377
C A M
C A M
de se retrancher des premiers Fran-çois , qui etoit de prendre les rouesde leurs chariots, de les enfonceren terre jusqu’au moyeu , & d’enentourer ainlì tout leur Camp , en yajoutant des palissades dans les en-droits où ces roues ne suffitbiejitpas. Cette invention assez natu-relle, leur épargnoit la peine deporter avec eux des palissades, &d’en faire un si grand nombre.
Un General, qui par la difficultédes entreprises, n’a qu’une guerrede campagne à faire, cherche parles Camps qu’il prend,les occasions decombattre l’Ennemi avec avantage,en cas que cela convienne aux in-térêts du Prince, ou seulement desCamps commodes pour la subsistan-ce de son Armée.
Dans le commencement d’uneCampagne, il a pour objet princi-pal la conservation & la santé deshommes & des chevaux.
Pour cela il fait placer son Campen lieux sains, commodes pour lafourniture des vivres, voisins desprairies, où l’on puisse herber lesjeunes chevaux, que le changementde nourriture abat aisément. SonCamp ne doit pas être d’une gran-de garde, afin de ne pas fatiguerl’Arinée fans raison.
C’est presque toujours dans lechoix des Camps & des postes, querésident les succès de la Campagne.On y doit observer la communica-tion libre & facile avec les Places,dont on doit tirer les subsistances& les commodités de l’Armée, lajalousie qu’ils donnent à l’Ennemi,le Pays ennemi qu’ils ouvrent, lePays ami qu’ils couvrent, & lesavantages qu’ils donnent, soit pourforcer l’Ennemi à combattre avecdésavantage en l’obligeant à nousvenir chercher dans un Camp oùl’on sc sera accommodé, soit pourse trouver à portée de le combattredans un lieu désavantageux, où ilaura été forcé de sc placer.
CAMP de séjour, est celui oùl’Armée ne fait que séjourner.
On entoure par des postes d’In-fanterie, qui font quelquefois mê-lés de Cavallerie óc de Dragons,toute l’Armée , afin d’e'viter que lespetits Partis ennemis ne s’en apro-chent de trop près, & que les com-modités des pâturages, du bois, dela paille óc de l’eau, ne soientôtées à l’Armée, ou ne lui devien-nent difficiles.
Dans les CAMPS de passages,ces précautions ne font pas fi éten-dues. C’est à l’Officier Général déjour que ce discernement doitêtre commis.
On observe dans nos Camps unediscipline qui ne cède en rien àcelle qui s’observoit dans les Campsdes Romains. On peut voir fur cesujet le Code Militaire. AucunSoldat sans permission de son Com-mandant ne peut s’écarter au-delàdes limites du Camp, pour quelqueprétexte que ce puisse être. Qui-conque fort d’un Camp retranché,ou y rentre par quelque détour,par escalade ou autrement, est con-damné à être pendu óc étranglé.On n’y souffre point le libertinage,puisque toutes les femmes L fillesde mauvaise vie, qui sont recon-nues pour telles, font arrêtées,punies du fouet, & de la fleur-de - lvs.
CAMP-VOLANT, est uncorps de Troupes, quia la facultéde camper <3c de décamper, à me-sure que l’occasion óc la nécessitéle requièrent.
Quoi qu’il y ait quelque diffé-rence entre le commandement d’unCamp-volant óc d’une grosse Armée,il y a cependant un si grand raportde l’un à l’autre, qu’un Officier Gé-néral, quia eu souvent le com-mandement d’un corps séparé, estplus en état de commander unegrosse Armée, qu’un autre qui n’apas eu cet avantage.
Un