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Tome I.
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1085-1086
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vis la bouche d’un four, car ellerefroidit le pain, retarde le travail,& consume plus de bois.

Les fours de pierre qu’on faiten campagne font de la grandeur,dont on doit les faire dans les Pla-ces. On en a fait construire fousle régné de Louis XIV. de plusgrands pour satisfaire à l’opinionde quelques Généraux. Ils conte-noient jufqu’à 800. rations, maisle pain 11’étoit jamais cuit à proposdans ces grands fours , particulière-ment les cent derniers enfournés,& il falloit qu’un homme eût unegrande force pour pousser unegrande quantité de pains dans unfour fans discontinuer un moment.

Quand à la construction des foursen rase campagne, comme on estmaître de tailler en plein terrein,on en choisit un, où les fourspuissent être tous de fuite, ména-geant (jans les intervales de quatreen quatre, un magazin assez grandpour mettre le pain. De la bouchedu four à un autre , il doit yavoir trois toises de distance aumoins, & depuis la bouche jusqu’àla muraille de clôture deux & de-mie, même plus si l’on peut.

On bâtit les fours en rase cam-pagne suivant les matériaux qu’ontrouve sur les lieux: c’est-à-dire,que s’il n’y a point de brique nide pierre propre à les faire, ce quipeut arriver, on en fait de terre;mais de huit pieds seulement : cars’ils e'toient plus grands, ils ne fe-roient pas assez forts. Voici commeon les bâtit.

Après qu’on a tracé le four, onplante des piquets tout au tour,ausquels on attache de gros osiers,& a leur défaut des branches d’unautre bois pliant, comme si l’onvouloit faire un gabion. On lesploie, & ils se ferment en formede couronne à la hauteur du cen-tre de la chapelle , qui ne doitetre que de deux pieds & demi,

pour répondre à la grandeur decette forte de four.

Ensuite on détrempe dans un peud’eau de la terre grasse avec de lapaille hachée, puis un maçon en-tre dedans, & fait un enduit dessous,lequel te maintenant par le moyendes osiers entrelacés, fait corpscomme un pot; on en fait autantpar dessus, tellement que Poster setrouve entre deux terres, qui de-viennent très fortes après cpi’on lesa laissées sécher, & donne un feulent pour les recuire. On chargeensuite ce four de terre connueun autre, afin qu’il conserve sachaleur.

Dans les lieux, ou l’on ne trouveni brique, ni pierre propre à fairedes atres, on prend de la terrepassée détrempée avec de Peau, &on la bat pour Punir. Mais lacendre d’un four à chaux est bienmeilleure, quand on peut en avoir,car lorsqu’eile est sèche elle imitele mastic.

Fout donner une proportion com-mode à un établissement tel quecelui-ci, qu’on peut faire sanscraindre de manquer de terrein,on doit tracer douze fours de face,en faire autant fur les deux ailes,& placer le magazin des farines,& des ustensiles de symmétrie auxdouze fours de la face, ainsi l’onverra un quarté, qui renfermeraune grande cour pour mettre le bois.& l’on pourra y placer deux portes,qui tiendront le tout en fureté.

Dans la prémiere campagne dela guerre d’Hollande en 1672,. auCamp d’Helst,on vit un pareil travailbâti à peu près de cette maniéré.11 ne fut construit d’abord que deplanches, mais comme on y restalongtems, on y fit quelque maçon-nerie dans la fuite.

Quatre Maîtres & quatre manœu-vres peuvent construire un four,& ils doivent Pachever en douzeou quinze heures au plus; tellement

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