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[Première partie.]
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TKOISIÈMK PAKTIE.piqûre. La Digitale est une plante vénéneuse; mais la puutlre île ses feuilles, adminis-trée à petites doses, est un précieux médicament, et, dussiez-vous me reprocher demanquer à ma parole en vous parlant de médecine, je ne puis me dispenser de vousapprendre que la Digitale est efficace pour calmer les palpitations de cœur.

Je n’ai rien à vous dire des Itliinanlhes, des Pédiculaires, des Scrofulaires , des Me-lampyres, des Eupliraises, des Grasselies, des Ulriculaircs , qui constituent les princi-paux genres de celte famille. Voici une espèce intéressante, la Graliolc ( Gratiola offi-cinalis ), qui, comme la Sauge dans les Labiées , se distingue du reste de la famille parle nombre de ses étamines; il y eu a deux qui sont réduites à l’état de filets stériles. LaVéronique, dont les espèces sont nombreuses, offre la même exception, elle n’a jamaisque deux étamines, et sa corolle est peu irrégulière ; mais ces variations de nombre etde forme sont compensées par la structure du pistil et de la graine, qui légitime poul-ies Véroniques le litre de l’ersonées.

Les Orobanches pourraient aussi réclamer contre l’exclusion qui les a repoussées decette famille. Ce sont des plantes d’un aspect triste, dont la tige semble flétrie et dessé-chée ; elles ont, au lieu de feuilles, des écailles jaunâtres ou violettes, et leurs fleurssont de la même couleur. Les Orobanches croissent sur des végétaux vivants, et senourrissent de leurs sucs. Le fruit, il est vrai, est à une seule loge, et la position de 1agraine, ainsi que sa structure, diffère un peu de ce qu’on trouve dans les l’ersonées;mais il y a beaucoup de plantes, les Gentianées, par exemple, dont le fruit est tantôtà une, tantôt à deux loges, sans que l’unité de la famille en soit détruite. Quant àl’absence des feuilles, vous concevrez sans peine que les Orobanches n'avaient pasbesoin de ces organes. Quelles sont, en effet, les fonctions des feuilles ? Elles absorbent,respirent, transpirent, pour modifier la sève qui a monté dans leur tissu, et cette sèvedevient propre à nourrir la plante. Or, la parasite Orobanche a enfoncé ses racinesdans celles d'un autre végétal : elle pompe, par ses suçoirs, la sève tout élaborée de cemême végétal; dès lors les feuilles vertes lui deviennent inutiles, et voilà pourquoi lanature, qui ne fait rien en vain, ne lui en a pas donné.

Si les Personées tiennent aux Labiées par leur corolle et leurs étamines, la structurede leur fruit les rapproche de la famille des Solanécs, dont l’histoire n’est pas sans in-térêt. Dans les Solanées , en effet, l’ovaire est à deux loges, séparées par une cloisonportant sur chacun de ses côtés un écusson arrondi chargé de graines ; mais la corolleest régulière dans la plupart des genres, et il y a cinq étamines, qui alternent avec lescinq divisions de la corolle.

La ss Solanées ont un aspect sombre et une odeur désagréable ; leur fruit

est presque toujours vénéneux et narcotique : ce fruit est tantôt succulent, et il formealors une baie; tantôt sec, et il porte alors le nom de capsule.

La Belladone (Alropa Bclladona), dont la physionomie est suspecte, malgré l’élé-gance de son port, produit des fruits nombreux qui, à leur maturité, ressemblent à descerises noires; les enfants s’y trompent quelquefois; et les vieux employés du Jardindes Plantes vous raconteront, que, pendant la révolution, de petits orphelins, qu'onélevait â l’hospice de la Pitié, et que 1 administration employait à sarcler les mauvaisesherbes, remarquèrent dans le carré des Plantes médicinales les fruits de la Belladone ,leur trouvèrent une saveur douceâtre, et en mangèrent une assez grande quantité,

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