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Tome premier, seconde partie.
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PITTORESQUES, 6c. DE LA SUISSE ., i6j

proposé, Pavis-du plus ancien des Landammes qui font hors decharge, & fur le second objet celui du Landamme qui le suit,& ainsi par rang : puis on demande en général au peuple sonavis fur chaque objet ; & autant qu’il y a d’opinions différen-tes fur une affaire, autant de fois on en exige la décisiona la pluralité des voix, qui dans ce cas forme la feule loi deforce majeure. Après que les affaires proposées font ainsiterminées le Landamme Régent remet à la disposition du peu-ple le sabre ou le glaive de justice, le sceau du Canton, lecode des constitutions & les clefs du trésor & des archives 3 ilrésigné aussi fa charge entre ses mains, s’éloigne de la tablejuiqu’a ce qu’il soit confirmé où qu’on en élise un autre à saplace, & va s’asseoir à la tête des anciens Landammes. Aprèscette démission, le plus ancien des Secrétaires demande au plusancien des Landammes, ( dans le cas OÙ le Landamme qui vientde se démettre de sa charge ne l’a encore exercée que pendantun an ) qu’il nomme fous son serment le Landamme , soit enconfirmant le précédent, ce qui se fait ordinairement, soitcn désignant un antre, ce qui s’observe lorsque le Landammeprécédent a été en charge pendant deux ans ; & dans ce der-nier cas, le Secrétaire demande le premier avis au Landammequi sort de charge, & alors ce dernier en nomme un autre fousson serment : puis le Secrétaire demande a rassemblée si elle leveut ou si elle en veut un autre, remettant sélection à la plura-lité des voix 3 & après que la pluralité ou l’unanimité des suf-frages a décidé le choix, celui qui est nommé fort du cercle ,s’approche de la table, & après avoir entendu la lecture deses devoirs & du treizième article du règlement fait contreles pratiques & les cabales , il prête publiquement le serment quelui dicte le plus ancien des Landammes en présence de toute1 assemblée 3 ensuite le Vice - Landamme ou Statthalter, leTrésorier & les Secrétaires du pays résignent aussi leurs char-ges: C’est dans les assemblées ordinaires & annuelles du peu-ple qu’on nomme à ces emplois en même-temps qu’on yclit les Députés pour les diètes des Cantons, tant à Fmuenfeldqu 'au-delà des monts , & ceux qui, suivant l’occurence des affai-res, doivent être envoyés à des Cours étrangères ou dans lesCantons : on y élit aussi les Baillifs pour les bailliages Alle-mands & Ultramontains, dont le tour pour la nominationtombe à la disposition du Canton 3 on y élit encore le Baillisdu Val de Livenen qui appartient directement au Canton. Cesont les anciens Landammes , chacun suivant son rang d’ancien-neté, qui fur la demande du Secrétaire, donnent les pre-miers leur avis & leur voix, puis le Secrétaire demande àtout le peuple son choix pur & libre. II est à observer quedans toutes ces élections & pour la décision des affaires ma-jeures de l’Etat, chaque patriote désigne son opinion en éle-vant la main. Les degrés de parenté ou d’affinité n’empê-chent pas que dans ces cas, les pères, frères & ' fils puissentopiner ensemble , quoique d’un avis unanime ou séparé,four mieux juger du nombre des voix & de leur prépondé-rance , le grand Sautier & huit autres Huissiers se tiennentdebout sur un endroit exhaussé, duquel ils peuvent calculertoute l’affemblée 3 & chaque fois que le Landamme Régentnomme les prétendans, ils observent la pluralité des voixpour l’un ou Pautre ; & quand la première, la seconde & latroisième fois ils varient entr’eux fur le plus ou moins devoix, alors tout le peuple partagé en autant de sections qu’il

y a eu de voix différentes, fort de la place, & dans ce momentdes Officiers préposés ou les Huissiers, comptent les voix dechacune des sections. Après la clôture de rassemblée, tousceux qui ont prétendu a des charges, font obligés d'assurerpar serment qu’ils n’ont ni intrigué ni cabalé 3 ensuite leLandamme confirmé ou nouvellement élu , est reconduit a samaison par les autres Chefs & Officiers du Canton, & parplusieurs Conseillers & particuliers, tous a cheval au bruitdes tambours & des fiffres 3 & les domestiques reportent lesabre ou glaive du Canton & les autres sabres chez le Lan-damme Régent & chez les autres anciens Lanjammes.

Indépendamment de l’assemblée annuelle & générale dupeuple, dont je viens de parler, il est d’usage de tenir encorechaque, année trois autres assemblées 3 l’une qu’on nommela Commune ( 1) d’après , & qui est convoquée le jour quel’assemblée générale &: principale Pa déterminée, ordinaire-ment P un des dimanches ou jours de fêtes les plus prochains,quelquefois huit jours après la grande Landfgemeind 3 une autrede ces assemblées, est tenue le jour de Saint-Marc, 2.5 Avril,&- une autre à la fête de Y Ascension. Lorfqu’il survient desaffaires d’Etat extraordinaires dans des temps autres que ceuxqu’on vient de désigner, soit dans le cas où des Puissancesétrangères demandent des levées de troupes, soit pour d’au-tres objets, comme la nomination des pensions cl’écoliersdans les pays étrangers, &c. on tient aussi des assembléesextraordinaires, mais chacune clans des églises paroissiales ;les patriotes convoqués s’y présentent Pépée au côté , maisle Landamme n’y paroît pas appuyé fur son sabre de justice,ainsi qu’à la grande assemblée annuelle des élections. Cellede ces assemblées qu’on nomme la Commune d’après , se tienttoujours dans la grande prairie dite Auff-dem-Lehn , au-dessusdu bourg á'Altorff , qui est entourée de maisons & danslaquelle il y a une fontaine de pierre avec deux grandstilleuls 3 on y place des sièges pour former le cercle : les assem-blées extraordinaires se tiennent aussi dans cet endroit, ouquelquefois dans la prairie des Patriotes , ( Land-leuthen-Mat-ten) ceinte de murailles, au milieu du bourg á'Altorff , der-rière la Chancellerie. L’assemblée du jour de Saint Marc setient dans le pré dit Jag-matt ou la prairie de la chasse, quiest fur la gauche de la Russe, à deux lieues au-dessus á'Altorff ,dans la paroisse á’Ersfeld. Ce jour-la tout le pays va en pro-cession à une chapelle bâtie en cet endroit 3 mais à Pégarddel’assemblée àcV Ascension, elle est convoquée fur l’hôtel de villeà Altorff. Dans toutes ces assemblées, le Landamme Régent prendalternativement l’avis des anciens Landammes , en gardant lerang de l’ancienneté , puis il adresse la parole aux Patriotes& leur demande en général leurs avis fur les différens objetsqui sont mis fur le tapis.

On porte devant une Landfgemeind les affaires relatives a laReligion & au Gouvernement 3 on y agite & on y règle tousles objets susceptibles de changement ou qùi demandent sup-pression dans la législation 3 on y traite des alliances Sc négo-ciations avec les Puissances étrangères & avec les Cantons,des nouvelles taxes ou des nouveaux tarifs, des envois detroupes en cas de guerre, de la paix a faire & de la réceptionde nouveaux patriotes ou citoyens 3 011 y fait la lecture desRecès ou résultats des Diètes des Cantons, & les Députés quiy ont été envoyés font aussi leur rapport, on y accorde les

( 1 ) En Allemand, Nack gemeind.