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Tome premier, seconde partie.
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lie, devinrent dans le Vallais très-fréquens Sc très-dangereux.La Démocratie des Grisons a été aussi souvent troublée parrétablissement des Chambres ardentes , la plupart composéesd’Assesseurs passionnés Sc vindicatifs, pris parmi le peuple ; ilsfaifoient à la fois les fonctions de délateurs Sc de juges. Mal-heur a l’homme riche ou aisé qui tomboit alors entre leursmains. Presque tous les gouvcrnemens de la Suisse ont étéDémocratiques dans leur origine ; ceux même qui se sont leplus détaché avec le temps de cette constitution , ont essuyédes bourrasques inquiétantes, & quelquefois ils ont été obli-gés de fe servir de divers genres d 'Ostracisme pour éloignerhonnêtement pendant plus ou moins d’années ceux dont lepouvoir leur paroissoit despotique ou trop partial. On retrouvedans l’histoire des Républiques modernes les mêmes scènesconvulsives qui agitèrent autrefois Athènes Sc Rome.

Dans le Vallais, le Chef de la République porte le titre deLands-Haubtmam OU de Capitaine général du pays OU de grand Baillis.Ce premier Magistrat convoque ordinairement chaque année,en Mai & en Décembre, le Landrath ou l’assemblée des Dé-putés ; l’Evêque de Sion y préside. Cette Diète fe tient auchâteau de la Maiorìe , dans la ville de Sion : je parlerai ailleursde fa formation. C’est par Rétablissement de ce Conseil suprêmeque les diverses parties de la République du Vallais font

X.

OGRAPHIQ U E S,

réunies en un seul Corps politique ; elles font d’ailleurs sifort indépendantes , qu’autrefois un ou plusieurs Dizainsfaifoient des alliances séparées ou entreprenoient des guerresavec les Etats voisins. C’est dans le Landrath qu’on délibèrefur les intérêts communs du pays j on y juge auffi des causesmajeures en dernier ressort ; Sc de même que des jus-tices inférieures, on peut appeller devant l’Evêque ou leCapitaine-général du pays, de même on peut appeller de leurjugement devant le Landrath. Le bas-Fallais forme sept Châ-tellenies sujettes aux hauts Vallaisains qui leur envoyeur dedeux en deux ans, à tour de rôle des sept Dizains , des Baillifsou Châtelains.

L’alliance qu’a le Vallais avec les Cantons Catholiques,Lucerne, Uri, Sclweitz, Underwalden, Zoug, Fribourg ScSoleure depuis 1533, a toujours été renouvellée de temps à.autre jusqu’eh 1696, qu’il fut déclaré par toutes les partiescontractantes qu’on la renouvelleroit tous les vingt-cinq ans.Elle a été renouvellée avec beaucoup d’éclat en dernier lieu àStani dans le Canton d’Underwalden d’en-bas le 1 3 Septembre1756. La République du Vallais a auffi une confédération avecle Canton de Berne depuis 1473, laquelle a été renouvelléeen 1500,1573,1389, i6oz Sc 1618. Le Vallais conclut encoreen 1600 une alliance perpétuelle avec les trois Lìgues-Grìses.

Genève.

