoit existé en vertu des premières constitu-tions. Les assemblées du grand-Consàl étoient encore fort raresdans le dernier siècle ; le Sénat ou le petit Conseil dépechoit laplupart des affaires 8 c les déeidoit absolument. Avant 1 époquede la guerre de Bourgogne ( en 1470 ) on vit le parti d’unAvoyer ( Pierre Kifller , qui de boucher s’étoit frayé le cheminà cette première dignité, ainsi que dans P ancienne Rome, leboucher Varron parvint au Consulat) exiler l’autreparti dans sesterres, s’assemblcr dans des maisons particulières, 8 c disposerpour ainsi dire du sort de l’État. II n’y a qu’a jetter les yeuxfur les détails des loix 8 c des formes de la constitution, pourse convaincre qu’a Berne, jusque vers la fin du dernier siècle,l’cxercice de la puissance exécutrice étoit entre les mains d’unpetit nombre de Magistrats. Bien loin qu’il paroisse que lepouvoir du Conseil ordinaire, celui des Bannerets 8 c des S esc , aitété anciennement plus précaire ou plus borné, ce n’eft que dusouvenir de nos pères & de nos dieux, ajoute M. de Tscharner, qu ont■été portées les loix qui fixent fi sagement les limites de ces pouvoirs.
Dans les Démocraties bourgeoises 8 c diversement modifiéesdes villes de commerce , la noblesse a été successivementdépossédée de son autorité prépondérante, par les Tribus desartisans. A Berne, elle s’est affoiblie suivant le cours natureldes générations, d’autres noms ont remplacé ceux qui, pardéfaut d’héritiers, venoient à s’éteindre. Des familles Patri-ciennes ont succédé aux talens, a la fortune 8 c au même espritde cette ancienne noblesse : le plan 8 c la forme du gouverne-ment n’ont point changé. C’est le Conseil des Deux cent , danslequel tous les autres Collèges font réunis, qui, fous le titred 'Avoyer, petit & grand Conseil , ou d 'Avoyer , Conseil & Bourgeoisde la ville & république de Berne, exerce.fur tous les sujets de ceCanton le pouvoir souverain, fait des loix 8 c les révoque,juge de toutes les affaires intérieures évoquées devant lui,donne aux autres Tribunaux leurs pouvoirs compétens, formedes alliances, les renouvelle, traite de la paix & de la guerre,8 c juge de la vie ou de la mort.
Dès le treizième siècle, P Avoyer étoit élude nouveau chaqueannée ; autrefois on comptoir plusieurs Consulaires hors decharge, aujourd’hui deux Avoyers créés a vie alternent dans laprésidence des Conseils, 8 c dans les fonctions de leur dignité jleurs charges font fous la réserve du pouvoir souverain pourles déposer.
On appelle (9) un Avoyer, en Allemand Schultheiss ; on faitdériver ce nom de la charge de Sculdakis ou Scultais, en latinScultetus, qu’on trouve dans les loix Lombardes 8 c dans lemiroir { 10) de la Saxe. Le Magistrat ainsi nommé devoir citer lesdébiteurs, en Allemand Schuldner, pour répondre a leurs créan-ciers 8 c payer leurs dettes : Schuld-heiss, qui cite le débiteur, oucomme le c toit G old ast , Schuld-hásch J qui exige le paiement des
OGRJPHIQUES,
dettes. Le nom á'Advoyer ou Avoyer en françois , Advocatus 8 cquelquefois Praetor en latin , a peut-être la même racine queP Avoué d’un Monastère, Advocatus Monafierïi, ainsi nommé parcequ’il en étoit le protecteur. YdAvoyer est par fa charge le pro-tecteur de la Justice, Advocatus Jufiithz.
