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. ', fait venir des plantes des pays étrangers; enfin , après dix ans de travaux, depérégrinations et de sacrifices, nos deux botanistes publièrent leur Catalogue : il était'le quatre mille espèces ; en tète du Catalogue, dédié au roi, on lisait une pièce de verslatins, composée par l'a go n, ofi monsieur le surintendant Val lot était loué avec finesse.Vallot nomma sur-le-champ Fagon professeur de chimie, et A la mort de Jonquet, quiarriva six ans après, il lui donna la chaire de botanique.
Mais Fagon savait faire autre chose que des vers latins ; il avait obtenu le bonnet dedocteur en médecine; il avait défendu en pleine Faculté la théorie de la circulation dusan S, et les vieux, quoique non préparés à cet excès d'audace, trouvèrent que le jeunehomme avait défendu avec esprit cet estrange paradoxe. Fagon , devenu professeur debotanique, repeupla d’étudiants le Jardin du Hoi, comme il l’avait repeuplé de végé-•aux ; il professait avec chaleur ; son érudition était immense, sa mémoire prodigieuse ;•I nommait imperturbablement les quatre mille espèces de son Catalogue; et alorschaque espèce ne portait pas seulement deux noms comme A présent, il y avait unephrase pour chacune, et souvent des synonymes A la suite : ainsi, par exemple, laRelie vulgaire ( Heta vulgaris ) s’appelait en latin Dette blanche ou pâle, qui est la Poiree des boutiques ; la Spirée filipendule (Spirtra filipendula) se nommait Filipendulc vulgaire,l>eut-ètre te moi,on de Pline ; le Frêne à manne ( Fraxinus ornus ) était le Frêne plushumble, ou l'autre de Théophraste à feuille plus courte et plus étroite; le Varech vési-euleux (Fucus vcsiculosus) était le Varech maritime, ou Chêne de mer , portant des vési-cules, etc. etc. Celte science de mots était la seule qu’on possédât dans ces temps-IA,et c’était la science qui convenait A l'époque: il fallait, avant tout, posséder un grandnombre d’espèces, les distinguer les unes des autres par les traits les plus saillants deleur physionomie, tels que la consistance et le port de la plante, la couleur, l’odeur,la forme de la fleur et des feuilles; en un mot, il fallait commencer par le commen-cement. De cette réunion de végétaux découlait nécessairement l’étude comparée deleurs caractères les plus délicats, tels que la structure de la corolle et du fruit. Desouvriers infatigables amassaient les matériaux de l’édifice; l'architecte qui les mettraiten ordre devait arriver tôt ou tard.
Au reste le poêle-botaniste Fagon était, plus que personne, capable d orner celte‘O’ide nomenclature et de la mnémoniscr pour les étudiants. Ou and il nommait uneD'ante, il assaisonnait la lourde phrase de lîauliiu d’un vers de Virgile ou d'Ovide ,et la phrase était digérée par scs auditeurs. Les démonstrations de botanique se fai-sa ient dans l’Ecole même: il présentait A ses élèves une branche de Sauge officinale,et leur citait le distique léonin de VEcole de Salerne :
dur morialur liomo cui saleia crescit in horlo?Contra vit» inortis non est mediramen in bonis.