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Tome premier, seconde partie.
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PITTORESQUES ,

* en ville ; que , sans exiger de l’argent comptant, nous les” vendons deux plapparts ou deniers, de moins que les Sujets" immédiats de la ville ; que de même nous y transportons” nos vins pour les vendre à toute la Bourgeoisie à un prix” modique ; que nous payons cependant à la ville de gros” péages Sc tarifs, tandis que nous pourrions bien nous épar-" gner ces frais, en conservant nos vins dans nos maiions" ^°ts la ville pour les y consommer. Nous ne serions pas ainsi" obligés de contracter des dettes qui peuvent nous exposer” n °us & nos enfans k la nécessité ».

Voici un trait historique qui honore beaucoup la Bour-geoisie du premier des Treize-Cantons. Pendant le (4$) fameuxinterrègne qui porta l’Empire k tous les excès de l’anar-obie la plus monstrueuse,, en 12.64, la ville de Zurich étoittrès-inquiétée par la Noblesse limitrophe ; elle crut devoirdésarmer le Baron de Regensberg, en le priarft d’être sonCapitaine Sc son Protecteur jusqu’k l’époque de sélectionsi’un nouveau Roi des Romains ; mais ce Baron, maître dequelques châteaux aux environs de la ville, ne répondit k cesavances que par l’insulte & le mépris. Les Zurichois envoyè-mnt fur cela une députation k Rodolphe , Comte de Habs-Pourg, le même Prince qui devint depuis Empereur, Sc quise trouvoit alors k Brougg ; ils le prièrent de les protégercontre les menaces du Baron de Regensberg; Rodolphe saisitl’occasion, il étoit d’ailleurs l’ennemi du Baron : après avoiraccepté le titre de Capitaine de la Milice bourgeoise deZurich, & après en avoir prêté le serment k la Commune decette ville ; il ne tarda pas, a la tête de ses Protégés & de sesVafíaux, de faire la guerre k l’orgueilleux Baron. II lui prit Sc.fît raser ses places, Sc le remit si humble entre les mains des■Magistrats de Zurich, qu’il brigua en 12.68 comme un hon-steur d’être admis au nombre de leurs Bourgeois, Sc commeune grace qu’on lui laissât de quoi vivre.

Dans un Etat qui ne s’est élevé, en partie, que fur la des-truction ou 1’abaissement de la Noblesse, il y a lieu de croireque les prérogatives qui lui font restées, font bien peu dechose auprès de celles dont jouissent les Nobles dans l’Empire°u dans une Monarchie. Cependant la révolution en a laisséquelques-unes, particulièrement k Zurich, Berne, Lucerne,Frìbourg, Soleure, Schasshausen Sc dans layville de Saint-Gall. II y avoit eu des Nobles dans la Magistrature de Zurichlong-temps (46) avant l’époque de fa Confédération perpé-tuelle avec les trois premiers Cantons. Le Gouvernement (47)Oligarchique de Zurich, composé de six Nobles & de sixPatriciens, subsista depuis l’an mi jusqu’en 1336, où parle s efforts du Plébéien Rodolphe Brunn , il fut changé en■ drìsto-Démocratie . C’est encore k-peu-près la même forme quecette ville a conservée dans son administration.

&c< D E LA SUISSE. z 79

L’Empereur (48) Charles IV permit en 1362. aux Zurichoisde recevoir Citoyens de leur ville tous les Nobles établis horsde son enceinte.

