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taille les Dragons fervent à'cnfans-perdus.
L’ufage des enfans-perdus, est fortancien. C’étoientdes détachemens,que l'on faifoit de quelques Troup-pes de Soldats, pour efcarmouchcravant une bataille, lorsque les deuxArmées étoient déjà rangées, & prê-tes d’en venir aux mains.
Les François peuvent avoir priscet usage des Romains, chez qui lesVelites étoient , ce qu’ont été lesenfians-perdus dans nos Armées, &dans celles des Anglois, des Espa-gnols, des Italiens, & des Allemand.
Sous Philippe-Auguste à la jour-née de Bovines, il y avoit des Sa-tellites , qui vinrent à la maniéréd’ enfans-perdus caracoller autourdes Chevaliers Flamans. Dans lessiécles fuivans nos Historiens par-lent dans toutes les batailles dVn-fians-perdus , qu’on envoyoit depart óí d’autre entre les deux Ar-mées pour efcarinoucher, avantque lés Bataillons, & la Gendarme-rie en vinslént aux mains.
Ce n’étoit point une Milice par-ticulière, comme chez les Romains.C’étoient des Soldats détachés desLégions, ou des Régimens, ou desCompagnies, avant qu’il y eut desLégions, ou des Régimens. II yen avoit encore à la bataille desDunes en t6;8- Les 'enfans-perdusétoient ceux, qui de chaque Corpss’offroient ctiX-mêmes, & aufquelson donnoit un commandement.S’il ne s’en ossroit point, on les fai-foit tirer au fort, pour ne point cau-ser de jalousie, âne point offenserceux, qu’on n’auroit point agréés.
De notre teins dans les bataillesil 11 ’est plus fait mention d'enfans-perdus , quoique selon les rencon-tres & la disposition du terrein, el-les soient quelquefois précédées d’ef-carmouches, que font les Hussards.Après le régné de Louis XII. oucelui de François I. je crois qu’il n’ya plus eu d 'enfians-perdus.
ENFILADE, est une situationde terrein , qui découvre un posteselon toute la longueur d’une lignedroite. Dans un siège on s’attacheà placer les batteries de façon, qu’el-les voyent d’enfilade toute la lon-gueur du rempart. On conduit, &on pouffe les tranchées hors d’enfi-ìade, & leurs retours vont en ser-pentant, & en quelque façon fontparallèles aux faces de la Place , iice n’est quand la ligne est contre lechemin couvert, car alors on lapousse de front, âon sc blinde.
Les enfilades éloignées font plusfâcheuses que les prochaines, parceque la violence des coups, qui vien-nent de loin, étant rállentie, &comme au bout de fa force, lesballes ne font plus que tomber, &déchoir de la ligne droite, d’où il«'enfuit que les traverses, qu’on yoppose, quelque élévation quellesayent, ne peuvent pas les empê-cher de plonger entre elles. Aucontraire quand V enfilade est pro-che, il n’est pas si mal aisé de s’encomrir, attendu la proximité dulieu, où l’on tire, qui fait que laballe est poussée avec tant de vio-lence , qu’elle ne s’écarte, que peuou point de la ligne directe, d’oùil s’cnfuit encore, que si elle effleu-re le sommet d’une traverse, ellesera arrêtée par la solidité de l’au-tre, sans faire rien, qui puisse en-dommager l’entre deux.
Soit la Place attaquée A. les tran-chées de son attaque B. C. D. E.Venfilade proche B. C. celle qui estplus éloignée D. E. 11 est certainque Venfilade D. E. fera plus dange-reuse que la prochaine de B. L. d ou-tant que la prémiere étant éloignéede la Place à la portée morte du ca-non ou du mousquet, les coupsqu’on tirera, se trouvant au boutde leur force, ne feront plus quedécliner de la ligne droite, & tom-ber, de forte que l’entre-deux destraverses G. G. quoique faites avec
toute»