Déja, en 13x3 , la ville de Berne 8 c les trois cantons ou paysd’Uri, de Schweitz 8 c d’Underwaíden avoient conclu unealliance ( 1 1 ) défensive, que les députés, munis de pleins-pou-voirs, avoient jurée au nom de leurs constituans. Berne (12)dut en grande partie à ces Alliés, la victoire remportée près deLaupen, le 21 Juin 1339, contre la ligue de la haute noblesse.La chronique assure que les Bernois pénétrés de reconnoissancedu secours important que les trois pays d Uri, de Schweitz& d’Underwalden leur avoierít envoyé dans ce danger immi-nent , leur marquèrent, dans les termes les plus expressifs,qu’ils en conserveroient toujours le souvenir envers eux 8 cleurs descendans, 8 c qu’ils leur offrirent leurs services entoutes occasions, les assurant qu’ils scroient toujours prêts àsacrifier pour eux leurs vies 8 c leurs biens dans toutes leursnécessités. Quelqu’un a qui je lisois ce passage, me dit avecun sourire ironique, que les évènemens arrivés depuis 1531avoient en effet prouvés Inexactitude de ces promesses. Quoiqu’il en soit, un différend avec le pays d’Underwaiden, dontBerne soumit la décision aux deux autres Cantons forestiersde Schweitz 8 c d’Uri, décida la conclusion de son union per-pétuelle avec les trois pays le 7 ( 13 ) Mars 1333. Berne n’exis-toit alors que depuis cent soixante ans; son domaine encoretrès-borné ne comprenoit que la petite ville de Laupen qu’elleavoit acquise en 1324.
Je vais détailler, d’après M. de Tscharner, la forme du petit& grand Conseil de la ville de Berne, 8 c celle des élections. Jene pourrois pas choisir un meilleur guide ; fauteur étoit lui-même du grand Conseil de cette puissante République, 8 csi son tableau étoit infidèle, quelle confiance pourroit-onavoir dans celui qu’en traceroit un étranger ?
Le pouvoir souverain du Canton réside dans 1 c grand Conseilqui, lorsqu’il est complet, consiste en deux cent quatre-vingtdix-neuf Membres. Depuis que ces places font plus recher-chées, on attend qu’il y en ait au moins 80 de vacantes, pourcontenter plus de prétendans ; cela fait qu’il se passe huit àdix ans d’une nouvelle élection a l’autre. II faut pour pouvoiry prétendre avoir vingt-neuf ans accomplis. Le petit ConseiTouSénat avec les Seqeniers forme les Electeurs de droit : chacunpeut recommander un sujet. II est bon d’observer que commeprès de quatre-vingt-dix-neuf font ordinairement absens dugrand Conseil, parce qu’ils font fur leurs bailliages ou pourd’autres raisons, il s’en assemble rarement plus de deux centa la fois. II arrive même souvent , que quoiqu’il y ait desaffaires importantes, l’on trouve à peine cent Sénateurs ouConseillers dans la ville.
Le grand Conseil fait la paix, la guerre 8 c les alliances ; mais
< 9 ) Leu, Dia. Hist. de Suisse, T. XVI, pag. 495-494. le même, traduc-tion en Allemand de Simler, avec remarques, pag. 489.
( 10) Lib. I. Art. 59. n°. 6 .
( u ) Cet asse rapporté par Tschoudi ( Ckr. Helvet. T. I. pag. 196) estdaté du premier lundi avant le jour de Saint-Laurent 152.5. On y lit : NousC Avoyer, le Conseils la Communauté de Berne , wir der Schultheiss, derRat und die Gemeinde von Berne.
(12) Tschoudi, ibid. pag. 156-160. chr. msc. de Berne par Justinger,&c.
(15) Tschoudi a rapporté ce traité d’alliance, ibid. p. 422-423. M. Leu,
Bourgmestre de Zurich, l’a aussi irtséré dans le Diaionnaire historique dela Suisse, T. III. pag. 120-127. On lit à la tête de ce traité : Nous 1 ‘Avoyer ,le Conseil & les deux cent, & les bourgeois en commun de la ville de Berne en.TJchtlani , wir der Schullheijfe, der Rate, und die Zwey hundert , und diePurger gemémlich der statt Bern in Vchtland. Lorsque Frédéric II, Roi desRomains, donna en 1218 fa Bulle d’or à la ville de Berne, il usoit de l'a-dresse suivante : Fridericus Dei gratta Romanorum Rex , & femper Auguflus ,ÍV Rex Sicilie dilecìis devotis, Sculteto , Cotisulibus & Unìversts Burgenfibus deBerno in Burgundia gratìam fuam L' omne bonum.