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Tome I.
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qu’il a trouvé moien de faire sauterà propos quelque Fougasse , d’en-foncer la Gallerie de son adversai-re, & de l’etoutser.

C A M F, etì un vaste terrcin oiìune Armée plante le piquet pour seloger, quelquefois en se couvrantd’un retranchement, <k souvent sansautre précaution que celle d’une af-frète avantageuse. On forme unCamp avec des chevaux de frise ac-crochés ensemble. La tête du Campest le terrein qui fait face vers lacampagne, & où l’on monte lebiouac. II est facile à distinguer,par les faisceaux & les étendarts.

D’abord que les hommes ont feuse faire la guerre avec quelque sor-te d’adresse & d’industrie, ils em-ployerent cette industrie à se forti-fier dans les Camps, pour se ga-rantir des attaques imprévues &nocturnes, ausquelles ils e'toicnttrès-souvent exposés, selon qu’e'toitleur premiere idée , de se fairela guerre.

Les Grecs environnoient leursCamps d’un fossé, ou tranchée, nom-mée Sf vy/ux. Homère, parle duCamp qui fut formé devant Troye.Les Romains fortifioienr auíli leursCamps. Mais ils n’excellerent encela que depuis la guerre de Pyr-rhus, & que maîtres du Camp dece Roi après la bataille de Bene-vent, ils eurent eu le tems d’exa-miner les travaux des Grecs, & defaire des réflexions fur cela. »

Depuis les Guerres Puniques, quisuivirent celle de Tarente, on leurvit des Camps perfectionnés de tantde travaux qu’ils n’avoient pasavant, qu’on ne put s’empêcher deconvenir que c’étoit des Grecs qu’ilsdévoient tenir ces perfections.

Leurs Camps étoient des espècesde forteresses stables. Ce n’étoientplus de ces Camps mobiles, de cesretranchemens formés avec des cha-riots. Une Année Romaine avoitun Camp d’une structure des plus

solides. Elle ne combattoit qu’au-devant du Camp, & en cas de dés-avantage, elle trouvoit en lui uneretraite capable de la mettre en étatde soutenir un second combat.

Le Soldat Romain ctoit si labo-rieux , qu’il ne négligeoit pas à cha-que campement qu’il faisoit, de seformer une nouvelle citadelle. LesRomains avoient des Camps d’Hi-ver, & des Camps d’Eté.

Les premiers étant faits pour ser-vir tant qu’un pays etoit à conqué-rir, se construisaient d’une soliditéparfaite. Les fortifications en étoientde pierres & de bois. Les tentes dededans écoient de cette derniere ma-tière, & la bonté de ces Camps &le long espace de tems qu’ils étoienthabités, avoient changé en Villequelques-uns d’entr’eux.

Les Camps d’Eté, faits pour neservir que peu de jours, & tantque l’on e'toit en présence ou voi-sin de l’Ennetni, étoient moins so-lides. Un fossé de terre paliíîadé,quand on pouvoit avoir du bois àcommodité, en faisoit la force, &les tentes du dedans n’étoient quede feutre ou de cuirs. Enfin onétoit tellement persuadé que la sû-reté d’une Armé dépendoit de laclôture de son Camp, que les Sol-dats li'auroient pas pôle les Armespour passer une nuit fur un terreinfans le clorre de retranchemens.

Une conduite si sage & si pru-dente, qui fait que l’Histoire nenous offre que peu d’exemples d’Ar-mées Romaines forcées dans leurscampemens, mérite bien d’être fui.vie par des Peuples de réputation.

Les François, accoutumés dansla Germanie, pays de leur premie-re demeure, à ne se servir pour lasûreté d’un campement, que de cequ’offroit le lieu oû ils se trou-voient (comme des arbres, dont ilsse faisoient des retranchemens enabattis) étant venus dans les Gau-les , ne prirent pas plus des usages