Band 
Tome premier, seconde partie.
Seite
163
JPEG-Download
 

PITTORESQUES,

reçoit à bras ouverts fous fa protection , & il déclare qu*en aucun tempsU ne permettra q u’ils soient aliénés iu domaine de VEmpire ; il lestraite d hommes libres & de ses féaux qui ne dépendent que de VEmpire& de fi>n chef Les expressions de ce Diplôme font des plushonorables pour les trois pays. II est bon d’observer queFrédéric étoit alors excommunié par le Pape ; mais les troispays distinguans très-bien ce qu’ils dévoient à Dieu & àCésar, ne confondirent jamais l’obéissance due au Pape dans1 exercice de la puissance spirituelle avec celle qu’ils.devoienta l’Empereur comme a leur souverain temporel ; l’évangile& le bon sens leur dictoient ces distinctions.

En 12.51, le 16 Octobre, les Landammes & habitans despays d’Uri & de Schweitz, firent une (12.) ligue défensive pourtrois ans avec le Conseil & les Citoyens de la ville de Zurich.Le sceau d ’Uri 3 de forme triangulaire, qui pend à cet acte,offre d’or à la tête d’une genisse de sable ayant un anneau passédans les narines avec ces mots pour légende à l’entour:sigillum vallis Uranie. Les trois ( 13 ) pays d’Uri, deSchweitz & d’Underwalden, inquiétés par les troubles de1 Empire durant le long interrègne qui suivit la mort de1 Empereur Frédéric II, choisirent pour leur Capitaine &défenseur, Rodolphe, Comte de Habjpourg , Landgrave d’Al-sace , le même qui fut depuis Empereur : il devoit être leurCapitaine jusqu’à l’époque de sélection d’un nouveau Roides Romains ; Rodolphe les défendit avec vigueur. La mêmeannée (14) 12.57, le Dimanche avant Noël , ce Comte étant aAltorf, pacifia l’eípèce de guerre civile qui s’étoit élevéeentre deux des principales familles du pays : cet acte prouvetout P intérêt qu’il prenoit a la tranquilité générale : il dé-taille en même-temps la manière dont on procédoit alorsà une conciliation en pareille circonstance. La ville deZurich choisit (15) aussi en 12.64 le même Comte Rodolphepour son Capitaine , & il la défendit avec valeur & avecsagesse contre la puissance de la noblesse voisine, & en par-ticulier contre Lutold, Baron de Regensberg. Ayant été éluRoi des Romains le 2.9 Septembre 12.73, il n’oublia ni Zurichsii les trois pays dont il avoit été plusieurs années Capitaine ;il confirma (16) les privilèges de Zurich le 5 Novembre12-73, & ceux (17) du pays d’Uri le 8 Janvier de Tannéesuivante. Les uns &: les autres lui (18) envoyèrent en 1x78un secours d’hommes dans son expédition contre Ottocar,Roi de Bohême. Ce ne fut que dans les dernières années deson règne que Rodolphe, pressé par son fils le Duc Albert,qui avoit beaucoup d’enfans, forma le projet d’aggrandir lepatrimoine de fa maison aux dépens des Chapitres , des

ÔCc. DE LA SUISSE. 1 6$

Abbayes & de la noblesse de l’ancien Duché de Souabe quicomprenois toute la Suisse Allemande.

