139
A S S
A S S
140
qu’ils donnèrent à Pattaque du Fort,comme dans celle du Bourg & del’Isle, parce que les Assiégés com-battirent en Colomne, c’est-à-dire,fur une très-grande profondeur.
V Assaut de Jotapat est un desplus célébrés de l’Antiquité'. Lemépris de la mort & l’audace intré-pide & furieuse des Juifs & des Ro-mains, ne doivent point étonner,cela se rencontre presque par toutdans ces fortes d’aciions, lorfqu’unparti combat pour la gloire, dcl’au-tre pour la liberté.
Quand les Anciens alloient à Y As-saut , ils attaquoient fur un si grandnombre de rangs si pressés , & siserrés, qu’i peine voyoit on cettemasse énorme d’Infanterie. Les as-sauts presque continuels, & redou-blés coup fur coup aux attaques duChâteau Saint-Elme, du Bourg &de l’ísle au liège de Malte par lesTurcs, font dignes, dit M. Folard,de 1 intelligence & de la vertu anti-que. 11 ne volt rien de plus beau& de plus admirable que ce siègecélébré.
Cet Auteur fait un grand cas dela Colomne & Assaut des Anciens,qui à l’infulte des brèches, com-battoient non feulement en colomneou en phalange doublée, ou qua-druplée , mais formoient encore latortue dans les Assauts, II nousapprend qu’il y a vol t deux fortesde tortues ; la simple & la sur-montée.
Une cohorte, ou plusieurs en-semble, & quelquefois la légiontoute entiere marchoit serrée, & surune très - grande profondeur droitaux murailles de la Ville lorsqu'el-les n’étoient pas fort élevées, lesrangs & les siles tellement serrés óccondensés , qu’à peine les soldatspouveient-ils le remuer. Ils a voienttous leurs boucliers fur la tête, ex-cepté ceux des flancs & de tête, quife couvroient de leurs bouclierscontre les pierres <L les traits lancés
des ouvrages qui les voyent de flancou de front, ce qui formoit com-me un toit, tant ils étoient jointsensemble. Cette tortue d’hommes,qu’il appelle simple, alloit jufqu’auxpieds du rempart, fapoit le mur, oumontoit dessus par le moyen deséchelles qu’on appliquoit contre.
Lorsque le rempart ou le retran-chement e'toit haut, on se ferventde la surmontée ; il l’appelle ainsipour la distinguer de l’autre. Dansla double ou la surmontée, la pre-mière' tortue étoit suivie d’une se-conde. Les soldats qui composoientcelle-ci, grimpoient sur les épaulesde leurs camarades, ou fur leursboucliers, ce qu’ils faisoient assezaisément, parce que les serre-filesou le dernier rang étoient un ge-nouil à terre : l’autre qui le pré-cédent , un peu plus élevé, ainsides uns aux autres, jusqu’auxchefsde sile, ou le premier rang qui re-stoit debout, ce qui formoit com-me un glacis, & se relevoient d’unseul tems, & tous ensemble au pre-mier signal.
Cette seconde tortue, portée surles boucliers des autres, faisoitcomme un second étage aux Afl’ail-lans, dont le premier servoit com-me de plancher mobile, qui en serelevant, facilitoit le moyen auxsoldats de franchir le mur ou le re-tranchement pour en venir aux pri-ses contre ceux qui ledéfendoient.
La tortue de l’insulte de Crémo-ne est célébré dans l’Histoire. An-toine dans la Retraite contre lesParthes, est le premier qui sonnala tortue de toute son Infanterie enbataille.
Nous valons bien les Anciensdans les Assauts : Passant de Na-rnur assiégée par le Prince d’Oran-ge, Roi d’Angletcrre en 169;. enest une preuve, M. le Maréchal deBousiers s’étoit jetfé dedans pour ladéfendre. Après que la Ville fefut rendue toute la puissance enne-