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des Places, font inventes pour voirles ennemis, & les découvrir pen-dant la nuit, & les harceler dansleurs postes, afin qu’étant décou-verts , on ne les laisse point en re-pos. Les feux d’artifice font vio-Iens, durables, clairs, brúlans, at-tachans, & inextinguibles, quali-tés qui fe trouvent dans le soufre,le camphre, le borax, la poudrepilée, l’huile de petréol, la cireneuve, la poix noire, la colopha-ne, l’huile, le suif de mouton, &toute graisse attachante, pénétran-te, corrosive, ôc aisée à s’enstâtner.
Le salpêtre, le soufre, les ton-neaux de fusées, les tonnes d’étou-pes, qui font des matières d’artifi-ccs qui demandent un lieu sec, scplacent dans des magasins dans unendroit séparé, s’il est possible, si-non dans un bout du couvert, oùon met les mèches & sacs de terre.Ils doivent bien être entonnés &bien étiquetés, suivant leurs espè-ces , leur poids, & leur nombre.
Les artifices, comme toutes leshuiles, doivent être rangés dans unsouterrain ou lieu frais, où ils puis-sent 1 e conserver ; leurs tonneauxcerclés de fer étiquetés avec de l’ar-doise, telle huile , fa quantité, &fous chaque tonneau une écuelle deterre, parce qu’il en coule toujoursquelque chose.
La poix & les goudrons font or-dinairement dans des cuvettes &dans des tonneaux, cela est bon pourle transport. Quand il y en a beau-coup, on 1 e sert d’auges, 011 ma-çonnées ou faites de madriers épais& feuillés ; mais ces matières tra-vaillent, tous les cercles sautent, ily a toujours à refaire à ces tonnes.Les auges faites dans quelques sou-terrains épargnent des frais, & mê-me des consommations , car autre-ment il s’en perd que l’on ne peutramasser.
Les fascines, tourteaux, & pa-niers goudronnés , sc conservent
mieux dans un lieu plus sec qu’hu-mide.
ARTIFICIER, est celui quifait des feux d’artilice, & qui char-ge les bombes, les grenades & leursfusées', & tout ce que l’on veut jet-tes dans une Place assiégée, & dubas de celle que l’on défend. II ya des Artificiers dans les équipages& dans les places, où ils instruisentmême des gens dans ce métier.
Les Artificiers qui travaillent àParis, & qui y ont boutique, doi-vent être pourvus de provisions duGrand-Maître. Us ont permissionde faire des feux d’artifice, & devendre des fusées avec la faculté defaire saisir par le Bailli de P Arsenaltoutes celles qui sc trouvent chezles Merciers & autres particuliers,qui s’ingérent d’en faire & d’envendre.
ARTILLERIE: par ce nomon entend le canon, les bombes,les mortiers, les pétards, la pou-dre , le plomb, la mèche, les gre-nades, & généralement toutes lesmunitions, qui se portent à la guer-re, ou pour les batailles, ou pourles attaques des Places, ou pour lesdéfenses. II comprend aussi les Osti-ciers, qui servent dans ce Corps.
Quand le mot Artillerie se prendseulement pour le canon d’une Ar-mée, ou d’une Place, on dit dres-ser Y Artillerie , décharger V Artille-rie, faire jouer P Artillerie , servirP Artillerie.
Sous les regnes de Charles VIII.Louis XII. François I. & Henri II.les Equipages d’Artiilerie ont étéforts & bien fournis, mais les guer-res civiles des Huguenots ayant em-brasé le Royaume sous François II.Charles IX. & Henri III. ces Prin-ces n’eurent pas les moyens néces-saires pour cela, excepté le liège de laRochelle, qui sc fit fous Char-les IX, & celui de la Fere fousHenri III. où P Artillerie fut un
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