Genève (i), autrefois ville Impériale, fit alliance avecle Canton de Berne le 9 Janvier 13 38, & avec la même ville &:celle (z) de Zurich le 30 Août 1584; elle ne possède qu’un petitterritoire. Cette République, malgré ses instances réitérées,n’a pas encore obtenu droit de Session dans les Diètes géné-rales des treize Cantons. Son gouvernement offroit le simu-lacre d’une Arisio-Démocratie avant les derniers troubles deîyéz. M. le Baron de Zur-Lauben fe propose de donner leprécis de cette révolution dans R Abrégé de l’Histoire Helvétique.Le choc entre les Corps des Conseils Sc de la Bourgeoisie avoirfait naître ces troubles ; ils furent véhémens. Enfin le danger deR anarchie ou d’une révolution, amena un accommodementqui satisfit les vœux du peuple, parce qu’étendant son droitd’élection, il rendoit (3) lts Magistrats plus dépendans de fafaveur, & parce qu’il eut, aux yeux de la multitude, le mérited’avoir été conclu fans l’intervention d’une médiation étran-gère. Le projet de conciliation passa au Conseil général le 11Mars 1768. La forme actuelle (4) du gouvernement de Genèveest Démocratique ; le pouvoir souverain réside dans Rassembléegénérale des Citoyens & Bourgeois. La première de ces dénomina-tions désigne ceux dont les pères ont déja joui du droit debourgeoisie Sc qui font eux-mêmes nés à Genève ; ce qui lesrend éligibles pour tous les emplois publics, Sc les distinguede ceux qui ont acquis le droit de bourgeoisie , Sc même desfils de Citoyens ou Bourgeois qui font nés hors de leur patrie ;ce qui les rend en outre inhabiles à entrer dans le Sénat Sc àobtenir d’autres charges réservées aux Citoyens: ils font appellés

Jìmpks Bourgeois, Sc ils jouissent, hors de Rexception indiquée,de tous les droits des Citoyens.

C’est à ce Conseil général des Citoyens <§> Bourgeois qu’est réservé,par la constitution actuelle, le droit de faire des loix, d’établirles impôts, de ratifier les traités de paix ou d’alliance, lesdéclarations de guerre , les aliénations ou acquisitions dedomaines pour l’Etat, Sc d’élire les principaux Magistrats,savoir, les quatre Syndics, le Lieutenant ou Président de la Justice inférieure ou de la Chambre de la Police, les six Auditeursou Assesseurs de cette Chambre , le Procureur - général Sc leTrésorier. Hors les cas extraordinaires, le Conseil général s’assem-ble deux fois l’an ; cependant, pour mettre les loix à couvertdes changemens fréquens qui pourroient être adoptés impru-demment par une assemblée populaire, la constitution attri-bue fort sagement aux Conseils R examen préliminaire desreprésentations que les Citoyens ont la liberté de leur adresser,Sc le Conseil général ne peut être légitimement assemblé à l’ex-traordinaire que de Ravis des autres Conseils.

La puissance exécutrice Sc l’administration publique fontconfiées à trois Collèges OU Conseils ; savoir, le Conseil des Vingt -cinq , appellé Sénat ou le petit Conseil ; celui des Soixante, Scenfin celui des D eux-Cent, appellé le grand Conseil , auquel lesdeux autres Collèges fe trouvent réunis.

Le Sénat exerce la haute police, Sc délibère en premier cheffur toutes les affaires politiques Sc économiques Sc fur lescauses criminelles. Chaque place vacante dans le Sénat estimmédiatement remplacée par le choix des Deux-Cent , à l’ex-

( 1 ) Sport , Hist. de Genève, T. II. avec preuves, pag. 226-233. GenèveI 73 ° j * 71 ° t in- 4 ‘ f S-

Du Mont , Corps Diplom. supplément par Rouffet , T. II. Partie I. pag.162-163 , & 194-195. Amsterdam, 1739, in-fol.

Leu j, Diit.Hist.de la Suisse, T. VIII. pag. 338-345.

(2) II est dit, entre autres motifs de l’alliance perpétuelle conclue lejo Aout 1584, entre Zurich, Berne & Genève, que cette dernière ville est

regardée comme la clef de la Suisse . ein Land-Schlujfel.

( 3 ) Tschamer , Diét. Géog. Hist. & Pol. de la Suisse. T. I. pag. 235.

(4) Ibidem, pag. 237-240.

Leu , Diét. Hist. de la Suisse, T. VIII. pag. 363-404.

Le même, Observations fur Simler,de la République des Suisses, pag,631 & suiv. Zurich 1735, î»-4. en Allemand.

Faest , Desc. Topog. de la Suisse. T. IV. pag. 370-386, &c.