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Tome premier, seconde partie.
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P I T T O RE S Q V E S , &c. DE LA SUISSE.

il est élu dans le Landrath du mois de Mai , par ì’Evêque, par deuxChanoines du Chapitre de Sion 8 c par les Députés des septDizains ; il est aussi quelquefois confirmé dans fa place. Levice-Baillif ou vice-Capitaine du Baillis 8 c le Chancelier font aussiélus ou confirmés tous les deux áns dans le même Conseilsuprême. On y fait encore sélection des autres charges de laRépublique. Le Landrath de Décembre nomme aux Bailliagesvacans, reçoit les comptes des Bailliages ou Châtellenies 8 cjuge des appels qui lui font portés par les Justices Ballivales.H juge de même des appels qui primitivement faits par lesTribunaux des Dizains devant l’Evêque ou le grand Baillis oudevant le Vice-Baillif oxvt été ensuite portés devant le Landrath.Tous les règlemens qui émanent de ce Conseil ont unique-ment cette formule initiale. Nous N. grand Baillis actuel & leConseil des sept Dizains de la République du Vallais,

Avant que de finir l’article des Diètes Helvétiques , j'observeraiencore qu’un Ministre étranger peut (3) assembler une Diète j,aussi souvent qu’il le juge nécessaire pour l’intérêt de sonMaître, pourvu qu’il en fasse la dépense, c’est-â-dire qu’ildéfraye les Députés. Mais dans ce cas les Ministres étrangersn’ont pas droit de convoquer par eux-mêmes une Diète, ilfaut qu’ils observent la même formalité qu’observent les Can-tons , c’est-â-dire qu’ils s’adressent au Sénat de Zurich. II nefera pas hors de propos de rapporter ici les différens titresd’honneur que ces Ministres 8 c leurs Maîtres donnent auxSuisses.

Quand le Pape écrit aux Cantons Catholiques, il leur donnele magnifique titre de Défenseurs de la Liberté de l’Eglise. DileclisFìliis Pr&toribus , Landammannis , &C. Confiliariis ex oclo Pagis Hel-1 ’eticis Catholicis , vìdelicet Lucerm , &c. Ecclefiafiictg. Libertatis De -fenforibus.

C’est-à-dire , A nos Fils bien-aimés, les Avoyers, Landammes& Conseillers des huit Cantons Suisses Catholiques, de Lu-cerne, &c. Défenseurs de la Liberté de l’Eglife.

Depuis l’indépendance du Corps Helvétique assurée parla paix de "Westphalie, l’Empereur dans ses lettres aux Can-tons ne leur donne plus le titre de Féaux , en AllemandCétreu. Sa Majesté Impériale use de l’adresse suivante : Denengestrengen , vesten und Ehrsamen , Unseren besonders lieben N. GemeinerFy dgenoQschaft aller XIII und Zugewandten Orten in der SchweitC’est-â-dire, Aux généreux , vaillans & honorés , nos très-chers N. dek Confédération générale de tous lès Treize-Cantons ô Etats co-Alliése n Suisse.

Toutes les fois qu’un Ambassadeur de France adresse laparole aux Députés assemblés en Diète, il les traite de Magni-fiques Seigneurs , 8 c les lettres du Roi son Maître commencentainsi ; A nos très-ckers , grands amis & Confédérés, les Bourgmestres ,Avoyers , Landammanns & Conseil des Ligues Suisses des hautes Alle-ma -gnes. Le Secrétaire d’Ambassade ou autre Ministre subal-terne les traite de Magnifiques & Puiffans Seigneurs.

Le Roi d’Espagne en écrivant aux Cantons use des expres-sions suivantes : A los illustres Cantones de Zurich , Berna , &c.maestros amigos y Confederados sinceramente amados. Je traduis litté-ralement ces mots , Aux illustres Cantons de Zurich , Berne , &c.

nos Amis & Confédérés sincèrement aimés. L’Ambassadeur d’Eípa-gne s’énonce ainsi dans fes lettres 8c harangues:

Illustri & Potenti Signori c’est-â-dire, Illustres & Puiffans Sei-gneurs.

Le Roi de la Grande-Bretagne leur écrit en latin, dans laformule suivante, Illustribus & amplifstmis Dominis Confulibus ,Scultetis , Land-Ammannis & Senatoribus Cantonum Helvetia Confœ,-deratorum , amicis nostris clarijstmis. Ce qui signifie en François : "Aux illustres & très-magnfiques Seigneurs , les Bourgmestres , Avoyers ,Landammanns , & Conseillers des Cantons Confédérés de la Suisse , nostrès-chers Amis.

