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Tome premier, seconde partie.
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PITTORESQUES, &c. DE LA SUISSE.

l'eglcment des élections, Sc on distribue à chacun des Elec-teurs un billet en blanc. Chacun dés Votans fort l'un aprèsloutre de la Chambre, & la il écrit a l’écart fur son billetle nom de celui à qui il veut donner sa voix ; puis en rentrant11 va déposer son billet dans un sac suspendu à côté du Bourg-meflre en charge, Sc il tire en même-temps d’un antre sac undenier on jeton d’élection. Le nombre dé ces jetons doitetre égal à celui des Electeurs. Parmi ces jetons il y en aquatre de blancs. Ceux des Electeurs qui tirent ces quatrejetons blancs, ( dont deux font destinés au petit Conseil Sc deuxa Utres au grand ) vont avec le Bourgmestre - Régnant ouvrir àl’écart les billets d’élection & en font l’examen. Ensuite lenieme Bourgmestre, annonce les suffrages, de manière cepen-dant que s’il y avoit égalité il a le droit de la décider en ya- joutant fa voix; il n’y a que dans ce cas qu il peut la donner,tuais îl ne doit pas désigner précisément sa décision prépon-dérante en publiant sélection.

On procède presque de la même manière pour les électionsqui se font dans le ressort des Sociétés Sc des Tribus. Le Seigneursupérieur ( Der-ob-herr) ou le Chef de la Tribu y préside ; onPrésenté à chaque Membre de la Tribu, à la place d’un billetblanc, un rôle imprimé & timbré qui contient les noms detous les Associés de la Tribu. Chacun va dans un endroit fixébarrer de dessus ce rôle le nom de celui qu’il choisit par préfé-rence comme le plus capable ; puis il met le billet dans unsac placé auprès du Seigneur supérieur òu du Chef de la Tribu.Celui-ci., assisté de quatre Associés de la Tribu, qui ont étéde même choisis par le fort'de quatre jetons blancs, va fairel’examen des billets en-dehors de la Chambre. On publieensuite le nombre des suffrages donnés , tant à ceux qui ontété élus qu’à ceux qui ont concouru à sélection. Si parhasard il y avoit égalité dans ce nombre, alors le Seigneursupérieur, ou le Chef de la Tribu, qui autrement n’a pas devoix a donner, décideroit l’égalité en y ajoutant son suffrage.

Il faut encore observer qu’on exige d’un Electeur qu’ìl softBourgeois &: enclassé dans une Tribu. Père Sc fils ou deuxfrères ne peuvent en même-temps siéger dans les petit Sc grandConseils, Un fils ou un plus jeune frère qui est Membre du petitOU d u grand Conseil , doit quitter fa place , lorsque son pèreOu le frère plus âgé est élu dans le petit ou grand Conseil, soitqu’ils soient de la même Tribu, soit qu’ils appartiennent àdes Tribus différentes.

Huit jours après sélection, celui qui est nouvellement éluP a r les Tribus est examiné par le petit Conseil ; c’est ce qu’ona Ppelle à Berne grabeler. S’il n’y a point d’objection légitimecontre le Sujet, il est admis au serment de purgation, c’est-à-dire, de n’avoirni corrompu les Electeurs, ni employé l’in-ttigiie pour parvenir. Le grand Sc le petit Conseils font faire letuême serment à ceux qui ont été élus par leurs Corps. Pen-dant toutes ces inquisitions tous les parens de l’Elu font obli-gés de se retirer de la Chambre; on oblige à la même absencetous ceux qui ont obtenu jusqu’à six voix. Cet examen se faitavec une grande régularité.

