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plaques s’étend une charnière qui les réunit, comme le dos-sier d’un livre réunit les deux côtés de ce livre; sur leur facesupérieure sont deux ou trois petites glandes, distillant uneliqueur qui attire les Insectes. Ces glandes sont très-irritables,car si une mouche vient A les toucher, les deux plaques seredressent vivement le long de leur charnière, se rapprochemet saisissent l’Insecte; celui-ci, par les effortsqu’il fait poursortir de captivité, augmente l’irritation de la Plante , et finitpar être étouffé ; puis, quand ses mouvements ont cessé avec savie, les deux plaques de la Dionce attrape-mouche s’ouvrentet s’étalent de nouveau , en attendant une nouvelle victime.
Ces divers mouvements opérés par les feuilles sont des phé-nomènes exceptionnels, qui ne s’observent que dans un petitnombre de familles. Il s’agit maintenant de vous expliquer les fonctions ordinaires dela feuille dans tous les Végétaux.
Les feuilles servent principalement à absorber dans l’atmosphère, et surtout dansI atmosphère humide, les éléments nécessaires à la nutrition de la Plante qui les porte.De même que les racines, elles pompent l’eau, par leur face inférieure surtout. Voussavez combien l’eau est utile aux Plantes, et combien il est facile de leur rendre leurft alehcur en les arrosant : or, il y a, dans l’ile de Madagascar , un végétal, le Nepetuhcsdistillatoria, que la nature a singulièrement favorisé à cetégard. Outre la faculté d’absorber de l'eau par les feuilleset par les racines, elle lui a fourni les moyens d’en amas-ser des provisions considérables : c’est dans des réservoirsplacés l’extrémité des feuilles que vient s’accumuler, parinfiltration, l’eau que la Plante a pompée dans le sol etdans l’atmosphère. Chaque feuille porte A son sommet unlong filament que termine une espèce d’urne; cette urneest close A son orifice par un couvercle mobile. Pendant lanuit, le couvercle est baissé, cl l’urne se remplit d’une eaulimpide, très-bonne A boire; pendant le jour, le couverclese soulève un peu, et l’eau diminue de moitié, tant parl’évaporation que par l’absorption.
Les feuilles ne se bornent pas à absorber de l’eau; elleshument l’air, en un mot, elles respirent. Or, pour que vouscompreniez bien la respiration des Plantes, il faut que vous ayez une idée exacte de larespiration des animaux. Je serai court, et je tâcherai d’étre clair.
Le sang, que renouvellent sans cesse les aliments que nous prenons, va déposerdans tous nos organes les matériaux propres A les consolider, et A son retour il em-porte avec lui les matériaux qui ont déjà vécu, et que le temps a détériorés. Ces mo-lécules vieillies sont composées essentiellement de carbone (charbon); elles rendentnoir et boueux le sang qui les charrie, et il faut A tout prix qu’il s’en débarrasse :pour y parvenir, le sang se rend dans deux sacs celluleux comme une éponge, qui■'emplissent notre poitrine, et communiquent avec l’extérieur par le nez et la bouche.