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P 1 T T O RE S Q U E S, SCc. DE LA SUISSE. i6t
Privilèges, même de ceux qu’ils lui avoient accordés durantle temps qu’ils en étoient Souverains. La Princesse renouvellason ancien droit de combourgeoisie avec Berne, Lucerne ( 37),Fribourg & Soleure. J’ai parlé de cette combourgeoisie &c decelle que Berne a particulièrement avec la ville de Neuchatel,a 1 article du Gouvernement de ce Comté. Vallangìn, dont la souve-taineté a été dans un temps détachée de celle de Neuchatel,a aujourd’hui des liaisons semblables de combourgeoisie avecBerne, qùi remontent a Tannée (38) 13995 ces traités ont étésouvent renouvellés. C’est en vertu de ces liaisons que lesComtés de Neuchatel H de Vallangìn ont été reconnus indépen-àns (39) du Corps Germanique, & réputés Alliés des Suisses& pays neutres dans les guerres de l’Empire ôc de la France.
Les Cantons Catholiques (40) conclurent en 1579, avec
Evêque de Bâle, une alliance étroite , que ses successeurs ontcu foin de renouveller à différentes époques ôc pour la der-nière fois en 1711. Ce traité donne au Prince, Evêque Titu-laire de Bâle, la qualité d’Allié du Corps Helvétique ; pré-rogative qui cependant ne peut être relative qu’à cette partiedes terres sujettes de l’Evêque ôc du Chapitre qui font censéescomprises dans la Suisse : une autre partie des terres del’Evêché est au-del'a du Rhin , fur le fol de l’Empire Germa-nique. Le Prince a rang ôc suffrage dans le Cercle du Haut-Rhìn , & paie son contingent des contributions à PEm-pire. L’Evêque Jean - Conrad, Baron de Reìnach , envoyac n mars 172.2 un Ministre en son nom au Congrès du Cercledu Haut-Rhin , usage qui avoir été pendant bien des annéesinterrompu fous ses prédécesseurs. Dans l’alliance avec l’Evê-^ue, les sept Cantons de Lucerne, Uri, Schweitz, Underwal-den, Zoug, Fribourg &: Soleure, s’étoient engagés de l’aider^ ramener au giron de l’Eglise ceux de ses Sujets qui avoient em-brassé le culte réformé, mais avec la réserve qu’en pareille cir-constance l’Evêque n’employeroit contre eux aucuns moyensViolens fans l’aveu 3 sçu & volonté des Cantons Catholiques ;cependant cette clause coerátìve de l’Alliance de 1379, n’aeua ucun effet dans les fréquentes discussions entre l’Evêque ôc laRépublique de Berne, a l’occasion des franchises des SujetsBrotestans de cette Principauté. Les Communautés ( 41 ) duVal-Moutìer jouissent de la protection de la ville de Berne, enVertu d’un traité de combourgeoisie en date du 14 mai 1486,renouvelle ôc maintenu jusqu’à nos jours ; le libre exercice dek Religion Réformée a été aussi garanti aux habitans del'Ergu e l } (42.) autre district deT’Evêché.
Voici l’indication (43) des principaux traités qui constituentk base du Droit public des Cantons, le Règlement (44) Militaire de*393 , la Convention ou le Traité (45") de Stanç de 1481, la Paix (46)de Cappel en 1531, T Accord { 47) d’Olten qui termina la guerreCivile dite de Rapperschweil en 1656, ÔC la Paix d’Arau (48) en! 7 U, qui annulla celle de Cappel. Suivant la convention dechaque Canton est obligé l’un envers l’autçe de forcerle s Sujets désobéìssans Sc rebelles de rentrer dans le devoir
vis-à-vis de leurs Souverains, Sc cela en vertu des alliances.La paix à’Arau fixe la conformité à€ Religion dans les bail-liages communs du Pays Allemand , Sc elle détermine de quellemanière les autres objets relatifs aux bailliages communs doi-vent être décidés soit à la pluralité des voix, soit d’une autrefaçon. L’alliance d’Or ou de Borromée , faite en 1586 entre lesCantons de Lucerne, Uri., Schv/eitz, Underwalden j Zoug,Fribourg Sc Soleure est aussi une loi fondamentale entre lesCantons Catholiques. Elle a été principalement conclue pourla défense de la Religion Catholique Sc pour la protectionmutuelle des Parties contractantes. Glaris-Catholique, A p»penzell-intérieur, l’Abbé de Saint-Gall, la République