Voici l’adresse dons se sert le Roi de Suède.

Nobilibus , amplijstmis , fpeclabilibus , atque famatis v'iris amicis ,nostris stncere nobis dileclis Confulibus , Scultatis , Land-Ammannis ,Senatoribus & Communitatibus XIII HelvetU Confédéral a Cantonum.C’est-à-dire, Aux Nobles , très-magnfiques , considérés & renommésHommes , nos Amis sincèrement chers , les Bourgmestres , Avoyers ,Landammanns , Conseillers & Communautés des Trefe-Cantons de laSuisse Confédérée.

Le Roi de Prusse use de la formule suivante.

Denen Wolgebohrnen , edlen , ehrenvesten , hochweísen und hoch-gelahrten besonders lieben freunden , Allirten und Bundes-vervandtenBurgermeister ,Schultheiss } Land-Ammannund Raehten der XIII Orten-der Eydgenoffschaft Zurich , Bern , Lucern , 8CC. En VOÌCÌ la version :

Aux très-diflingués par leur haute naissance , noblesse , réputation ,sagesse & science nos très-chers Amis , Alliés & Confédérés les Bourg-mestres , Avoyers , Land-Ammanns & Conseils des XIII Cantons duCorps Helvétique , Zurich , Berne , Lucerne , 8cc.

Dès la première origine de la Ligue jusqu’à nos jours, lesCantons 8c leurs Alliés n’ont jamais usé, dans le style public,d’autre titre que de celui-ci que je traduis de l’Allemand.Nous les Bourgmestres , Avoyers , Landammanns , Conseils , Bourgeois ,Patriotes d 1 Communautés , des villes & pays , 8cc. titres simples 8Cmodestes qui honorent la liberté, quand on les compare avecles épithètes fastueuses 8csuperlatives de la plupart des Souve-rains des autres nations. Dans la première alliance, les Confé-dérés se nomment Eidgenostèn, expression qui signifie Astoáéspar serment , 8c qui répond à celle de Confédérés. Aussi cetteexpression n’étoit point distinctive, elle étoit reçue dans lestraités dissociation 8c de Ligue entre diverses Communautés,telle que celle (4) des Grisons en 142.4. Le parti Autrichiens’accoutuma bientôt à désigner les Confédérés fous ce titre,même dans des actes publics. Leur association fut appelléel ’ancienne (j) Ligue de la haute Allemagne , pour la distinguer desdiverses autres associations des villes de l’Empire Germanique.Cette dénomination , comme nous le voyons dans les pre-mières alliances avec la France, a été encore usitée dans cellede (6) 1663.

Pendant la guerre de Zurich, vers le milieu du quinzièmesiècle, le nom de Suisses prit faveur, parce que le peuple deSckweiti , en françois Suisse ou Suit %, montroit l’ardeur la plusopiniâtre contre les Autrichiens. II fut généralement adoptépar les Nations voisines après les guerres de Bourgogne, deSouabe 8c du Milanès.

( î ) Leu, Observations fur Simler , p. 428 8c suiv. Le même, Diét. Hist.de la Suisse, T. VI. pag. 48;-484.

L’Etat 8c les Délices de la Suisse, T. I. p. 269 & suiv.

Poesi , Descript. Topog. de la Suisse. T. I. pag. 208-209.

Tsckarner, Dìét. Géog. Hist. 8c Pol. de la Suisse. T. I. p. pr-p;, Lee.

(4) Tschudii Chr. Helvet. T. II. pag. 15;-!56. f

1 î ) Nos Magister Civium , Scultetì , Ammani , Consules, Cives , Communi-

tates , & Patriote infraferiptarum Civîtatum, Oppidorum , Ter r arum pa.rtiu.rnque Lige, veteris Alamannis. Alt* , viddicet de Thurego , tic. Traité d allianceentre Louis XI 8c les Cantons en 1464. Voyez Tschudii Chronicon Helveti-eum , T. II.pag. 650.

( 6 ) Le traité de l’Alliance renouvellée en iSSz entre la France & les TreizeCantons Sc leurs Etats co-al!iés, se trouve dans le Tome VII, du Diction-naire Historique de la Suiílè , par M. Leu , pag. 240 8c suiv.