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Tome I.
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541-542
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lui apprend à serrer les rangs dansPEscadron ; les voltes à entourerdiligemment son Ennemi ; les pas-sades à aller à fa rencontre, & àrevenir promptement fur lui ; lespirouettes & les demi-piroiiettes luiapprennent à se retourner avec plusde vitesse dans un combat, & lesairs relevés lui donnent la legéretédont il a besoin pour affranchir leshaïes & les fosses, ce qui contri-bue à la sûreté & à la conservationde celui qui monte.

La taille d'un Cheval de Guerre,doit être de quatre pieds neuf à dixpouces de hauteur, en le mésurantdepuis le bas du talon des pieds dedevant, jusqu’au haut du garrot.II faut qu’un Cheva 1 ' de Guerre ait labouche bonne, c’est-à-dire, qu’ilsoit leger à la main avec la tête as-surée, sans trop d’appui, qu’il soitde bonne nature, sage, fidèle, har-di, nerveux, d’une force cependantqui ne soit pas incommode au Ca-valier, mais liante & souple. IIdoit avoir l’éperon fin & les han-ches bonnes. II ne faut pas qu’ilsoit aucunement vicieux ni ombra-geux ; car ce feroit trop d’avoirson Ennemi à combattre & son che-val à corriger, ôc l’on remarqueque les chevaux naturellement ma-lins, retombent toujours dans leursvices quelque bien dressés qu’ils pa-raissent : ce qui prouve que Partle plus subtil ne peut tout-à-faiteffacer ni vaincre les vicesnaturels.

Lorsqu’on trouve' un cheval quia naturellement les qualités qu’onvient de décrire, il est aisé à unhomme de cheval de le dresser pourla guerre, en suivant les régiesprésciptes ; c’est-à-dire , qu’aprèslui avoir donné la prémiere sou-plesse au trot, il faut le confirmerdans les leçons de l’épaule en - de-dans & de la croupe au mur, luiapprendre à tourner diligemment &facilement fur les voltes de combat ;

ce font celles qui se font sur uncercle étroit, la demi-hanche en-de-dans ; le rendre obéissant au partirde la ligne droite des passades ; fa-cile & aisé à se rassembler aux ex-trémités de la même ligne, pourformer diligemment la demi-volteà chaque main ; prompt & agileà se retourner prestement sur lespirouettes & demi-piroiiettes.

Voilà essentiellement ce qu’uncheval de Guerre doit sçavoir ducôté de la souplesse & de l’obéis-fance ; mais une chose absolumentnécessaire, c’est de l’aguerrir aubruit des armes, en Paccoûtumantau feu, à la fumée & à l’odeur dela poudre ; au bruit des tambours& des trompettes, des armes blan-ches & autres rumeurs guerrières.

La méthode de faire tirer uncoup de pistolet dans l’écurie & debattre la caisse, avant que de don-ner l’avoine aux chevaux est excel-lente, parce que cela les accoutumeà se réjoiiir à ce bruit, comme ilsfont ordinairement au son du cri-ble. Une a titre façon d’accoútu-mer un cheval au feu & à tout cequi peut lui faire ombrage, c’est dePattacher dans les piliers, & de luifaire d’abord voir & sentir un pi-stolet ; de faire jouer la batteriepour í’accoûtumer au bruit de ladétente & du cliquetis ; ensuitebrûler une amorce, le dos tournévis-à-vis de fa tête ; s’en approcheraprès pour lui faire sentir le pisto-let, afin de l’accoutumer à l’odeurde la fumée.

II faut toujours le flater de lamain en s’en approchant ; car cen’est que par la douceur & les ca-resses, qu’on apprivoise ces animaux.Lorsqu’il est fait à la fumée & àl’odeur de la poudre, il faut com-mencer à tirer en mettant une pe-tite charge d’abord : on tire le dostourné & un peu éloigné du cheval ;on revient après le coup lui fairesentir le pistolet & le flater. Sui-vant