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Igné. Les Protestans ne s’en embar-rassèrent pas. Ils placerent, ditjd’Aubigne, quatre cens Arquebu-i fiers à des saules fur le bord deil’eati pour la garde de ceux qui[avec des rateaux purgèrent le gué.
[ Cette méthode de débarrasser linìgué est singulière, on ne le fait pasfans risquer beaucoup. M. le Che-valier P'olard est persuadé, qu’on le[purgerait plus facilement & avec[moins de perte si on se servoit de[grises de fer, ou de fers comme[ceux des chapoules attachés à de[longues cordes qu’on jetteroit le[plus avant qu’on pourroit dans le[gué. Cela est excellent, dit - il,pour un ruisseau, mais il est diffi-Icile qu’on puisse réussir à l'égardU’une rivière un peu large, à[pioins que ceux qui sont chargésHé cette besogne ne la fassent àHa faveur d’un si grand feu de ca-rton <& de coups de fusil , querEnnemi ne puisse y mettre le[moindre obstacle s’il n’est re-tranché fur le bord.
P A l’égard des chausses - tropes, ilne voit pas qu’on puisse jamaisl’en délivrer : elles seroient capa-ples de rendre un gué absolumentimpraticable, si elles ne s’enfon-roient dans les boues & dans lefable. Les premiers qui passent enSont d’abord incommodés, maispeux qui suivent n’en ont pas beau-coup à craindre. II arrive quel-feuefois que le fond d’un ruisseaufest de bonne tenue & d u gravier,nés chausses - trapes en ces sortesla’endroits font très - dangereuses.Pour rendre ces chausses-trapesInutiles, on peut faire provisionp’un grand nombre de claies queles Soldats se donnent de main en[main, qu’on enfonce dans la rivie-te 6 c qu’on charge de pierres furlesquelles ils traversent.
I Lorsqu’il y a un ou deux guésdans une riviere, quoique voisinsrun de l’aufre, & qu’on ne peut
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y passer fur un front de plusieursbataillons, il est toujours avanta-geux & même important d’y jetterun ou deux ponts au - dessus ou audessous des deux gués , car il peutarriver quelque orage qui fassegrossir un gué, & le rendre tout-à-fait impraticable , outre qu’onfait passer un plus grand nombrede Trouppes à la fois.
César pour faire passer la Stgrtà son Armée, y fit faire des fossésde trente pieds de large chacun auxlieux plus commodes pour déchar-ger le canal de la riviere & larendre g uéatle , & par ce travailil eut la facilité d’aller à Petréius,qui craignant de manquer de vivres& de fourrages songeoit à transpor-ter la guerre plus loin.
Le passage du Granique parAlexandre est aussi célébré dansl’Histoire.
Le passage de la riviere ou ducanal de Holovvitz en 170g. parCharles XII. Roi de Suede vautbien celui du Granique. Le passagedu Menandre à gué & de vive forcepar Louis VII. est aussi Faction dumonde la plus hardie. La Caval-lcrie Françoise malgré Popiniátre-té des Turcs la passa & prit leurcamp & leur bagage.
Pour les gués qui font éloignesles uns des autres, comme à deuxou trois lieues, il y a bien des cho-ses à observer, lorsqu’on veut ten-ter de ce côté - là : car il est rarequ’un ennemi qui est un peu vigi-lant ne les rompe pas & qu’il nes’y fortifie par de bonnes redoutesassez fortes pour donner le temsd’accourir au secours en cas q u’el-les soient attaquées. Quelquefoisle teins ne permet pas de recourirà ces fortes de précautions, lors-que l’Ennemi qui veut passer dansune marche qu’on n’à pas prévuea pris de messires de loin A- qu 11s’est instruit des gués qui font plus