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d’un meuble, de même que cela sepratique encore aujourd’hui chezles Nations, où il y a des esclaves.
Ce n’est gueres que fous la pre-mière & la seconde Race, que lesprisonniers de guerre étoient faitsesclaves. Sous la troisième, on lese'changeoit contre d’autres, ou onen tiroit une rançon considérable.
Aujourd’hui parmi les Puissancesde l’Europe les Prisonniers de guer-re, Officiers & Soldats sont béni-gnement traités ; 011 se les rendles uns aux autres en échange, ouaprès que la guerre est finie fansrançon.
Ce n’est que quand une place, ouun certain pays est livré au pillage,qu’il est permis au Soldat de buti-ner. Excepté ces occasions, qui sontaujourd’hui fort rares, on défendaux Troupes sous des peines très-scveres de faire du dégât.
Quelques-uns distinguent le Bu-tin du pillage, & disent que le bu-tin est le gros de la prise, & le pil-lage la dépouille des habits, bardes,«offres de l’Ennemi, & l’argentqu’il a fur fa personne jusqu’àtrente livres.
Le Champ de Bataille est ordi-nairement la récompense du Soldatvictorieux, comme les Villes sur-prises, ou prises d’assaut, qu’unGénéral livre pour quelques heuresau pillage. Ce que le Soldat prendc’est pour lui. Chez les AnciensFrançois tous apportoient dans unlieu désigné par le Prince le butin,èí il étoit partagé également. NosAnciens tenoient cette maxime desRomains.
Ceux-ci vendoient le lutin à l'en-can, les Tribuns en partageoientle prix en parties égales, qui sedistribuoient non-seulement à ceuxqui étoient aux diíférens postes,mais encore à ceux qu’on laissoit àla garde du Camp , aux malades, &aux autres qui étoient détachespour quelque fonction quc.ee fut,de peur au’il ne se commît quelque
infidélité, Polybe nous apprendqu’on faisoit jurer aux Soldats,avant qu’ils se missent en Campa-gne, & le premier jour qu’ils s’as-sembloient, qu’ils ne mettroientrien à part du butin, & qu’ilsaporteroient fidèlement tout cequ’ils auroient gagné. Par Tissagede partager TArmée, & d’en em-ployer une moitié au pillage, & delaisser l’autre à la garde des postes,les Romains se sont précautionnéscontre les mauvais effets de la pas-sion d’aquérir. Car l’esperanced’avoir part au butin , ne pouvantêtre frustrée à l’égard de personne,& étant aussi certaine pour ceux quifestoient aux postes, que pour ceuxqui faifoient le pillage, la disciplineétoit toujours exactement gardée.
Si cela s'observoit aujourd’hui iln’arriveroit pas de si grandsdésordres. Ce qui fait mépriserles dangers, c’est T espérance dugain, & il n’est pas possible quequand l’occasion de gagner se pré-senté, ceux qui restent dans leCamp ou qui montent quelque gar-de , ne soient très-fdchés de la per-dre , quand tout ce qui se prend ap-partient à celui qui Ta pris. On avu plus d’une fois des Capitaines,qui après avoir conduit leurs des-seins avec beaucoup de succès,quelque fois prêts à tomber fur lecamp des Ennemis, quelquefoismême après avoir pris des Villes,non-seulement ont manqué leur en-treprises , niais encore ont été mal-heureusement défaits, fans autreraison que celle qu’on vient de rap-porter. Les Généraux ne poùr-roient trop faire attention à ce quetoutes les troupes, autant qu’il sepourroit, espérassent que le butin,îorsqu’il y en a, leur fût égalementpartagé. II en reviendroit de très-grands avantages.
B U Z E : C’est un tuyau debois, oude plomb,qui conduit l’air dans lesmines par des ouvertures,à des puits.
C. CABA-