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9-r
la fois : s’il y a un rempart avecune montée, ou s’il n’y a qu’unelìmple muraille où il faille des échel-les pour descendre dans la Place : siles avenues font faciles ou difficiles:si on peut facilement entrer & sor-tir du fosse : s’il y a une lunette,auquel cas il faudroit y mettre despetits ponts : s’il y a peu, ou beau-coup d’eau dans le fossé : si le fonden elì solide, ou s’il est boiteux,de quelle maniéré on doit poser leséchelles.
II faut auífi fçavoir s’il y a desmunitions dans la Place, pour pou-voir la défendre après qu’on l’auraprise, & quelle est la distance dulieu d’où l’on doit partir. On peutêtre instruit de tous ces articles, enpartie par un plan fidèle & exactde la Place, en partie par quelquesprisonniers ou déserteurs, par quel-ques Mécontcns de la Ville, parquelqu’un des Places voisines ou dela campagne, qui entre dans la Pla-ce, à en fort ordinairement fanssoupçon , ou enfin par quelqueespion déguisé.
Pour ce qui regarde les dehors,on peut envoyer un Officier d’ex-périence pendant la nuit dans unteins de pluie & obscur, afin qtt’ilpuisse à la faveur des ténèbres, s’a-vancer- & reconnoître jufqu’au piedmême des murailles. Mais il doitprendre garde de ne laisser aucunemarque de son pied fur le bord dufossé, & d’entrer dans l’eau, s’il yen a, au commencement de la nuit,afin que l’eau aye le teins de s’é-claircir , & qu’ on ne s’aperçoivepoint, quand le jour paroitra, qu’ily soit entré quelqu’un.
Quand on est bien instruit de ceque l’on doit fçavoir, si on jugeque l 'escalade puisse réussir, & qu’onsoit en état de garder la Place aprèsl’avoir prise, on fait provision (Par-mes grandes & petites, de machi-nes, & d’instrumens nécessaires pourouvrir les portes, à lever les ob-
stacles qu’on peut rencontrer: onchoisit le nombre de Soldats & au-tres gens nécessaires, dont il ne fautni trop, ni trop peu, Pun faisantmanquer P entreprise, & P autren’ apportant que de la confusion.C’est pourquoi il suffit que l’Infan-terie soit le double, ou un peu plusde celle qui est dans la Place.
On fait le dispositif de la marche& de Pexécution, donnant à cha-cun par écrit le commandement dece qu’il doit faire, afin de ne paiperdre de teins quand on sera arri-vé près de la Place, & d’éviter lesdisputes ou jalousies fur l’honnetirqui pourroient alors survenir , &l’on détermine enfin le jour &l’heure du départ, après avoir me-suré la longueur du chemin, & leteins qu’il faut employer pour y ar-river à point nommé.
Tous les préparatifs étant faits,on envoye la veille du départ quel-ques personnes aux environs de laPlace, pour fçavoir s’il n’y entrepoint de nouvelles Trouppes sur-venues par hazard, ou à la deman-de du Gouverneur, qui soupçonne-roit l’entreprise. L’ordre de lamarche se fait ainsi. On fait sortirla Cavallerie , dont les Coureurss’avancent assez loin pour arrêtertous ceux qu’ils rencontrent, & sesaisir des ponts, s’il s’en trouve furla route par où il faut passer.Après suivent cinquante fusiliers,ensuite les charrettes, chevaux &mulets qui portent les échelles, dontil faut toujours avoir double équi-page, afin que si quelqu’une vientà se rompre, on y puisse suppléer.
Ces équipages sont suivis des Sol-dats , qui doivent dresser les échel-les. Après ceux-ci, on fait mar-cher ceux qui doivent monter aprtseux ; & la marche se doit termi-
ner par le Corps de Trouppes, quidoit demeurer en bataille dehorspendant Pexécution, tant pour sou-tenir les premiers, s’ils étoient re-poussés,