Les Constitutions de Rodolphe Brunn augmentées en 1395& 1498 ont été renouvellées en 1654 &: 1713. II y a a Zurichk la tête des Tribus dans lesquelles sont distribuées les diversesclasses des Bourgeois, la Confrairie des Nobles qu’on appelleConjlavel ou les Connétabliers ; elle est affectée par fa constitutiona la Chevalerie Sc aux seuls Citoyens qui vivent noblement :j’en ai parlé k l’article du Gouvernement de cette ville. Lenom de Conjlavel semble dériver du mot Conjlabularia. Le Glos-saire de Ducange offre des exemples qui prouvent que Constabularia designe Centuria Militum , Sc que Connétablie signifie laCompagnie des Chevaliers ou des Nobles Guerriers, TurmaMilitum ou la Centurie des Chevaliers. Avant 1336 les Nobles Scles anciennes familles avoient toute l’administration ; maisleur tyrannie, ou leurs prétendues vexations, ayant occa-sionné la Réforme , Rodolphe Brunn établit douze Tribuscomposées des Gens de Métier, en laissant néanmoins a leurtête un Corps distinct, celui de la Noblesse Sc des Bourgeoisd’une fortune (49) aisée. Cette Confrairie ou Société eut dèsson établissement le privilège de donner six Conseillers dansle petit Conseil, tandis que chacune des Tribus n’en donne quetrois : elle donnoit dès-lors dix-huit Membres au grand Conseil ,au lieu de douze que chacune des Tribus y présente. Les famil-les Nobles qui composent actuellement la Société dite Consta-vel sont au nombre de (50) quatorze, savoir , 1 .de Brùten-Lan-denberg , z. Meiss , 3. Escher, 4. Meyer de Knonau, 5. Grebel , 6 .Zoller , 7. Schmid , 8 .de Schcenau , 9. Edlebach , 10. Blarer de War-tensée , II. d’Ulni , iz. Schneberger , 13. Reinhart , Sc 14. de Salis.Parmi ces Maisons celle de Meiss étoit agrégée dès l an izi 6,a la classe des Nobles, dans la Magistrature : les Meyer de Knonauen faisoient corps en 1370, les Schmid avant l’an 1383, les Grebelen 14Z0, Sc les Escher de Luchs en 1444. Ces derniers avoient étéreçus de la Confrairie des Nobles dès l’an 1384; les de Landenbergjouissent de ce droit depuis 131Z, Sc les Blarer depuis 1363.Lesde Landenberg ne sont jamais entrés dans la Magistrature de Zu-rich, Sc les Blarer n’y ont été introduits que depuis i6zo. LesNobles à' Edlebach , reçus Bourgeois dans le Conjlavel, n’ont com-mencé k participer aux charges qu’en i488.Les Z0lierétoitnt dela classe des Nobles dans la Magistrature dès l’an 12.59 ; les à'Ulmreçus de la même Confrairie en 1577, ne sont entrés dans lescharges relatives a cette Société que depuis 1716 ; les Schnée-berger , qui y ont été incorporés en 1469 sont entrés dans le Sénaten 1499 ; les Reinhart ne remplissent des charges du Conseil quedepuis 15 zo.La branche des Nobles de Salis en Grisons dite Marschlins est du Conjlavel depuis 1670, date de fa réception dans laBourgeoisie de Zurich. Les de Schcenau , enclassés dans la Société

(45) Tfchudii Chr. Helvet. T. I. pag. 164-166 & 170-172.

(46) On en voit la preuve dans un acte de 1256 , rapporté par Jean-HeiMottinger, Spéculum Tigurinum , pag. 567.

( 47 ) Hottinger , ibid. pag. 56 & seq. On lit dans le Code des Loix q«oient en vigueur à Zurich avant l’an 1300, qu’il y avoit des Chevalït<hns le gouvernement de cette ville. Bibliotkeque Helvétique , T. II. paI 3 & 80, Zurich 1735, in-8. en Allemand.

(48) Hottinger, ibid. pag. 123. Ceux qui voudront connoître qu’ellel'origine de la Liberté des villes de Zurich & de Berne , & qu’elle

6té la forme de leur Gouvernement avant l’an 1300, pourront se satisfaiien lisant les dissertations imprimées dans la Bibliothèque Helvétique ( T. IV.*H-i 7 i. Zurich 1736, & T. V. pag. 118-1;; ; ibidem 1736, in-8. ) Ondonné dans ce recueil (T. VI. pag. 1-46. ibidem 1741.) la charte qcontient la nouvelle forme de Gouvernement introduite en 1336 àZuricPar le premier Bourgmejlre de cette ville, Rodolphe Brunn , & deux auto

aétes du Gouvernement de Zurich en 1393 & 1498.

(49) Tels que les Marchands, les Banquiers, les Orfèvres & les Mar-chands de sel. Dans Pacte de 1498, il est dit que tous Chevaliers, Nobles,Bourgeois & Domiciliés dans la ville de Zurich qui n’auront pas de Tribu ,& ceux qui ne feront point de commerce & de métier, & qui n’appartien-dront à aucune Tribu, formeront déformais un corps appellé Conjlavel &qu’ils seront obligés de servir sous la bannière de la ville ; mais que ceuxqui feront des métiers ou un commerce relatif aux Tribus , seront exclusde ce corps : à l’égard des Orfèvres, des Ouvriers en foie , des Verriers ,des Marchands de sel & de fer, ils pourront etre admis dans la Confrairiede Conjlavel , ou dans telle Tribu qu’ils voudront choisir, toute liberté áecommerce leur étant donnée; mais les Bûcherons qui n ont point de Tribucontinueront, comme par le paíle, à être du Corps appellé Lonjlavel,

(;o) Bluntschli, Mémorabilia Tyurina s p. 563-564 , r/î 4.