On a conservé les trois ( 19 ) Diplômes de Rodolphe, datésde Baden en 12.91, par lesquels il approuve que dans les troispays libres d’Uri, de Schweitz & d’Underwalden, un hommed’une condition servile puisse être le juge. La lettre pourUndcr-walden est inscrite : Universs hominibus vallis in Urderwaldenlibers conditionìs. Rodolphe mourut la même année, le 30 Sep-tembre ; son fils Albert qui lui succéda, sans hériter de íàprudence, fut plus ambitieux. Les trois pays qui pressentoientses vues, se liguèrent ensemble pour leur défense mutuelleen 12.91. Jean-Henri Gleser , de Bâle, a publié le premier en1760, à la suite d’une dissertation (zo ), les actes de cetteconfédération, qui ont été depuis le modèle de l’allianceperpétuelle de ces mêmes pays en 1315. Ils ne différent pasessentiellement de ces confédérations particulières qui ontété fréquentes dans des temps antérieurs par toute l’éten-due de T Empire Germanique. Les trois pays Rattachèrentà Adolf de Nassau, Roi des Romains , & ce Prince (2.1)étant à Francfort le 30 Novembre 12.97, confirma leurs pri-vilèges avec les mêmes expressions de bonté qui se trouventdans le Diplôme de l’Empereur Frédéric II. Le Duc d’Autri-che ( 2,2.) Albert, qui aspiroit au trône, entra en fureur lors-qu’il apprit que les trois pays avoient rendu hommage a sonrival ; il jura dès lors leur perte j mais loin d’être intimidéspar ses menaces, les trois pays continuèrent leur fidélité auRoi Adolf jusqu’à sa mort. Ce Prince fut tué par son com-pétiteur en 12.98. Albert devenu par sa mort maître de TEm-pire, n’accorda pas (2.3) aux trois pays la confirmation de leurs, privilèges tant de fois renouvcllés par ses prédécesseurs 8 cmême par son père l’Empereur Rodolphe : il remit à un autretemps leur demande &: renvoya avec de bonnes paroles leursdéputés. Albert nourrissoit dans son ame son ancien projetd’assujetir de gré ou de force ces pays à fa maison ; T évène-ment ne justifia que trop la crainte des trois Cantons. Unhistorien contemporain, dont le père étoit né sujet d’Albert,dépeint en peu de mots le caractère ambitieux de ce Prince.J’emprunte les propres paroles de la chronique du Corde-lier Jean ( 2,4) de Winterthour. La renommée ( 2,5 ) publie que le.Roi Albert étoit adonné au vice d 3 une avarice excessive ; il avoit en effetune fi grande avidité pourles richesses & les biens temporels , qu’il usurpales châteaux , les villes & les terres de ses plus proches ; cette conduitefut la cause de sa mort anticipée. Tschoudi ( 2.6 ) détaille toutesles acquisitions qu’Albert fit en Suisse, en Souabe & dans laForêt noire ; ce Prince en dut la plus grande partie à la

tlS ' habere : Exquo igitur Jponte no fl rum, & Imperii dominium elegiflis ) fidemveftram patulis brachiis amplexamur, Favoris & benevolenti* puritatem veftrisflneeris ajfeáîibus exhibemus , Recipientes vos fub noftram fpecialem 6’ ImperiiProteciionem , ìta quod nullo tempore y os a noftris & Imperii dominio & manibusalienari vel extrahi permittemus , dantes vobis certitudìnem & plenitudinem gra-tts. 6> favoris 4 quam benignus Dominus effundere debet ad subditos & fideles. Vosgaudeatis in omnibus ajfecutos , dum modo in nostra fidelitate & fervidis manea-‘is, &c.

C12) Tschudi, ibid. pag. 148-149, Sìmler, Helvetior refpublica Lib. I.P a S- 37-59. Lugduni Batavor , 1617 , iti-z 4, fig.

(13 ) Tschudi, ibid. pag. 154 Sc seq.

(14) Tschudi, ibid. pag. 155.

( if) Tschudi, ibid. pag. 164.

( 15) Tschudi, ibid. pag. 179.

( 17) Tschudi, ibid. pag. 180-181.

Ou lit à la tête de ce Diplôme : Rudolfus Del gratta Romanorum Rex .Semper Augusius; Prudentibus viris Minifiro & Universttati Vallis Urani*^‘leíhs fidelibus fuis. On apoelloit alors en latin Minider , le Landamme ou

Chef de la justice du pays.

( 18 ) Tschudi, ibid. pag. 187.

( 19 ) Tschudi, ibid. pag. 204. Guillìmann de reb, Helvet. Lib. II. Cap. XV•pag. 294.

(20) Specimen obfervationum circa Helvetiorum foedera. Bafil. vp 6 o , in-4.II faut avoir sédition qui a 48 pages , l’autre ne fournissant que les deuxpremiers chapitres de cette dissertation. ( Note de M. de Huiler , dans sesConseils pour former uue Bibliothèque Historique de la Suisse, pag. 85. )

(21 ) Tschudi, ibid. pag. 215-2.16.

(22) Le même, ibid. pag. 217.

(25 ) Le même, ibid. pag. 219 & suiv.

(24) Jo. Vitoduranì chroniton pag. 15, írí Thefauro Hiftoria Helvetica ,Tiguri 1755 , ìn-fol.

(25) Hune Regem Albertum fama vicio Avaria* nimis excefiive irretitumteflatur : nam tantum lucris &' rébus temporalibus ìnhyavit , quod castra, civitatesít oppida fuorum confanguineorpm fibì indebite ufurpavit •' quod caufam antetempus mord su* dédit.

(26) Ibid. pag. 222 & suiv- .