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l’errotet, et celui de l’A " à MM. Michaux, le comte Gasteluaii, La|»il;iye.
Je viens de vous citer les noms des naturalistes qui ont affronté des privations et desdangers de toute espèce pour enrichir le Muséum de plantes sèches et de plantes vi-vantes : ceux-là sont les saints de la botanique, dont je vous parlais tout à l’heure;mais à ce titre de saint, on peut ajouter celui de martyr, pour un grand nombre d’en-tre eux. Je ne parle pas ici de ceux (pii ont sacrifié, dans ces pérégrinations lointaines,leur jeunesse, leur santé, leur talent, leur position sociale . je neveux faire mention(pie des braves (pii sont morts au champ (l’honneur par le typhus, la misère, la faim,la captivité, l’assassinat, le poison, et la nostalgie (ce besoin maladif de la patrie absente,desiderium palriœ énorme que ne pouvait guérir l’énergie de leur dévouement volon-taire) : voilà les martyrs dont les noms doivent être, non pas latinisés, mais religieuse-ment conservés en toutes lettres dans les livres de botanique ; je vais vous en citer quel-ques-uns, eu attendant qu’une mémoire plus sûre que la mienne les réunisse et lessignale à la reconnaissance des amis de l’histoire naturelle.
Dotnbey, mort dans les fers en Catalogne, aux portes de la France , comme ce citoyenromain, qui fut crucifié sur le promontoire de Messine , et qui, du haut de sa croix, pou-vait voir, en expirant, la terre sacrée de l’Italie. — Chapelier, mort de la lièvre à Mada-gascar. — Kiedlé, (pii mourut à Timor , et dont les paroles dernières furent une prière àses compagnons pour la conservation du Figuier à longues feuilles (Ficus macrophylla),qu'il avait découvert dans l’ile de Java ; l'arbre précieux donné par le mourant à sa pall iearriva sain et sauf an Muséum : vous avez pu le voir dans la serre lluffon — Godefroy,assassiné par les naturels de Manille . — Plée, son compagnon, empoisonné à Maracaîho. —llavet, mort de fatigue à Madagascar.— Commerson, mort à l'Ile-de-France , herborisaient-admirable, qui avait, pour découvrir les plantes, la sagacité instinctive d’un Mollirai).—Aucher-Ëloy, mort de misère à Ispahan . — Jacquemont, qui le premier nous fit connaîtreles productions végétales du Cachemire et de l’Ilimalaya; sa sauté s’épuisa sous le cieldévorant de l’inde , et les miasmes empestés de File de Salsette lui portèrent le derniercoup : il mourut à Bombay, le 7 décembre 1852; cinq jours avant sa mort, il adressaà son frère une lettre déchirante pour lui dire adieu et le consoler : forcé par la dou-leur de rester sur le dos, il écrivit sa lettre au crayon, et mit deux jours entiers à l'écrire,son généreux hôte, M. Nicol, passa de l’encre sur tous les traits du crayon avec uneattention religieuse qui conserva exactement le caractère de l’écriture du mourant :sainte hospitalité ! Les richesses scientifiques que Jacquemont a léguées au Muséumont doublé de valeur en passant par les mains de M. Decaisne , son exécuteur testa-mentaire. — Bertero, qui avait frété lui-même un navire pour transporter sa cargaisonbotanique, et (pii sombra sous voile au milieu de l 'archipel (les Amis. — Bové, mort enAlgérie . — lleudelol, collecteur intrépide, et jardinier intelligent, qui fut vaincu par leclimat brûlant du Sénégal.—Lefèvre, mort en Nubie.—A. Sleihneil, jeune médecin-bota-niste, plein d’avenir, qui avait déjà pris place dans le monde savant par des mémoiresdu plus haut intérêt; il se rendait au Brésil pour y étudier les nombreuses espèces deQuinquinas ; mais en passant à la Martinique , il avait herborisé avec ardeur au milieudes mornes, sous le soleil des Antilles ; il y prit le germe de la lièvre jaune, et mourutdans la traversée. — Le docteur Dillon, qui vient de mourir en Abyssinie, termine ce froidet incomplet martyrologe : nous le vîmes partir, il y a deux ans à peine, et nous étions