Band 
Deuxieme partie.
Seite
65
JPEG-Download
 

OUI) H K 1>K S PASSKH K AUX

o:>

ORDRE DES PASSEREAUX.

Nous ne voulons pas commencer l’histoire naturelle des Passereaux, formantle second ordre de la classe des Oiseaux, sans vous entretenir un instant deFrançois Levaillanl, qui fut le devancier de Jacques Audubon, et fit pour l’Afri-que méridionale ce que ce dernier a fait pour l’Amérique du Nord . Tous deuxnaquirent dans le nouveau monde; tous deux eurent pour premier spectacle lapompe des forêts primitives et la majesté de l'Océan ; tous deux voulurent s’ap-proprier, pour les décrire, les merveilleuses productions de la nature tropicalequi les entourait; tous deux sacrifièrent le positif de leur vie à l’accomplisse-ment de la mission qu’ils avaient reçue de Dieu. Et si Audubon a sur Levail-lant l’incontestable avantage du talent descriptif et de l’expression iconogra-phique, Levaillant doit être regardé comme le maître et le modèle d'Audubon ;.car il fut, avant celui-ci, voyageur audacieux, explorateur sagace, collecteurinfatigable, chasseur consommé, observateur patient et fidèle. Il naquit en 1755dans la Guyane hollandaise. Son père, riche négociant, originaire de Metz ,était consul à Paramaribo ; il aimait passionnément les voyages et l’histoirenaturelle, et ce goût décida la vocation de son fils. François, dès son enfance,faisait des collections d’insectes et de plantes, et élevait chez lui des Oiseaux etdes Singes; il lui arriva même à cette époque une catastrophe, qui fut sonpremier chagrin de naturaliste. Ayant laissé son Singe seul dans le petit mu-séum formé par lui, il le trouva, à son retour, occupé à manger les Insectesqu’il avait piqués dans ses boîtes : sa collection entomologique était boulever-sée, mais le gourmand avait avalé plusieurs Scarabées avec les épingles qui lesfixaient sur le liège, et il mourut des suites de cet indigeste repas.

Levaillant, âgé de dix ans, passa en Europe avec sa famille, parcourut l’Alle-magne, la Lorraine, les Vosges , toujours chassant, empaillant, et accroissantrapidement ses richesses. Il avait vingt ans quand il arriva à Paris ; il passa troisans à visiter les collections de la capitale et à augmenter la sienne; mais bien-tôt une immense ambition vint saisir son âme : il rêva une expédition dans l'A-frique méridionale , pays encore très-peu connu, et dès lors rien ne put le rete-nir en France. « L’interieur de l’Afrique, dit-il, me paraissait un Pérou ; c’étaitla terre encore vierge, et l’enthousiasme me nommait tout bas l’être privilégiéauquel cette entreprise était réservée. » Il partit pour la Hollande, et en 1780il s’embarqua sur fun des vaisseaux de la compagnie des Indes, qui le trans-porta en trois mois au cap de Bonne-Espérance . Son expédition commençasous de tristes auspices. A peine débarqué, dans son empressement, à prendrepossession de la contrée, il avait commencé l’exploitation du littoral sansattendre que ses effets et ses collections fussent mis à terre; il était déjà richeen Oiseaux et en Mammifères, lorsque la Hotte hollandaise, mouillée dans labaie de Saldanha, fut attaquée brusquement par les Anglais . Les navires mar-chands allèrent s’échouer sur la rôle, et Levaillanl, qui en ce moment chassait

ii.