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Tome I.
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285-286
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B O M

BON

2 ?;

côté, pour porter la bombe, maisle service ne s’en fait ni si prompte-ment , ni si commodément.

Quand un Mineur est attaché aupied d’un Bastion, ou de quelqueautre Ouvrage. L’on descend unebombe, ou autrement une grossegrenade toute chargée, dans laquel-le il entre 8. ou io. livres de pou-dre, avec la fusée allumée, vis-a-vis du trou, que le Mineur a faitpour la faire créver en cet endroit,& l’étoufer dedans.

Cette bombe se descend avec unechaîne de fer, ayant les maillesbien soudées, dont on réglé la lon-gueur fur la profondeur du fossé, &qui pèse à peu près 60. livres.

Cette exécution fe fait de nuittout autant que l'on peut, maisquand elle fe fait de jour, les Assié-geans font tout leur possible pourcouper la chaîne à coups de canon,dc cela a quelquefois réussi.

II y a des bombes , appeliées enmarmites, parce qu’elles en ont lafigure, & des bombes oblongues quequelques-uns appellent à mélon. Onen trouve de 12. pouces dans cer-tains magasins du Royaume, maiselles ne font plus d’ufage, que pourservir on dans les fossés, ou pourles artifices. II y a aussi des bom-bes à cominge, appeliées ainsi dunom de leur Inventeur. VoyezCOMINGE s.

BOMBE', bois bombé, c’estcelui qui est fait en arc & unpeu courbe.

BOMBES: chez les Turcsleurs bombes font de différentegrosseur , mais assez grossièrementjettées , cependant elles font assezd’esset, comme il parut à Belgradelorfqu’ils mirent le feu au magazinà poudre. Le bombardement leura été enseigné par les Chrétiens.

BOMERIE: prêt à la grosseaventure : c’est l’intcrêt des som-mes de deniers prêtés entre Mar-chands fur la quille d’un vaisseau

L!6.

ou fur les marchandises qui y fontchargées, moyennant quoi le Prc-teui; fe soumet aux risques de laguerre & de la mer, cela s’appelleautrement prêt à la grosse aventure,comme l’argent que l’on prête &qui rapporte quinze, vingt, dc juf-qu’à trente pour cent, selon lesrisques, n’est prêté pour l’ordinaircque fur la quille du Vaisseau quichez les Hollandois s’appelle Bodem,d’où ils font Bodemerye : on a aussiappellé ce prêt Bomerie.

La bomerie n’est pas comprisedans la loi qui défend entre Mar-chands une stipulation de profit au-dessus de douze pour cent : car com-me non-seulement on bazarde leprofit de son argent, mais encoreen porte fa part des pertes qui fefont, il est juste qu'on ait aussi partau profit, & il y a encore plus dejustice s'il paroît que les circonstan-ces des lieux & des tems augmen-tent le danger.

Un Maître qui fe trouve en pei-ne dans les mers qui font au-delàde Douvres, ou du Sund, & dan*le Sund, peut faire un emprunt debomerie, jusqu’au quart de la va-leur de la quille & non davantage,si ce n'est dans la plus pressantenécessité. II en est de même à l’é-gard d’un Maître qui est intéressédans la Cargaison.

Les Maîtres Hollandois qui fontau - deçà du Pas de Calais & duSund, ne peuvent faire aucun achatfur la quille du Vaisseau, ni pren-dre de l’argent à bomerie, que duconsentement exprès de la plusgrande partie des afreteurs : au-trement ils en demeurent seulschargés.

BONACE ou calme, est unedifeontinuation du vent, & un

aplanissement des houles, ou lamesde la mer. *

BO NAVOGLIE, est un hom-me, qui moyennant un certain sa-laire,