TABLEAUX TOPOGRAPHIQUES,
Le Rheinthal,
U s
La (i) population de ce bailliage est évaluée k douze mille de la constitution militaire de ce pays, l’article du Comté dehuit cent habitans, de l’un & de l’autre sexe. Je ne parle pas Sargans , que je vais donner, justifiera mon silence.
Le Comté de Sargans.
L’inspection (2.) de tout le département militairedans ce Comté, appartient au Baillis ou Gouverneur , au Capi-taine-général , dit le Lands-hauptmann , au Banneret ou Panner-herr ,& k YEnfeigne du pays nommé Lands-Faehndrich. Ce sont leshabitans qui nomment a ces deux dernières charges ; mais cellede lands-hauptmann est conférée par la Diète de Frauenfeld. CetOfficier a le rang immédiat après le Baillis, dans le Landrathou Conseil du pays , pour les cas d'appel & en d’autres occa-sions solennelles. M. Faesi , qui garde ordinairement un pro-fond silence fur la constitution militaire des bailliages com-muns, pour ne s’occuper que de l’économie rurale & desdifférentes branches du commerce, comme si l’article de laGuerre ne méritait pas l’attention majeure d une République,dont la Liberté a été fondée parles armes, & qui ne doit sonprincipal soutien qu’a la grande opinion qu’on a de son espritmilitaire, M. Faesi est forcé, dis-je, d’avouer que dans le Comtéde Sargans les dispositions de guerre pour la défense sont d’uneimportance médiocre , parce qu’ici les habitans , comme dans les autresbailliages communs , font mal armés , & très-peu , pour ne pas direpresque jamais , exercés. Un Suisse Catholique qui avoit étudiéla marche politique des Cantons, me disoit j en me faisant
connoître le passage de M. Faesi: Voilà, une confession bien ingé-nue , mais la franchise du Minière de Zurich me plairoit encore davan-tage , s à Varticle du haut bailliage libre de VArgeu , il m’eût instruitavec Vancienne franchise Helvétique pourquoi on n a pas rendu lesarmes à ses habitans depuis la guerre de 1712,, & pourquoi dans la.Turgovie & dans les autres bailliages communs , même dans celui deBaden , la milice efi autant négligée. Sans doute la Suisse n a rien àcraindre du dehors & encore moins de son point central. Et ce bon Suisseapostrophoit ainsi M. Faesi : pourquoi me parleyyvous toujours 3 Mon-sieur le Docteur , des oignons de F Egypte , de la foie & de la laine duLevant , & que sais-je encore , de la toile peinte , de la mousseline , du cré-pon t & de tout cela impitoyablement à Varticle de nos montagnes , &jamais ou tres-peu vous me parles de la manière de les défendre ? Lariposte que faisoit ici l'Observateur Suisse , k la réflexiondu Topographe , son compatriote , m’abasourdit, j’en con-viens de bonne foi, auffi comme Etranger n’osai-je lui faireaucune question sur le chapitre qu’il avoit entamé ; «Bailleurssa réponse serrée me paroissoit être dans toute son énergiece qu’on appelle en Philosophie, argumentum ad hominem. M.Faesi évalue entre onze & douze mille les habitans de l’un ÔCt de l’autre sexe, dans tout le Comté de Sargans.
Bailliages de Gafier SC d’Uijnach.
Le (;) pays de Gaster a fa propre bannière chacun des Can-tons co-régens de ce bailliage, Schweiti & Glaris , choisit parmises Patriotes ou Citoyens, un Capitaine-général , ou Lands-hauptmann ^ pour avoir l’inspection & le commandement surla milice du pays de Casier .- cette milice est exercée tous les ansk Schennis, elle est évaluée k près de trois mille hommes depuisl’âge de seize ans & au-dessus, je comprends dans ce nombrela milice du bailliage à'U^nach , ou XJfqnach, & dans les dépar-temens de Wefen & de Gambs. La milice d’ IJqnach est partagéeen quatre compagnies, chacune de trois cent hommes sous
les ordres d’un Capitaine & d’autres Officiers ; le Capitaineest nommé par le Lan<k - hauptmann que les deux Cantonsco-régens choisissent. Le pays a fa bannière & son drapeau , onse sert de ce dernier quand on marche en campagne, maispour la bannière elle reste toujours dans le pays; on la portenéanmoins aux revues générales qui sont ordonnées k certai-nes années. Le nombre des habitans dans les deux bailliagesde Gosier & d 'U^nack , monte k environ onze à douze mille per-sonnes.
Comté de Bade en Argeu.
La population (4) de ce bailliage monte k vingt-quatremille âmes; si l’on en croit certaines relations, l’état militairedans ce pays & dans le bailliage inférieur libre de l’Argeu , qui ontété cédés en 1712. par ia paix à'Arau aux deux villes de Zurich
& de Berne, sous la réserve des droits du Canton de Claris,n’est pas fur le même pied qu’il étoit avant cette époque, onles habitans, la plus grande partie Catholiques , obéissoientavec prédilection a cinq Cantons Catholiques , dans le nombre
Judith, femme de l’Empereur Louis k Débonnaire , a été donnée au publicen 1778 à Donau-Eschingen , en Allemand, ìn-fol. par Dom MauriceHohenbaum Vm-der-Meer , ancien Prieur de Rheinau & Secrétaire actuel dela Congrégation Bénédictine en Suisse. Cette histoire ne laisse rien à désirerpour l'exactitude des faits, elle jette auffi beaucoup de lumières fur lesévènemens de la Turgovie & des autres pays voisins de Rheinau. L' Auteurpossède parfaitement la diplomatique ; il feroit bien à souhaiter que lesautres Abbayes de la Suisse publiassent de même leurs monumens & leurhistoire, cn pourroit alors espérer avec confiance que les ténèbres qui offus-quent encore en grande partie les Annales Helvétiques, se diffiperoientinsensiblement, & que la vérité feroit enfin éclipser tant de fables & d'ana-chronismes qui ont jusqu’à-présent défiguré l’ancienne Histoire de la Suisse :
mais les Maurices Pi m-der-Meer font rares, & tous IeS Prélats n’ont pasmême empressement pour les Lettres qu’en ont montré les deux Gerold eZur.Lauben , les Bernard Rusconi & les Janvier Dangel , Abbés de Rheinau »ce dernier, mort le 4 Avril 1775 , k l’âge de cinquante ans, a eu pour nc-cesseur Bonaventure Lâcher , qui a fait imprimer à ses dépens l’ouvrageDom Van-der Merr , en la même année qu’il a célébré avec une gran ®solennité le militaire de la fondation de son Abbaye.
( x ) Faesi, ibid. T. III. p. 2.88.
(2) Faest , ibid. T. III. p. 341.
( 3 ) Faest , ibid. T. III. p. 363 & 379.
(4) Faest , ibid. T. III, p. 397-3-8.
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