duVallais Sc 1 Eveque de Bâle ont aussi depuis accédé à ce traitédefensif. II y a dans cette alliance (49) un article ( le premier 'jqui mérite une observation particulière. Je le traduis litté-ralement d’après le texte Allemand. Si un ou plusieurs Cantonsd'entre nous vouloit se séparer de la vraie & ancienne Foi Chrétienne -Catholique ( ce que Dieu Tout-puijsant veuille détourner éternellementpar sa grâce ), alors les autres Cantons devront prêter main-forte poufobliger ledit seul Canton ou plusieurs à refler & persévérer dans la Foivraie-Catholique & anciennc-Chrétìenne , & à punir les auteurs ou insii-gateurs d'une pareille désertion selon qu’ils Vauront mérité par-tout ou onpourra les saisir. M. Faesi, Ministre du Canton de Zurich, n’apas manqué de noter cet article dans fa Topographie Helvé-tique , mais cette clause stipulée par les Cantons Catholiquesest de la même nature que les articles que les Etats Protes-tans de la Suisse ont si souvent arrêtés dans leurs traités pourla défense de leur union Evangélique. Les Hottinger , les RuchâtSc beaucoup d’autrcs Ecrivains Protestans de l’histoire de laSuisse tant Ecclésiastique que Civile rapportent les précau-tions que les Cantons Réformés ont prises dans leurs traitésparticuliers pour la défense de leurs dogmes. Un Suisse, vraiPatriote , disoit il y a quelques années à un des premiersMagistrats du Corps Helvétique , que le schisme de Zuingleavoit frappé le coup le plus funeste à la constitution fédéra-tive des Cantons. Le Magistrat lui répondit qu’on pouvoirmettre en problème si ce schisme n’avoit peut-être pas sauvéla Suisse dans deux occasions importantes, dans lesquelles sion eût été d’une Religion, soit Catholique, soit Réformée,la liberté générale eût essuyé la plus grande crise. Convene ^,Monsieur, dit ce Magistrat encore plus respectable par sa pru-dence Sc son savoir que par sa dignité, convenez que dans la guerrede trente ans, lorsque Gustave-Adolphesaisoit la loi à la Maison d’Autriche& aux Etats Catholiques de l Allemagne, ce Prince eût portéses armesvictorieuses dans nos montagnes ,fi toute la Suisse fut restée Catholique ;ce surent les Cantons Refermes qui conjurèrent l’orage, & à leur considéra-tion le Roi de Suede & ses Alliés respectèrent la neutralité de la Suisse.Une autre epoque non moins intéressante pour le salut de notre pays a étécelle oà Louis XIV au milieu de ses victoires , maître de /’ Alsace , dela Lorraine , des Pays-Bas , & des bords du Rhin , venoìt de conquérirla Franche-Comté. Dans ce moment alarmant, les Cantons Réformés
( Ì7 ) La première date de la Combourgeoisie de la ville de Lucerne avece Comte de Neuchatel, est du 21 Juillet 1501 ; celles des CombourgeoisiesBerne, Fribourg & Soleure avec le même Souverain étoient antérieures.(î8) Stettler, Chr. de Berne, T. I. Liv. III. pag. 101.
(îv) Jérôme-Emanuel Boyve, Recherches fur l’Indigenat Helvétique de* a Principauté de Neuchatel & Vallangìn , à Neuchatel i 77 8 , i n 8. Pfef-finger , Corpus juris publici ad ducium ìnftitutionum Vìtriarìi , T. 1 . Lib. 14 .Sea - 12 . p. 1097 & T. II. Lib. II. Sefí. 10.p. 1084 , Francofurti admoenumìn-^.fig.
(40) Tsckarner , Didfc. Géog. Hist. & Pol. de la Suisse, T. I. pag. 40.
(4* > Leu , Oict, Hist. de la Suisse, T, XIII. p. 42$ & fuiy.
'■Tome I.
( 41 ) Le même , ibid. T. VI. pag. 589-590.
( 45 ) Faefi , Descript. Topog. de la Suisse, T. I. p> 1 968c suiv.
(44) Leu , Dict. Hist. de la Suifle , if. XVII. p. 56-60.
( 43 ) Leu , ibid. T. XVII. pag. 505-510.
(46) Waldhirch, Introduclion à l'Hifi. de la Confédération Helvétique,T. II. pag. 575 & suiv.
(47) Waldkirck, ibid. T. II. pag. 546-569. Ha fier, Chronique de So-leure , Partie I. pag. 686-692.
(48) Waldkìrch , ibid. T. II. pag. 827 & 5 j6. Leu, Diít. T. XI. pag. 335; 45 >
(49) Leu, ibid. T. IX.pag. «1-336, article derguldene bund.
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