CAMILLE DES PASSEREAUX CON’I ROSIR ES.
les buissons. Le mâle ne partage pas les travaux du nid et les soins de l'incuba-tion, mais il nourrit soigneusement sa femelle, en lui dégorgeant de la pâture,et il cherche à l’égayer par un continuel ramage. Le chant de la Linotte, agréa-ble, brillant et flûte, consiste en plusieurs strophes suivies et bien liées. Lesamateurs l’estiment surtout lorsqu’il est entremêlé de certains tons aigres etsonores, qui ont quelque rapport avec le chant du Coq; ils disent alors quel’Oiseau coqueline. Ce ramage peut se perfectionner par l'éducation : de tous lesOiseaux de chambre, la Linotte est celui qui, parla douceur et le flûté de savoix, rend les airs qu’on lui enseigne, de la manière la plus nette et la plusagréable; mais si la captivité est favorable au développement de sa voix, ellealtère l’éclat de son plumage.—Le Tarin commun iFrhu/Uta spinn.s, de Linnéiest une espèce très-connue, dont le bec se rétrécit vers la pointe, qui est fortaiguë et brune; son plumage est olivâtre en dessus, jaune en dessous, avecune calotte, l’aile et la queue noires; l’aile porte deux bandes jaunes. — Cet Oi-seau ne niche que sur les hauts sommets des sapins. 11 s’accoutume à la captivitéavec une promptitude étonnante; il exécute gaiement en cage diverses petitesmanœuvres. On lui apprend sans peine à sortir et-à rentrer, mais il faut com-mencer cette épreuve en hiver : si l’on tient à la fenêtre sa cage ouverte, avec desgraines de chènevis et de pavot éparpillées à l’entrée, il y revient, et amène sou-vent plusieurs compagnons avec lui. —Le Serin vert ou Ci ni ( Fringilluserinus, de Linné) est un Oiseau des montagnes du midi de l’Europe , dont lataille est à peu près celle du Tarin ; il est olivâtre en dessus, jaunâtre en des-sous, tacheté de brun, avec une bande jaune sur l’aile. Il se laisse prendre faci-lement, et devient en captivité le plus aimable des Oiseaux de chambre; il ca-resse de son bec ses compagnons d’esclavage, et préfère surtout la société duChardonneret, dont il imite sans peine tous les tons. Sa voix n’est pas forte,mais elle est mélodieuse, et son chant, si l’on en excepte quelques passages quirappellent celui de l’Alouette, ressemble complètement à celui du Canari, dontnous allons vous parler.—Le Sebin des Canaries ( Fringilla cmiaria, deLinné ) a le bec plus court que la Linotte; son chant agréable et son a ' 'eà supporter l’esclavage l’ont répandu partout. Sa patrie primitive n’est pasbien connue, et quoiqu’on le trouve à l’état sauvage dans les îles Canaries ,plusieurs voyageurs pensenL qu’il est originaire de l’Asie .
Le Cardinal dominicain ( Loxia dominicana, de Linné) et le Cardinalhuppé (Loxia cucullaia, de Daudin) sont des espèces rares de l’Amérique mé-ridionale, connues sous le nom vulgaire de Paroare et de Paraître huppé;- ilsn’excèdent pas de beaucoup la grosseur du Moineau franc. Tous deux sont re-marquables par le beau rouge de la tête et de la gorge, et ils se distinguent sur-tout l’un de l’autre parce que, chez le second, les plumes du derrière de la tête,longues et étagées, se relèvent en huppe ; le reste du plumage olfre, chez tonsdeux, une bande noire derrière le col, du blanc sur les côtés, sur la poitrine etles parties inférieures, et du noir sur le dos, les ailes et la queue. Leur voixn’est pas remarquable, et ils la font rarement entendre, mais la richesse de leurrobe les place au rang des plus beaux Oiseaux du nouveau monde. Les Paroaresne se rencontrent jamais dans les grandes forêts, ils préfèrent les buissons dela plaine, et s’écartent rarement de leur domicile habituel. Ils se nourrissent des
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