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Deuxieme partie.
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LES OISEAUX.

l’air et y décrivent lentement des cercles comme les Grues et les Cigognes. Cesassemblées cessent après quelques semaines, et chaque couple reste isolé.

La Gkue commune ( Arilea gms, de Linné ) est une espèce originaire duNord dont la taille dépasse quatre pieds; le sommet de sa tète est nu et rouge,la gorge noire ; le reste de son plumage cendré ; sa croupe est ornée de longuesplumes redressées,crépues et en partie noires. — La Grue est célèbre par sesmigrations, du nord au sud en autonnne, et du sud au nord au printemps. LesGrues voyagent en troupes nombreuses et forment un triangle dont le sommetest occupé par le chef de la bande qui, de temps en temps, fait entendre uncri de réclame, auquel répondent aussitôt ses compagnons. Les inflexions va-riées de leur voix qui est très-éclatante, la manière dont elles volent, étaient re-gardées comme des indices de variations atmosphériques par les anciens Grecs,dont le pays est le chemin principal que suivent ces Oiseaux dans leurs voyagespériodiques : ces voyages ont souvent lieu la nuit. Le vol des Grues est haut etpuissant, mais elles prennent difficilement l’essor. Elles se rassemblent pourdormir, la tète sous l’aile, et l’une d’elles, pendant que la troupe est endormie,veille toujours la tête haute, pour avertir ses compagnes par un cri d’alarme,lorsque quelque danger les menace. Elles nichent dans les terres basses et ma-récageuses des contrées septentrionales, et leur amour maternel n’est pas moinsremarquable que leur instinct social.

Le genre des Hérons est caractérisé par un bec fendu jusqu’aux yeux ; ceux-ci sont entourés d’une peau nue qui s'étend jusqu'au bec; les jambes sont ecus-sonnées, les doigts et le pouce assez longs, et l’ongle du doigt du milieu esttranchant et dentelé sur son bord interne. Les Hérons vivent sur le bord desrivières, des lacs, des marais; ils s’y nourrissent de Mollusques, d’insectes, deGrenouilles, et détruisent beaucoup de Poissons . Ils restent des heures entièresimmobiles sur le bord des eaux, le corps droit, le col replié, et la tète presquecachée entre les épaules; ils sont d’une humeur mélancolique et farouche,et prennent la fuite à l’approche de l’homme. Leur vie est presque con-stamment solitaire ; ils ne se réunissent que dans la saison des œufs età l'époque de la migration.

Le IIéuon commun (Arclea major, de Linné) est un grand Oiseau, dontle bec est plus long que la tète, et au moins aussi large que haut à sa base ;le col est grêle et garni dans le bas de longues plumes pendantes ; sonplumage est cendré bleuâtre; il porte sur la nuque une huppe noire; ledevant du col est blanc, parsemé de larmes noires; son corps est grêle;ses ailes, grandes et concaves, ont une telle puissance de vol, qu’il peut s'éle-ver à des hauteurs où il devient invisible à nos yeux. Pendant le jour, il setient isolé et à découvert sur les rivages, pour guetter sa proie; la nuit il seretire dans les bois de haute futaie, et en sort avant le lever du soleil. Son nidest une aire formée de joncs et de bûchettes, qu’il place sur le sommet desarbres les plus élevés, et où il dépose quatre œufs d’un beau vert de mer. Lafemelle les couve avec constance, et pendant ce temps, le mâle lui apporte lesproduits de sa pêche. Le Héron, poursuivi par un Oiseau de proie, cherche tou-jours à lui échapper en volant plus haut que lui. Nous vous avons parlé duplaisir que les princes prenaient jadis à le faire poursuivre par des Faucons.