Tous les ans, le lundi de la Pentecôte, se fait le renouvel-lement ou le changement de la Régence. Ce jour vers les sixheures du matin, le petit Sc le grand Conseils s’assemblent à laMaison - de - ville, & après que le Bourgmestre qui a exercé1 année précédente, a résigné fa place, le Conseil combinée ht un nouveau Bourgmestra , qui est ordinairement Pantécé-dent Bourgmestre : alors le nouveau Bourgmestre , accompagnéTome /«

d U petit Sc du grand Conseils , sc rend de la Maisoh-de-villedans PEglise principale de Saint-Jean , au bruit des timbales,

Sc l’on sonne pendant ce temps une petite cloche qu’onnommé Koengelein-Glocklein. Tout le Corps de la Bourgeoisieest d’avance assemblé dans cette Eglise, suivant Perdre desSociétés Sc des Tribus. L’Eglise est entourée de Sentinelles Scon n’y laisse entrer aucun Etranger. Alors l’un des trois prin-cipaux Pasteurs de la ville fait un prêche relatif à la prestationde l’hommage, puis le Bourgmestre qui est sorti de chargeremercie la Bourgeoisie de l’honneur qu’il a reçu Sc de l’obéis-sance qu’on lui a rendue durant l’exercice de sa charge. IIprésenté ensuite à la Bourgeoisie son successeur élu ou con-firmé par le Conseil combiné ; celui-ci accepte alors la place deBourgmestre, en faisant en même-temps le discours d’usage :

Sc après qu’il a entendu la lecture des devoirs de fa charge,

( lecture que le Chancelier Sc le Secrétaire du Conseil fontalternativement, l’un une année Sc i’autre une autre ) il jurepubliquement P observation des constitutions de l’Etat «Se celledes immunités de la Bourgeoisie. Ensuite les mêmes Secrétaireslisent aussi alternativement les constitutions de la Bourgeoisie ;

Sc après cette lecture, le périr Sc le grand Conseils Sc tout le Corpsdés Bourgeois prêtent le serment usité. Cette cérémonieétant achevée, toute la Bourgeoisie sc rend aux hôtels deses Sociétés Sc Tribus respectives : là elle élit ou confirme sesSeigneurssupérieurs ou Présidons ( Ob-Herren ), les Chefs des TribusSc les Membres du grand Conseil ; le lendemain mardi le petitSc le grand Conseils prêtent le serment du. Conseil, Sc confirmentle sous-Bourgmestre , autrement l’ancien Bourgmestre, le Statt-halter, les deux Trésoriers, le Préfet Impérial, lé grand Juge de laVille, le Directeur des Bâtimens, Sc tous les Tribunaux, em-plois Sc offices de Judicature.

On donne le nom de Bourgmestte, Burgetmeister, aux deux Chefsou Présidons du Gouvernement ; ils alternent dans leurs fonc-tions d’une année à l’autre : au moyen de la nouvelle élection,Ces charges peuvent rester à vie. Le Statthalter ou Lieutenanta le troisième rang ; il fait les fonctions de Bourgmestre dans l’ab-scnee des deux Chefs ; il siège dans la Chambre Secrète, dans leConseil de guerre Sc dans celui des Ecoles publiques ; il pré-side à la Chambre des Comptes, au Consistoire, à la directiondes Orphelins, à la Chambre des Sels, des Limites, Scc. Le fStatthalter reste ordinairement dans fa place toute fa vie oujusqu à ce qu’il soit élu Bourgmestre. Les deux Trésoriers ontla direction des finances Sc la surveillance sur Parsemai. LeConseil combiné les élit j, soit parmi les Membres du petit Conseil,soit parmi ceux du grand, Sc même dans le Corps de la Bour-geoisie. Ils conservent leur place toute leur vie ou jusqu’à cequ’ils soient élevés à une plus grande dignité. Si le Trésorierest tiré du Corps de la Bourgeoisie, il n’a pas le rang deSénateur, mais il précède pour le rang tous les Membresdtl petit Conseil.

Les Seigneurs supérieurs ou Présidcns des deux Sociétés Sc lesChefs des Tribus, forment le petit Conseil , avec les cinq Chefsci-dessus désignés ; ils assistent aussi au grand Conseil. Eux seulsont accès aux Bailliages du Canton; ils remplissent la plusgrande partie des places dans tous les Tribunaux Sc dans toutesles Commissions, Sc ils gardent le rang entre eux d’après leursélections.

Les diverses parties de la puissance exécutrice, la Police ,la Juriseiiction civile Sc criminelle, l’Economie publique, leDépartement militaire, la Police Ecclésiastique, Scc. sont

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