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Tome I.
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381-382
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la priere finit par un souhait deprospérité pour le Sultan, le Grand-Visir, & les autres Généraux.

CAMPAGNE, est le tems dechaque année, où l’on peut fairetenir les Troupes en corps d’Ar-mée , ou dir moins en état de tra-verser les progrès de l’Ennemi.

On dit : La Campagne commen-cera dans tel tems : l’on ouvrirabientôt la Campagne : la Campagnefera longue : on a fait une heu-reuse Campagne.

Mettre en Campagne ; c'est fairesortir les Troupes des Garnisons,pour les mettre en Corps d’Armée.

Tenir de la Campagne , c’est êtremaître d’un Pays, & forcer lesEnnemis à se retirer dans leursGarnisons.

CAMPAGNE, se dit aussi desannées qu’un Officier ou un Soldata servi.

Cet Officier a quinze campagnessur la tête, pour dire, il est dansle service depuis quinze ans. CeSoldat a fait vingt campagnes , c’est-à-dlrc, a servi pendant vingt années.

On se met en campagne au moisde Mars. Le Turc s’y met plustard que tous les autres, & s’enretire plutôt.

II ne peut sortir de bonne heure,à cause de la grande distance deslieux où sa Milice est répandue &parce qu’ayant beaucoup de Caval-lerie & de Bagage, il est obligéd’attendre qu’il y ait des herbes &des formages, & de plus il ne mar-che qu’apres avoir-donné le verd àses chevaux, au moins pendantquinze jours dans le mois de May,& pour la même raison il se retiredès P Automne. C’est chez lui uneespèce de loi établie pap la coutume.

Quand même il voudroit demeu-rer plus long-tems, il ne le pour-roit pas, soit parce que quelques-unes de ses Troupes ont leurs quar-tiers fort éloignés, soit à causequ’e'tant la plupart accoutumées au

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climat d’Orient, qui est for f chaud,comme les Arabes, & plusieurs au-tres, & les chevaux mêmes étantdélicats, ils ne peuvent souffrir larigueur d’un pays froid, soit enfin,parce qu’il ruine entiercment de»lieux, qu’un autre plus sage con-servèrent pour y passer l’Hyver.

L’avantage qu’ont sur le Turcles Puissances de l’Europe qui ontguerre avec lui, est d’entrer encampagne plutôt que lui, & d’ensortir plus tard. On a par-là lemoyen de forcer une Place, de ra-vager le Pays, ou d’exécuter quel-qu’autre entreprise, avant qu’ilpuisse s’y oposer.

Ces Puissances auroient un grandavantage à lui faire la guerre enHyver, parce qu’il ne feait com-ment s’y prendre, & avant qu’il yfût accoutumé il auroit fait des per-tes irréparables. II ne le peut pasmême, parce qu’il est chargé detrop de gens, qui ne buvant que del’eau, sont moins capables de rési-ster au froid. II n’auroit pas assezde fourage pour tant de Cavallerie,& ses chameaux ne sont pas faits àmarcher fur la glace, ni ses che-vaux à être campronnés, & mêmeil ne le veut pas, soit loi, soitcoutume.

S’il a passé quelques Hyvers auSiège de Candie, il y avoit très-peitde Cavallerie, & les Tranchéesy étoient accommodées & couver-tes comme des maisons. On chan-geoit les Troupes de tems en tems,& elles ne souffrirent aucune desfatigues d’une Armée qui campe.

Les glaces dans l’Hyver facilitentbeaucoup d’entreprifes, donnent lemoyen de passer les rivières, d’at-taquer les Places situées dans lesmarais, à on épargne le passagedes Troupes, pour aller & venir.

Mais pour se mettre en campagnedans l’Hyver, il faut avoir desgens frais, bien vêtus, bien nour-ris, bien payés, avec des quartiers

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