Band 
[Première partie.]
Seite
356
JPEG-Download
 

5.')6

CINQ lil K.\l K l'AlUIL

toute probahilité? Par l'effet de l’immense chaleur qui rayonnait à travers la mince pel-liculeconsolidée d’abord, et par la force des éruptions qui, sans nul doute, durent élretrès-fréquentes dans ces temps-lù, l’eau toute vaporisée a dû pendant longtemps consti-tuer, autour du noyau embrasé, une atmosphère épaisse, étouffante, brûlante. Mêmequand cette eau, par suite du refroidissement, commença à se déposer dans les cavitésdu globe et à former ces dépôts qui devinrent la mer, la grande mer, il dut s’écouler untemps immense avant que la nature organisante ail pu disputer l'empire à la premièrenature, à la nature morte et purement minérale.

Ce ne fut enlin que quand la température baissa suffisamment pour qu'une nouvellequantité de vapeur d’eau pût se déposer de l'atmosphère et faire gonller les mers et leslacs épars, qu’au milieu de ces eaux commença à se former celle autre série de terrainsque l’on appelle par cette raison terrains de sédiment, et qu’en môme temps un change-ment notable s’opéra dans la constitution physique de 1' ’ ire. Car elle se purilia à

mesure quelle s’allégeait; les ouragans et les éruptions perdirent de leur effroyablefurie, les ‘ ’ ; de leur violence, et c’est alors que commença sur le globe la premièrevie, tant végétale qu’animale, dont le géologue découvre aujourd'hui les débris en par-lant des couches inférieures de ces terrains. La présence de ces débris organiques oufossiles, au milieu des terrains de sédiment, constitue aussi la différence principale entrece groupe et celui des terrains précédents ; ce qui les caractérise ensuite est une disposi-tion par couches plus ou moins horizontales, ou stratification, qui manquent dans lesterrains primitifs. Comme, au reste, il était nécessaire d’établir plusieurs divisions danscelle série nombreuse des terrains, autant pour marquer les différentes époques géolo-giques auxquelles ils ont eu lieu, que pour indiquer leur composition respective, vousme permettrez de vous les exposer sommairement.

Les parties les plus basses des terrains de sédiment, formées de matières schisteuses etde quelques roches arénacées particulières, sont désignées aujourd'hui sous le nom dedépôts cambriens; au-dessus d’eux se classent les dépôts siluriens , séparés des premierspar une stratification discordante, et où abondent principalement les calcaires marbres.Ces deux formations sont aussi quelquefois comprises sous le nom de terrains de tran-sition , et l’on veut indiquer par là le double passage qui a eu lieu dans ces formations :celui, d’abord, de roches cristallines aux roches sédimen ta ires, c’est-à-dire formées mé-caniquement au milieu des eaux; ensuite celui beaucoup plus important de l'époque pu-rement minérale à la vie organique. Au-dessus des terrains de transition, viennent lesdépôts carbonifères , caractérisés par les riches et puissantes couches de bouille, ces restesdes premières richesses végétales qui aient orné la face du globe. Plus haut se présen-tent diverses alternances de grès et de calcaires, jusqu'aux grands dépôts de ces der-niers qu’on a désignés sous le nom de formation jurassique. Cette formation présenteà sa base le calcaire nommé Lias, et se termine par des dépôts particuliers de calcaireet d’argile qui préludent aux dépôts crétacés. L’ensemble de ces dépôts, y compris lapuissante formation de craie, est représenté sous le nom des terrains secondaires. C’estenlin dans les bassins limités par la craie que se sont formés les calcaires parisiens, baseîles terrains tertiaires, qui, à leur tour,sont recouverts parles formations d'eaux douces.

On n'aurait cependant qu’une idée très-peu juste île la constitution de l’écorceterrestre, si l’on s’attendait à trouver toujours une parfaite stratification des couches,